« Un chapeau de paille d’Italie », de Labiche : une nouvelle vision de la Comédie-Française

Un chapeau de paille d’Italie constitue, avec Le Voyage de M. Perrichon, un sommet de l’œuvre théâtrale d’Eugène Labiche (1815-1888), riche pourtant de quelque 180 pièces.

La Comédie-Française donne actuellement une nouvelle mise en scène, fort réussie, de ce chef-d’œuvre de vaudeville au Théâtre éphémère des jardins du Palais-Royal.

L’occasion est ainsi offerte d’apprécier l’originalité de ce spectacle par rapport aux précédentes mises en scène d’une pièce qui, depuis sa création en 1851, a connu un succès considérable. Continuer la lecture

« Un fil à la patte », de Georges Feydeau

« Un fil à la patte », de Georges Feydeau © Christophe Raynaud de Lage

« Un fil à la patte », de Georges Feydeau © Christophe Raynaud de Lage

Et voilà ! On s’est encore laissé prendre. Le miracle Feydeau a une nouvelle fois opéré. Même si l’on connaît les ficelles, si l’on s’attend aux effets, si l’on voit venir le bon mot, la péripétie ou la catastrophe, on marche, comme un enfant naïf à Guignol (en supposant que les jeux vidéos n’aient pas définitivement altéré la naïveté des enfants d’aujourd’hui).

On a beau connaître les répliques par cœur, se souvenir de mises en scènes historiques (celle de Jacques Charon par exemple, avec une Micheline Boudet aussi minaudante que rusée, un Robert Hirsch étourdissant, un Jean Piat irrésistible et encore Denise Gence, Descrières, Roussillon, Cochet…), on a beau trouver les calembours fatigués ou peu raffiné le coup du personnage malodorant, on peut toujours juger l’intrigue mince et convenue, les situations invraisemblables, la morale douteuse, rien n’y fait : on se surprend à rire, à applaudir, à souhaiter que le spectacle dure, continue, recommence, bref à s’amuser, tout autant que semblent le faire les acteurs emportés par le rythme et l’allégresse de la farce.

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