« 365 mots de l’amour et de l’amitié expliqués », de Paul Desalmand et Yves Stalloni

"365 mots de l’amour et de l’amitié expliqués", de Paul Desalmand et Yves StalloniAvant même d’ouvrir le livre, avant même de le retourner et de lire au dos les lignes de présentation qui y figurent, la première page de couverture offre à elle seule des indices quant au contenu et à la tonalité de l’ouvrage.

Tout d’abord, le choix du rouge respecte la tradition symbolique : cette couleur renvoie à la Charité, l’une des trois vertus théologales, qui dans l’absolu synthétise l’amour sous toutes ses formes. Le vert eût dit l’Espérance, le blanc la Foi. L’entrée Rouge ne figure pas dans l’ouvrage, mais il est question du Feu (p. 125) et du Cœur (p. 63) pour signifier l’incandescence de l’amour.

Si le rouge de la couverture sollicite aussitôt le regard et l’imagination, le velouté du papier, sous la main du futur lecteur, suggère les impressions tactiles d’une Caresse. Que l’on se rassure, des lignes savoureuses sont consacrées à « ce geste, plein de délicatesse, tantôt affectueux, tantôt sensuel » (p. 49).

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Madame de Sévigné, lettres du 3 au 11 mars 1671

Mme de Sévigné, par Claude Lefèbvre

Mme de Sévigné, par Claude Lefèbvre,
musée Carnavalet

Nous proposons ici une étude littéraire de trois lettres de Mme de Sévigné adressées à Mme de Grignan, un mois après son départ pour la Provence

Ces lettres correspondent donc à un éloignement dont la durée permet à la fois de mesurer la douleur désormais lestée d’une certaine épaisseur de temps et de prendre acte de la régularité d’un commerce destiné à la compenser.

Ce jeu de balancier délimite l’espace rhétorique au sein duquel se joue la communication entre la mère et la fille. L’écriture de la lettre se manifeste comme l’expression d’un échange à distance équivalant à une conversation avec un absent. En cela, ces lettres, comme le reste de la correspondance de Mme de Sévigné, répondent à la définition canonique de l’échange épistolaire. Cette définition peut cependant s’infléchir lorsque l’on examine la manière d’écrire des deux femmes.

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