Après les attentats : retrouver les racines de l’écriture

Le Monde des livres, Écrire sans trembler, 20 novembre 2015Cette semaine l’actualité n’est pas littéraire au sens où la vie spécifique des livres nous intrigue et nous passionne : elle est littéraire dans la mesure où les écrivains et les dessinateurs s’en sont emparés dans le cahier spécial que le Monde des Livres consacre aux attentats du vendredi 13 septembre.

Et ils s’en emparent bien, richement, diversement, chacun abordant à sa manière la question du rapport de l’écriture à la réalité tragique comme dans un colloque, virtuel certes, mais colloque tout de même.

Par le biais du texte d’idées, le plus courant, ou de fiction, plus rare parce que plus hasardeux.

C’est une équipe assez large (vingt-huit auteurs), mais riche de sa diversité, qui s’exprime dans cette édition du 20 novembre 2015.

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L’éducation est une des pierres de l’édifice à ériger contre le fanatisme et la barbarie

Si l’on considère que l’un des nombreux facteurs menant à la radicalisation est le manque d’équité ressenti par certains jeunes, des mesures peuvent être mises en place à l’école afin de promouvoir une plus grande égalité des chances.

L’OCDE travaille pour une éducation plus inclusive et a souligné, dans ses études, les problèmes d’équité soulevés par notre système éducatif.

On constate en effet une relation étroite entre le milieu socio-économique des élèves et leurs compétences dans les tests du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA).

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Face aux criminels

Hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015 au pied de la statue de la République, à Paris © CR

Hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015 au pied de la statue de la République, à Paris © CR

 

Le prestige de la littérature a pu donner au mot « terroriste » une certaine aura romantique. Sans remonter aux conspirateurs latins montrés par Shakespeare dans son Jules César ou aux anarchistes russes évoqués par Tourgueniev et Dostoïevski, certains personnages de Malraux, Camus ou Sartre relevant de cette catégorie ont acquis une sorte de dignité littéraire qui aurait pour effet d’atténuer la violence de leurs choix.

Analysant ces figures devenues des archétypes, le professeur peut oublier de rappeler les monstruosités dont ils se rendent coupables et le délire fanatique qui les anime. Sans excuser le passage à l’acte, il peut lui trouver des justifications : le refus des totalitarismes, la réponse au terrorisme d’État, la défense d’un idéal, la volonté de faire entendre la voix des minorités.

L’incertitude de la frontière entre le « terroriste » et le « résistant » (le terroriste du camp adverse) ajoute à la confusion et encourage à l’indulgence.

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L’école au front : accompagner les élèves et leur rencontre avec la guerre…

Statue de la République, à Paris, le 15 novembre 2015 © CR

Place de la République, à Paris, le 15 novembre 2015 © CR

Les attentats qui viennent encore une fois, à dix mois d’intervalle, frapper et ensanglanter la capitale, rappellent le rôle essentiel que l’école joue dans le processus de compréhension et de repérage collectif des événements.

Ils placent les enseignants face aux questions, légitimes, de leurs élèves, qui ont dû, pour la majorité d’entre eux, prendre connaissance de l’horreur par le biais des heures d’informations et d’images en continu déversées par les médias audiovisuels depuis le 13 novembre au soir.

Au mieux, certains ont pu exprimer leurs sentiments et questions auprès de parents attentifs à expliquer et rendre compréhensible la situation à de jeunes enfants et adolescents.

Pourtant, c’est bien encore en classe que les élèves-individus se retrouveront ensemble, avec le maître, pour mettre des mots ensemble, compris par tous, qui soient capables tout à la fois d’exprimer l’émotion suscitée, de la circonscrire et de faire passer chacun dans la compréhension de ce qui s’est passé et qui pourra, peut-être et malheureusement, encore se passer.

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Les programmes éducatifs européens face aux défis du terrorisme

Europe

 

Une fois encore, la France a été frappée en son cœur… La barbarie est inouïe : des innocents sont tués, abattus de sang froid. Les cibles sont multiples, choisies pour leur impact médiatique.

Les terroristes, des kamikazes, se sont donné la mort en répandant autour d’eux la désolation. Ils étaient jeunes et ont tué aveuglément jeunes et moins jeunes. L’incompréhension domine…

Cette barbarie et la monstruosité de ces actes soulignent, s’il en était besoin, l’importance de l’éducation et, principalement, de l’éducation à l’Autre. Le programme européen Erasmus + cherche à répondre à ces défis.

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« L’Après-Charlie ». Vingt questions pour en débattre sans tabou

"L'Après-Charlie". Vingt questions pour en débattre sans tabou"Un petit livre utile à l’usage de ceux qui s’interrogent encore…

Quand viendra le temps du triste anniversaire, dans les frimas de la nouvelle année, sans doute « Charlie » redeviendra-t-il un sujet médiatique. Il n’empêche qu’entre-temps, du collège jusqu’au BTS, les questions posées par l’attentat et ses incidences collatérales conservent plus que jamais droit de cité.

Cela, Jean-Louis Bianco, président de l’Observatoire de la laïcité, Lylia Bouzar, présidente du Centre de prévention des dérives sectaires liées à l’islam (CPDSI), et Samuel Grzybowski, président-fondateur de l’association Coexister, l’ont bien compris. À ce titre, ils se proposent de répondre, pour citer le sous-titre de leur ouvrage, à « Vingt questions pour en débattre sans tabou ».

 

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Titeuf en héros tragique – des vertus pédagogiques du buzz

Mi petit, mi grand... © Zep / Le Monde, 8 septembre 2015

Mi petit, mi grand… © Zep / Le Monde, 8 septembre 2015

Le dessinateur Zep avait déjà démontré dans sa bande dessinée, Une histoire d’hommes, publiée aux éditions Rue de Sèvres en 2013, qu’il savait être aussi un auteur sérieux, loin du côté potache du héros qui a fait son immense succès, Titeuf.

Aussi, quand est publiée sa planche dans le quotidien Le Monde en date du 11 septembre 2015 – date symbolique s’il en est –, ses lecteurs adultes les plus assidus trouvent la confirmation que, si l’humour est le propre de l’homme, il n’est en rien synonyme, pour le lauréat du Grand Prix d’Angoulême 2004, d’une abstraction de la réalité tragique ultra-contemporaine.

Zep, pris de vertige et d’effroi en voyant défiler en boucle les migrations forcées de réfugiés, a donc publié, sur son blog, une planche de bande dessinée qui ne ressemble à nulle autre afin de lutter, selon ses propres mots, contre « notre incroyable capacité au cynisme ».

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« Catharsis », de Luz, ou le recommencement par la fin

"Catharsis", de LuzDe Charlie Hebdo, le dessinateur Luz est l’un des piliers depuis 1992. Après les attentats, c’est d’ailleurs lui qui signe la fameuse Une sur fond vert intitulée « Tout est pardonné ».

Ce crayonneur hors pairs comme son camarade Charb, son semblable, son frère, avec lequel on l’a si souvent physiquement confondu, est un opiniâtre pratiquant de l’iconoclasme.

Le problème pour lui, c’est sa propension à arriver en retard en salle de rédaction le jour de son anniversaire.

Vingt-trois ans que cela dure. Tous les 7 janvier, en retard. Et, pour se faire pardonner, une galette à partager d’abord avec le plus gourmand d’entre deux : Cabu.

Ce retard, le 7 janvier 2015 lui a sauvé la vie. On se sentirait coupable pour moins que cela.

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