Réfugiés de partout et de nulle part. – Quand tout le reste n’est que littérature

Julien Clerc, ambassadeur de bonne volonté auprès du Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies

Julien Clerc, ambassadeur de bonne volonté auprès du Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies

Julien Clerc, une voix pour les droits

Julien Clerc reste avant tout un chanteur populaire. Compositeur de qualité, il a su s’adjoindre les services d’auteurs aussi réputés que Jean-Loup Dabadie pour « L’assassin assassiné » (1980) ou Étienne Roda-Gil pour « Utile » (1992).

Toutefois, comme ces deux titres en témoignent, cet adepte des chansons à texte ne rechigne pas à se servir de son micro pour exprimer des idées fortes. Si « L’assassin assassiné » renvoyait au thème de la peine de mort et « Utile » à celui de la liberté d’expression, une troisième chanson justifie d’être redécouverte en ces temps déraisonnables de migrations forcées.

Il s’agit bien entendu de « Réfugié », daté de 2012, un des chefs-d’œuvre lyriques de l’ambassadeur de bonne volonté du HCR.

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Titeuf en héros tragique – des vertus pédagogiques du buzz

Mi petit, mi grand... © Zep / Le Monde, 8 septembre 2015

Mi petit, mi grand… © Zep / Le Monde, 8 septembre 2015

Le dessinateur Zep avait déjà démontré dans sa bande dessinée, Une histoire d’hommes, publiée aux éditions Rue de Sèvres en 2013, qu’il savait être aussi un auteur sérieux, loin du côté potache du héros qui a fait son immense succès, Titeuf.

Aussi, quand est publiée sa planche dans le quotidien Le Monde en date du 11 septembre 2015 – date symbolique s’il en est –, ses lecteurs adultes les plus assidus trouvent la confirmation que, si l’humour est le propre de l’homme, il n’est en rien synonyme, pour le lauréat du Grand Prix d’Angoulême 2004, d’une abstraction de la réalité tragique ultra-contemporaine.

Zep, pris de vertige et d’effroi en voyant défiler en boucle les migrations forcées de réfugiés, a donc publié, sur son blog, une planche de bande dessinée qui ne ressemble à nulle autre afin de lutter, selon ses propres mots, contre « notre incroyable capacité au cynisme ».

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« Le Consul », de Salim Bachi : un visa pour l’éternité

 

"Le Consul", de Salim BachiÀ partir du 17 juin 1940, un diplomate a signé plus de trente mille visas permettant à des réfugiés, des fugitifs, des proscrits de toutes sortes, de passer au Portugal. Cet homme, Aristides de Sousa Mendes (1885-1954), est « l’homme dressé seul face à l’abîme » dont Salim Bachi raconte une partie de l’existence, autour de ce moment fatidique.

En bandeau, l’éditeur a mis « Un juste », et on ne saurait qualifier autrement ce consul à Bordeaux qui, parmi les nombreuses victimes qu’il a sauvées, a signé les visas de dix mille juifs.

Le titre décerné par Yad Vashem lui est revenu à titre posthume, puisque Mendes est mort dans la solitude et la pauvreté, avant que ce qu’il avait fait ne soit connu et mis en lumière. L’exil intérieur qu’il a subi forme la trame des dernières pages du récit sur la forme duquel il convient de revenir.

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