Splendeurs des vocabulaires des métiers d’art

"Habit de sculpteur", par Nicolas de Larmessin (1640-1725)

« Habit de sculpteur », par Nicolas de Larmessin (1640-1725)

La Société française de terminologie organise le jeudi 11 décembre 2014 un colloque sur le vocabulaire des métiers d’art consacrés au travail du bois et des métaux précieux, sous le haut patronage d’Yves Chauvin, prix Nobel de chimie, et avec le soutien de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France.

Les métiers d’art représentent aujourd’hui un patrimoine exceptionnel en termes de traditions, de savoir-faire et de création contemporaine.

Les vocabulaires portent témoignage de cette richesse, par leur histoire, leurs origines, leur inscription dans le génie des maîtres et artisans d’art.

 

 

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« Michel Tournier. La Réception d’une œuvre en France et à l’étranger », sous la direction d’Arlette Bouloumié

"Michel Tournier. La réception d'une œuvre en France et à l'étranger", sous la direction d'Arlette BouloumiéIl semblerait que Michel Tournier ne soit plus à la mode. Peut-être n’est-il pas bon, pour l’image d’un auteur, qu’il devienne nonagénaire, ce qui sera le cas de Tournier en 2014. Gracq, pourtant, fut un quasi centenaire fort bien considéré.

C’est qu’il était moins tenu en suspicion que le membre de l’Académie Goncourt (qui lui voue une grande admiration) et a bénéficié – ce dont est privé son cadet – de la reconnaissance des universitaires.

Tournier, lui, qui, dès son premier livre, a connu une large faveur auprès du public populaire et même cultivé, a toujours été boudé par les intellectuels. Et cela malgré le prix de l’Académie française pour Vendredi ou les limbes du Pacifique en 1967, et, trois ans plus tard, le prix Goncourt pour Le Roi des Aulnes.

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« 365 expressions latines expliquées », par Paul Desalmand et Yves Stalloni

Paul Desalmand et Yves Stalloni, " 365 expressions latines expliquées"À lire ad libitum

A priori, un consensus existe. Qu’on habite intra-muros, qu’on trouve avec les autres un modus vivendi acceptable ou que l’on passe ou pas son temps dans les in-folio, on pratique l’expression latine ou le simple mot comme la langue de Monsieur Jourdain, d’Audiard, ou de Prévert.

Eh oui, notre dictionnaire est rempli de mots venus de Rome intra-muros, parfois apporté manu militari en Gaule, peuplant pour notre plus grand bonheur, les pages d’Astérix. Nul n’a oublié les pauvres pirates régulièrement naufragés par le duo gaulois et dont l’un s’exclame « O tempora ! O mores ! » L’entrée 238 du dictionnaire savant et plein d’humour (les deux vont de pair) de Paul Desalmand et Yves Stalloni apprend aux latinistes de 11 à 99 ans que c’est l’exemple choisi pour illustrer le vocatif, et qu’elle signifie, pour tout le monde, et en français courant « Tout fout l’camp ! »

365 expressions latines expliquées c’est donc une par jour, et cela donne envie de se replonger dans cette belle langue qui a souffert et souffre encore d’une certaine désaffection dans l’institution scolaire. Bien des élèves l’apprécient, et pas seulement les forts en thème (ou en version), mais les Lettres classiques n’ont plus trop de place. Mais trêve de lamentations ad nauseam et revenons à ce petit livre que l’on peut emporter partout et dans le Latium par exemple.

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L’opacité d’un texte : la version grecque du Livre de Job

Le Livre de Job

Fragment du Livre de Job

L’opacité d’un texte, son épaisseur, n’apparaît jamais autant qu’à celui qui doit le traduire et qui se trouve devant une infinité de possibilités, de connotations et de bifurcations de sens.

Cela est vrai de la lecture de tout texte, qu’il soit écrit en grec ancien ou en français contemporain — la traduction étant la mani-festation d’un mécanisme plus secret, qui joue à l’intérieur même de ce que l’on croit être la transpa-rence de sa propre langue.

Cela est vrai de tout texte, mais cela l’est tout particulièrement du livre de Job, un objet littéraire complexe.

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« Hamlet », de Shakespeare. La fortune scénique d’un chef-d’œuvre renouvelé à la Comédie-Française

"Hamlet" à la Comédie-Française, 2013

« Hamlet » à la Comédie-Française, 2013

On n’en finira jamais avec Hamlet, pièce emblématique de Shakespeare, voire sommet du théâtre, au moins occidental.

À la fois tragédie personnelle et politique, texte métaphysique, image éternelle de la modernité portée par une force poétique inaltérable, Hamlet interroge ce qu’est l’homme et interpelle chacun de nous. Aussi la pièce a-t-elle suscité une somme incomparable de commentaires et d’interprétations, générant un véritable mythe autour de son personnage éponyme.

Une même fascination s’est manifestée à la scène, dès la création de la pièce autour de 1600, d’abord évidemment en Angleterre, puis progressivement en France. La nouvelle mise en scène que présente la Comédie-Française (salle Richelieu, jusqu’au 12 janvier 2014), réalisée par un compatriote de Shakespeare, Dan Jemmet, s’inscrit dans cette riche tradition scénique, tout en s’offrant une certaine liberté et modernité.

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Les « Cahiers de poèmes » d’Emily Brontë

Cioran disait d’Emily Brontë, «Tout ce qui émane d’Elle a la propriété de me bouleverser. Haworth est mon lieu de pèlerinage ». Il pointait ainsi, laconiquement selon son habitude, ce qui fait la singularité d’une œuvre.

L’œuvre d’Emily Brontë, c’est la conjugaison d’un lieu, une sorte de désert battu par les vents où la mort pèse du ciel comme un couvercle – obligeant les vivants à déployer une énergie surhumaine pour simplement exister – et du génie visionnaire d’une femme dont la voix nous atteint encore avec la force d’un uppercut.

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« Mensonges », de Valérie Zenatti. Un exercice d’admiration

Apparence, transparence, silence : ces trois mots riment et rythment le texte que Valérie Zenatti consacre à Aharon Appelfeld dans la collection « Figures libres », à l’Olivier. Le titre de la collection dit tout : il y est question d’un être, évoqué en toute liberté. Ainsi, Agnès Desarthe a dressé un beau portrait de son « grand-père » dans Le Remplaçant, et Maryline Desbiolles de Zouc, dans Une femme drôle.

Valérie Zenatti raconte une « rencontre » et, pour ce faire, multiplie les angles ou les genres. Elle joue d’abord avec la biographie, se glissant dans la peau du romancier.

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