« Madame Bovary », de Gustave Flaubert. Dictionnaire du domaine d’étude : lire, écrire, publier

Gustave Flaubert par Nadar, 1869

Gustave Flaubert par Nadar, 1869

Gustave Flaubert, et particulièrement Madame Bovary, semblent tout indiqués pour traiter de la question Lire, écrire, publier.

D’abord pour ce qui concerne l’édition au XIXe siècle. Ce livre absolu qui contient toute la vie de Flaubert offre par son existence même, son écriture, sa publication une réflexion sur ce qui fait la littérature et, au-delà, la culture littéraire d’une époque.

Flaubert se livre sur ses désarrois d’écrivain à sa maîtresse qui archive soigneusement ses lettres, offrant par là un témoignage de première importance sur la gestation du roman. Ses manuscrits ont en outre été soigneusement conservés et leur amplitude ainsi que la variété des ratures et repentirs suffiraient à justifier l’existence de la génétique du texte. Un procès a accompagné sa publication engageant la question de la censure, de la parution.

Depuis, le livre est réédité sur tous les modes et avec toutes sortes de présentations, préfaces, avant-propos, paratextes qui permettent de maintenir le débat autour de la statue géante de Flaubert et il ne se passe guère d’années sans que quelqu’un, critique, historien, sociologue ne tente une redécouverte de cette œuvre et de la vie de son auteur.

Mais Lire, écrire, publier c’est aussi le lot des personnages. Emma lit, écrit, Charles est un mauvais lecteur, Homais s’institue journaliste critique, publicateur scientifique, la plupart des acteurs est concerné par cette invasion de l’écriture ou d’une culture dévoyée, selon Flaubert lui-même.

Continuer la lecture

« La Nouvelle Revue française », « Décapage » : écrire à la première personne

« Je trouve déraisonnable le fait d’écrire sans avoir le violent sentiment d’écrire. » Le propos est de Philippe Sollers et on le lit en conclusion du dernier numéro de La NRF, « Je & Moi », dirigé par Philippe Forest, qui fait, par ailleurs, la couverture de Décapage.

Ce « violent sentiment d’écrire », dont parlent les écrivains dans ce numéro n’est pas très éloigné de la corne du taureau qu’évoquait Michel Leiris dans sa préface à L’Âge d’homme. Il semble que ce soit davantage dans l’écriture à la première personne qu’il s’éprouve.

Continuer la lecture