Je suis Charlie : toi aussi

Je suis CharlieIl s’agit à la fois d’un slogan et d’un emblème. Un texte et une image qui font symbole et qui ont l’efficacité fulgurante du symbole.

Pourquoi ? Du point de vue visuel, c’est d’abord l’extrême sobriété du noir et blanc qui frappe. Le noir du deuil évidemment, mais aussi le noir de l’encre du journal. On ne se rend pas immédiatement compte qu’il y a un effet de citation : la typographie est celle de Charlie Hebdo. L’œil reconnaît inconsciemment cette typo mais ne l’identifie pas expressément.

Du côté texte, on perçoit le jeu de mots : Je suis (I am) / Je suis (I follow), le texte est conçu pour les followers de Twitter lesquels, certainement, interprètent rapidement la polysémie. Ce n’est pourtant pas là qu’est la clef.

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« La Douceur de l’ombre. L’arbre source d’émotions, de l’Antiquité à nos jours », d’Alain Corbin

alain-corbin-la-douceur-de-l-arbrePartons de cet aphorisme, incipit du premier chapitre :

« L’arbre porte en lui une écriture. »

Accepter l’idée revient à plébisciter le livre que nous propose Alain Corbin qui réussit malicieusement à ne pas faire apparaître dans son titre principal, le mot « arbre ».

Donc l’arbre serait parent de l’écriture. D’une manière simple et presque triviale d’abord quand on grave sur son tronc, qu’on incise l’écorce pour laisser une trace, comme le font (ou le faisaient) les amoureux, réunissant, à la pointe du couteau, deux prénoms dans un cœur.

L’arbre devient alors porteur de message, substitut du livre avec lequel il partage une étymologie commune, liber, qui signifie aussi bien la pellicule située entre le bois et l’écorce que le livre.

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