« Youth », de Paolo Sorrentino, ou la montagne magique

"Youth", de Paolo Sorrentino - l'École des lettresAprès la Rome décadente, futile et vaine de La Grande Bellezza, les personnages de Youth passent des vacances dans un luxueux hôtel au pied des Alpes suisses, et font penser aux pensionnaires du sanatorium de Thomas Mann.

Il s’agit d’un groupe hétéroclite, qui mêle deux catégories de personnages : les jeunes, plutôt mélancoliques – la fille du compositeur, le jeune acteur – et les vieux, tout aussi désenchantés.

En particulier deux octogénaires, amis ou amants : un chef d’orchestre (Michael Caine) qui, depuis longtemps, a renoncé à son métier. Et un cinéaste (Harvey Keitel) qui, lui, persiste, en compagnie d’assistants fidèles, à préparer son « film testament » que devrait interpréter sa star favorite.

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« Party Girl », de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis

"Party Girl", de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel TheisCe film a réussi à faire parler de lui lors du dernier festival de Cannes, où il a fait l’ouverture de la section Un certain regard.

Ses promesses ont d’ailleurs éveillé les attentes avant même l’ouverture du festival, puisque les trois grandes sections cannoises en-dehors de la compétition officielle se sont battues pour pouvoir le programmer.

Il faut croire que l’excitation était justifiée : Party Girl a remporté la Caméra d’or qui récompense le meilleur premier film. Les journalistes ont beaucoup glosé sur la constitution inédite du groupe de réalisateurs : ils sont trois, sans constituer une fratrie, il y a une femme, son amie et un copain d’enfance ; certains ont fait la Femis, ce qui les place parmi les « espoirs » du cinéma français. L’actrice principale est la propre mère de Samuel Theis. Enfin, ils ne filment pas Paris et sa jeunesse mais surtout une vieille entraîneuse mosellane, chez elle, à Forbach.

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« Boyhood », de Richard Linklater, un hymne à la vie

"Boyhood", de Richard LinklaterComment traduire Boyhood ?

Le film retrace sur douze ans l’enfance d’un garçon depuis l’âge de six ans jusqu’à l’âge de dix-huit ans.

Pour réaliser un long métrage de fiction sur l’enfance dans sa globalité, avec ses étapes et ses expériences décisives, le réalisateur Richard Linklater a choisi un procédé déjà employé par le documentaire et par les premières séries américaines du soap opera, et a décidé de filmer l’enfant et sa famille quelques jours par an pendant une longue période de temps.

Au lieu de se focaliser sur un âge précis comme François Truffaut dans Les quatre cents coups par exemple, il a voulu montrer tous les âges de l’enfance chronologiquement et en temps réel. Truffaut a suivi Antoine Doinel toute sa vie et lui a consacré plusieurs films dans lesquels on voit Jean-Pierre Léaud se transformer. Linklater a voulu concentrer en un seul cette évolution.

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