L’humour, valeur nationale : mallette théorique pour interventions pédagogiques

"Projet de costume pour MM. les journalistes", par André Gill, "L'Éclipse, janvier 1870

« Projet de costume pour MM. les journalistes », par André Gill, « L’Éclipse, 23 janvier 1870

Quelles valeurs enseigner dans l’école de la République ? S’en tient-on à la devise républicaine ? Faut-il lui ajouter tout ce qui est à même de fonder une unité nationale ?

À ces questions qui taraudaient déjà bien des enseignants et qui deviennent l’incontournable de l’après 11 janvier, le rassemblement national a sans doute apporté une réponse inattendue, très visible aux yeux des enfants et des adolescents, en étalant sur tous les écrans un mélange détonant de drapeaux tricolores et de caricatures de Charlie Hebdo.

Dans la solennité du moment, l’effroi des horreurs perpétrées, la sidération de la conscience citoyenne blessée, l’humour a pointé régulièrement le bout de son nez, jusqu’à se faire reconnaître comme valeur nationale.

Que faut-il faire d’une telle évidence : l’« esprit » français réunit les foules et fait chanter la Marseillaise ?

Dans toutes ses déclinaisons, de Rivarol à Groland, il semble pouvoir nous unir, être à même de tracer un pont entre le passé et l’avenir, un avenir que l’on voudrait le plus radieux possible pour la génération des petits manifestants en patinette, qui est aussi celle de jeunes téléspectateurs tourmentés par la perplexité ou la colère des adultes, et qui ne savent pas comment comprendre ces dessins humoristiques qui n’étaient pas pour eux et qu’ils doivent dissocier des insultes.

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Contrepoint : « Les Garçons et Guillaume, à table! » de Guillaume Gallienne

"Les garçons et Guillaume, à table!" de Guillaume GalienneIl faut bien le reconnaître : la transposition au cinéma par Guillaume Gallienne du spectacle qu’il donna sur scène il y a peu se révèle décevante.

Malgré une critique bienveillante voire louangeuse, malgré les vivats de Cannes en mai dernier et malgré une promotion savamment orchestrée.

Les Garçons et Guillaume, à table ! repose sur une idée astucieuse, ambitieuse même – comment un garçon, programmé pour être fille, reconquiert sa masculinité –, mais manque des qualités qui constituent un film : une intrigue, une construction cohérente, des personnages consistants, une utilisation pertinente des ressources de l’image.

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