« Suite française », de Saul Dibb, d’après Irène Némirovsky. De la réalité romancée à la reconstitution filmée

"Suite française", de Saul Dibb, d’après Irène NémirovskyLe destin du roman d’Irène Némirovsky, Suite française, est aussi extraordinaire que celui de son auteur, juive russe née à Kiev en février 1903, immigrée en France en 1919, devenue romancière à succès et égérie littéraire de Tristan Bernard ou d’Henri de Régnier.

Mariée au banquier Michel Epstein, elle est baptisée en 1939, mais l’État lui refuse la naturalisation. Victime des lois antisémites promulguées en octobre 1940 par le gouvernement de Vichy, le couple ne peut plus travailler.

On peut se demander pourquoi Irène écrit dans les hebdomadaires de droite comme Candide ou Gringoire. De façon assez troublante, l’image qu’elle donne des juifs est plutôt défavorable. Faut-il l’attribuer à la haine de soi, analysée par Lessing, ou, comme le soutient Myriam Anissimov, dans son introduction à l’édition Denoël de Suite française, à une absence de choix devant la situation faite aux juifs en France ?

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« Le Consul », de Salim Bachi : un visa pour l’éternité

 

"Le Consul", de Salim BachiÀ partir du 17 juin 1940, un diplomate a signé plus de trente mille visas permettant à des réfugiés, des fugitifs, des proscrits de toutes sortes, de passer au Portugal. Cet homme, Aristides de Sousa Mendes (1885-1954), est « l’homme dressé seul face à l’abîme » dont Salim Bachi raconte une partie de l’existence, autour de ce moment fatidique.

En bandeau, l’éditeur a mis « Un juste », et on ne saurait qualifier autrement ce consul à Bordeaux qui, parmi les nombreuses victimes qu’il a sauvées, a signé les visas de dix mille juifs.

Le titre décerné par Yad Vashem lui est revenu à titre posthume, puisque Mendes est mort dans la solitude et la pauvreté, avant que ce qu’il avait fait ne soit connu et mis en lumière. L’exil intérieur qu’il a subi forme la trame des dernières pages du récit sur la forme duquel il convient de revenir.

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Jacques Delarue, résistant, commissaire de police et historien

Jacques Delarue, "Histoire de la Gestapo"

Entré dans la police comme gardien de la paix, c’est en tant que commissaire divisionnaire honoraire que Jacques Delarue prend sa retraite en 1978.

Sa carrière, commencée dans la Résistance, se poursuit après-guerre à la Direction centrale de la police judiciaire avec la traque de collaborateurs puis par celle de membres de l’OAS.

Parallèlement à son activité policière il publie près d’une dizaine de livres dont certains, comme son Histoire de la Gestapo, demeurent inégalés.

Jacques Delarue, vient de décéder le 14 septembre, à l’âge de 95 ans, dans une indifférence médiatique générale.

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18 septembre. Rencontre avec Valérie Zenatti au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme

"Jacob, Jacob", de Valérie ZenattiUne rencontre avec Valérie Zenatti est organisée jeudi 18 septembre à 19h 30 au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, à Paris, à l’occasion de la parution de son roman Jacob, Jacob (L’Olivier, 2014).

« Je n’avais jamais mis les pieds en Algérie jusqu’à ce que l’écriture m’y mène. Ce pays était pour moi un pays englouti. Parmi tous les visages en noir et blanc qui me fixaient dans l’album de famille, celui de Jacob se détachait.

Son regard vibrant semblait vouloir raconter son histoire, celle d’un jeune Juif de Constantine, enrôlé en juin 1944 pour libérer la France. De sa guerre, les siens ignoraient tout. Des gens pauvres, parfois démunis face à la vie, qui attendaient avec impatience le retour de celui qui était leur fierté, un valeureux.

En l’inventant, j’ai pu traverser la Méditerranée dans les deux sens, éprouver la tension qui existe entre la singularité d’une vie et son insignifiance au regard de l’Histoire, qui infléchit tant les destins, les brise parfois, mais auxquels la fiction peut donner écho. » Valérie Zenatti.
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« Jacob, Jacob », de Valérie Zenatti, prix du livre Inter 2015. Le chant de l’ortolan

"Jacob, Jacob", de Valérie ZenattiDans les dernières phrases de son roman, longues comme des volutes de fumée qui s’envolent légères, la romancière signe Jacob, Jacob.

Elle a voyagé jusqu’à Constantine, a cherché la tombe de Jacob, ce beau jeune homme que l’on voit sans doute sur la photo de couverture, et qui aurait pu ou dû être son oncle.

Si une balle allemande ne l’avait pas atteint, alors que la Première Armée française menée par De Lattre de Tassigny libérait Thann et l’Alsace, à l’automne 1944.

 

 

 

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Quelle connerie la guerre ! Le cycle cinématographique du Forum des Images

"Quelle connerie la guerre", Forum des imagesLe Forum des images situé au Forum des Halles à Paris tiendra au cours des mois de septembre et octobre un cycle de cinéma intitulé « Quelle connerie la guerre ! ».

Cette année 2014 est en effet marquée par de nombreuses commémorations guerrières : centenaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale, soixante-dix ans du débarquement de Normandie et de la Libération de Paris, et soixantièmes anniversaires des accords de Genève signant la fin de la guerre d’Indochine et du déclenchement de la guerre d’Algérie.

Cette liste n’est cependant pas exhaustive, puisque le magazine L’Histoire titrait en mai dernier sur la commémoration de la bataille de Bouvines en 1214, comme première guerre européenne ayant permis l’émergence d’États modernes, et cette année représente également le triste anniversaire du génocide rwandais.

 

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« Edge Of Tomorrow », de Doug Liman – la Première et la Seconde Guerre mondiales rejouées à l’infini

"Edge Of Tomorrow", de Doug LimanLe film Edge Of Tomorrow est adapté d’un roman d’Hiroshi Sakurazaka, All You Need is Kill, inspiré de l’univers du jeu vidéo.

Cette light novel (roman japonais destiné à un public de jeunes adultes, lycéens et étudiants) a été publiée au Japon par l’éditeur Shūeisha fin 2004 avec des illustrations de Yoshitoshi ABe.

La version française a été éditée en mai 2014 par Kazé sous le titre Edge Of Tomorrow.

L’adaptation en manga, commencée le 9 janvier 2014 dans le magazine Weekly Young Jump de Shūeisha, est écrite par Ryōsuke Takeuchi et dessinée par Takeshi Obata. Deux volumes sont sortis simultanément au Japon en juin 2014.

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Concours national de la Résistance et de la déportation 2014-2015

Carte des camps de concentration et d'extermination © FNDIRP

Carte des camps de concentration et d’extermination © FNDIRP

Un concours sur l’histoire et la mémoire
de la Résistance et de la déportation

Le concours national de la Résistance et de la déportation vise à perpétuer chez les collégiens de troisième et les lycéens la mémoire de la Résistance et de la déportation. La participation au concours permet aux élèves d’en tirer des leçons civiques dans leur vie d’aujourd’hui.

Le thème de l’édition 2014-2015 est La libération des camps nazis, le retour des déportés et la découverte de l’univers concentrationnaire.

 

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