Le Salon de Montreuil : le temple des livres de jeunesse

Salon du livre et de la presse jeunesse 2014Il n’y a pas eu de coups de canon le 26 novembre 2014 pour l’inauguration de la trentième année du Salon du livre et de la presse jeunesse (SLPJ). Ici, dès le départ, il va de soi en effet que ce ne sont que les mots de l’imaginaire qui tonnent et font office de sésame laissant en son seuil les maux réels et les déflagrations de l’actualité.

Depuis sa création, le succès du « Salon » est allé grandissant, validant l’idée maintenant largement partagée que l’édition « jeunesse » demeure très certainement l’avenir de l’édition en général, qu’il s’agisse du livre ou de la presse.

On comprend dès lors combien ce rendez-vous annuel constitue un lieu de rencontre inter-catégoriel incontournable où chacun – éditeur, auteur, professeur, documentaliste, bibliothécaire, libraire et lecteur – pourra partager avec chacun de ses partenaires son goût pour la « transmission ».

 

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« Mécanismes de survie en milieu hostile », d’Olivia Rosenthal : se rendre visible

Olivia Rosenthal, "Mécanismes de survie en milieu hostile"

« La fuite », « La traque », « Le retour » : voici trois titres de chapitre de Mécanismes de survie en milieu hostile, dernier livre d’Olivia Rosenthal.

Ils ouvrent des voies, proposent des lectures, des références à une réalité quotidienne vécue par des millions d’humains sur la planète.

On pourrait leur opposer « Dans la maison » ou « Mes amis », les chapitres avec lesquels ils alternent. À ceci près que la maison peut être un de ces milieux hostiles évoqués par le titre, et que développer des mécanismes de survie s’y impose comme lors d’une fuite ou d’une traque.

Pour qui a lu, par exemple, Que font les rennes après Noël, du même auteur, on sait que la famille, et en particulier la mère de famille, oblige parfois à survivre…

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Une master-classe autour de « Ceux de 14 », de Maurice Genevoix

"Ceux de 14", d'après Maurice Genevoix, adaptation télévisuelle de Didier Dolna et Olivier Schatzky © Jean-Claude Roca / Native / France 3

« Ceux de 14 », d’après Maurice Genevoix, adaptation télévisuelle de Didier Dolna et Olivier Schatzky © Jean-Claude Roca / Native / France 3

À l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale, une master-classe est organisée à Verdun et aux Éparge.

Mercredi 8 octobre 2014, soixante collégiens de Meuse et Moselle et quarante enseignants de l’académie sont invités à une master-classe autour de la série Ceux de 14 avec, au programme, la projection d’un épisode en avant-première et une rencontre avec le réalisateur et l’équipe de la fiction de France 3, produite par Native et soutenue par le Conseil général de la Meuse.

Cette master-classe est une initiative conjointe de France 3 et francetv éducation, de la Mission du Centenaire, et de l’Éducation nationale (Canopé, son opérateur public, le rectorat de Nancy-Metz et le service éducatif du Mémorial de Verdun).

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Enseigner le génocide des Tutsi au Rwanda, du collège à l’université

Enseigner le génocide des Tutsis au RwandaLe génocide des Tutsi au Rwanda de 1994, dont on vient de commémorer les vingt ans, est l’occasion de s’interroger sur ses représentations et son enseignement, en France notamment.

Les programmes d’histoire récents (classes préparatoires de CAP – BOÉN numéro 8 du 25 février 2010) font une place explicite à l’événement et à la démarche comparatiste qui permet de rendre compte des caractéristiques propres à une politique génocidaire dans une perspective citoyenne. Ils ouvrent ainsi la possibilité d’étudier en parallèle les génocides des Arméniens, des Juifs et des Tutsi, en soulignant leurs points communs mais aussi leurs différences.

Le programme de la classe de terminale du baccalauréat professionnel (BOÉN numéro 2 du 19 février 2009) mentionne explicitement le Rwanda dans le cadre du cours « Le monde depuis le tournant des années 1990 » : « On insiste sur les crises qui marquent le début de cette nouvelles période : génocides en Afrique et en Europe – Rwanda, Srebrenica. »

Mais qu’en est-il de la réalité de cet enseignement dans les classes françaises, y compris dans d’autres disciplines que l’histoire ? En philosophie, et bien sûr en français, où la réflexion sur le monde des valeurs est au cœur des programmes du collège et du lycée par la lecture des textes ainsi que par l’analyse du discours (notamment du discours argumentatif de la troisième à la première).

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« Chant furieux », de Philippe Bordas : chanter le héros

"Chant furieux", de Philippe BordasDans Chant furieux, la musique et l’idée d’extrémité propre à la furie, dans l’étymologie sont mêlées.

Ce titre, celui du premier roman de Philippe Bordas, photographe et déjà auteur de Forcenés, livre autour du vélo, chante des héros d’aujourd’hui, les « zoniers », et l’un d’entre eux, entré en pleine lumière, Zidane.

L’aède se nomme Mémos, il est né dans la banlieue nord de Paris, comme le footballeur dans le quartier de la Castellane à Marseille. Le roman raconte les cent jours qui séparent l’ultime match d’  » El Zid » au Real Madrid et la finale de la Coupe du monde à Berlin.

Ce soir-là, Zidane qui a conduit son équipe au sommet, risque le geste le plus difficile pour marquer un penalty et réussit avec une parfaite désinvolture cette « panenka ». Il sort sur un carton rouge après un geste rageur qui marquera cette soirée : on se rappelle plus ce coup de boule que la victoire italienne. Zidane aura vécu jusqu’à l’extrême ce dernier moment.

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Programme 2014-2015 de la classe terminale littéraire

Gustave Flaubert dissèque Madame Bovary. Achille Lemot, "La Parole", 1869

Gustave Flaubert
dissèque Madame Bovary.
Achille Lemot, « La Parole », 1869

 

Le Bulletin officiel n° 15 du 10 avril 2014 précise la liste des œuvres obligatoires inscrites au programme de littérature de la classe terminale de la série littéraire pour l’année scolaire 2014-2015 :

 

• Domaine d’étude Littérature et langages de l’image :

Les Mains libres, Paul Éluard et Man Ray, « Poésie »,  Gallimard.

 

• Domaine d’étude Lire-écrire-publier :

Madame Bovary, de Gustave Flaubert.

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Sur l’Oulipo et un roman oulipien : « Les Fleurs bleues », de Raymond Queneau

Raymond Queneau

Raymond Queneau

Au début des années 1960, le mathématicien François Le Lionnais et l’écrivain Raymond Queneau réunissent autour d’eux un groupe de créateurs et chercheurs pour former ce qui n’est pas vraiment une école littéraire et qui s’appellera l’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle).

Dans un esprit ludique et inventif, le groupe se propose, au moyen de structures et procédures nouvelles, et parfois à partir de contraintes arbitraires, d’élargir le champ de l’expression littéraire. Contrairement à la littérature aléatoire ou aux jeux surréalistes, les oulipiens refusent le hasard et se fondent sur une vraie recherche. De là de nouveaux textes, parfois parodiques, des poèmes et même certains écrits plus ambitieux comme des romans, ceux de Georges Perec ou de Raymond Queneau.

Un de ses derniers livres, Les Fleurs bleues constitue sans aucun doute une des plus belles réussites oulipiennes.

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« Bel-Ami », de Guy de Maupassant, proposition de séquence

"Bel-Ami", de Maupassant, dans l'édition de Xavier-Laurent Petit, "Classiques abrégés"Bel-Ami, roman de Maupassant qui parut tout d’abord en feuilleton dans Gil Blas (du 6 avril au 30 mars 1885), retrace la fulgurante ascension d’un « aventurier » de la Belle Époque. L’histoire se déroule entre le 28 juin 1880 et le 20 octobre 1882, sous la présidence de Jules Grévy (30 janvier 1879 – 2 décembre 1887).

La classe sociale triomphante est issue de la finance et des affaires ; elle pactise avec les journaux qui, depuis la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, sont devenus un support politique et financier. Le personnage du baron Walter est, dans le roman, une figuration de cette collaboration. Les agiotages provoqueront d’ailleurs le scandale du krach de l’Union Générale en 1882, évoqué par Émile Zola dans L’Argent.

Maupassant avait lui-même été journaliste pour Gil Blas, journal de centre gauche, mondain et boulevardier, mais aussi pour L’Écho de Paris, Le Figaro et La Revue des Deux Mondes. Il écrivit également, pour Le Gaulois, des reportages sur l’Algérie, ainsi que des chroniques mondaines sur les salons et intérieurs d’artistes, qui inspireront les expériences journalistiques du personnage principal de Bel-Ami.

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