Semaine d’éducation contre le racisme et l’antisémitisme, 16-21 mars 2015

La Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale est célébrée chaque année le 21 mars.

En proclamant cette journée en 1966, l’Assemblée générale de l’ONU a engagé la communauté internationale à redoubler d’efforts pour éliminer toutes les formes de discrimination raciale.

Le ministère de l’Éducation rappelle, sur le site Éduscol, que « la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, Grande Cause nationale 2015, s’inscrit pleinement dans la Grande mobilisation de l’école pour les valeurs de la République »  et que la Semaine d’éducation contre le racisme et l’antisémitisme, du 16 au 21 mars 2015, constitue, pour l’ensemble de la communauté éducative et les partenaires de l’école, « un temps fort de réflexion et d’action pour faire vivre les valeurs de respect, de dignité et d’égalité« .

 

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Disparition d’André Brink, auteur d’« Une saison blanche et sèche »

André Brink

André Brink

L’écrivain afrikaner André Brink, militant anti-apartheid qui dut à plusieurs reprises affronter la censure en Afrique du Sud, est décédé le 6 février dernier, à l’âge de 79 ans, dans l’avion qui le ramenait au Cap après un séjour en Belgique où il venait de recevoir un doctorat d’honneur de l’université catholique de Louvain.

Le 9 décembre 1993, Nelson Mandela et Frederik De Klerk recevaient conjointement le prix Nobel de la paix, distinction qui avait déjà été décernée en 1984 à un autre Sud- Africain, monseigneur Desmond Tutu. Cette égalité de traitement entre le représentant de la communauté blanche et celui de la communauté noire n’a pas manqué de choquer certains. Fallait-il récompenser la victime et le bourreau ?

L’événement marquait la reconnaissance internationale des efforts menés de part et d’autre pour trouver une solution politique pacifique, dont le principal temps fort avait été le référendum de mars 1992 abolissant théoriquement l’apartheid. Les élections d’avril 1994, puis la passation de pouvoirs et l’investiture de Nelson Mandela ont tourné une page de l’histoire de l’Afrique du Sud, même si tous les problèmes n’étaient pas réglés pour autant.

L’étude du livre d’André Brink, Une saison blanche et sèche (1979, prix Médicis étranger en 1980), devrait contribuer à faire mieux comprendre une situation d’une extrême complexité qui a marqué l’actualité pendant de nombreuses années.

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Cogito « Charlie » ergo sum

Montesquieu, "De l'esprit des lois", 1748 © BNF

Montesquieu, « De l’esprit des lois », 1748 © BNF

La tragédie du « mercredi noir » a fait couler beaucoup d’encre dans les établissements scolaires. Les professeurs interrogés par les journalistes ont notamment fait état de la difficulté de sortir des débats manichéens entre les « Je suis Charlie » et les « Je ne suis pas Charlie ». En somme, ce serait comme si l’on assistait à une réduction identitaire sinon grégaire de la confrontation des « idées-slogans ».

En conséquence, on aura tout lieu de comprendre à première vue le choix d’une suspension du débat à l’intérieur de la classe et son corollaire : le retour au déroulé classique du cours, comme avant l’affaire Charlie. À première vue seulement, comme on s’en doute. Car, dans la réalité quotidienne, chacun continue de parler, les uns en salle des profs, les autres en cour de récréation. Autrement dit, pour ce qui concerne spécifiquement la population adolescente, l’opposition « étiquette » in the mood se déplace spatialement.

Impensable dans la classe du fait des risques qu’il induit potentiellement, il trouve naturellement ses lieux d’extension au travers de tous les espaces et réseaux sociaux des élèves et, de fait, réduit à sa portion argumentative congrue.

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Lettre de Najat Vallaud-Belkacem à la suite de l’attentat contre l’hebdomadaire « Charlie Hebdo »

Madame, Monsieur,

L’attentat meurtrier contre l’hebdomadaire Charlie Hebdo a atteint notre République au cœur.

Les valeurs essentielles de notre République ont été visées : la liberté d’expression est au fondement de toutes les libertés ;  la liberté de conscience et le respect des opinions individuelles sont les principes qui nous permettent de vivre ensemble.

Il appartient à l’École de faire vivre et de transmettre les valeurs et les principes de la République. La République a confié à l’École, dès son origine, la mission de former des citoyens, de transmettre les valeurs fondamentales de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité.

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Racisme et terrorisme. Points de repères et données historiques

Hommage à "Charlie Hebdo", Paris, 12 janvier 2015L’attentat contre Charlie Hebdo suscite à juste titre un électrochoc dans la société française qui ne manquera pas d’avoir de nombreuses répercussions dans les classes, plongeant parfois les enseignants dans l’embarras pour ne pas dire davantage. Faut-il pour autant tenter d’éviter le problème ? Évidemment non, au contraire.

Quand j’ai commencé ma carrière d’enseignant en septembre 2001 dans un collège de « banlieue », à Chanteloup-les-Vignes, où des adolescents de plus de quarante nationalités se côtoyaient, la situation oscillait entre un soutien latent de quelques-uns à Oussama ben Laden et la crainte d’autres jeunes que l’un des nombreux avions qui passaient au-dessus de leur ville ne vienne s’écraser sur leur tour. Si je me permets de raconter cette anecdote personnelle, c’est pour montrer que, souvent, les plus touchés et les plus fragilisés ne sont pas ceux que l’on croit.

La précarité économique va évidemment de pair avec la fragilité sociale… et politique. L’acte barbare qui vient de se dérouler ne manquera pas – une fois encore – de stigmatiser celles et ceux qui se trouvent déjà dans une situation difficile. La stigmatisation, l’ostracisme, facilitent évidemment le repli sur soi communautariste, que recherchent précisément ceux qui ont commis cet attentat.

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« Rêves d’or » (« La Jaula de Oro »), de Diego Quemada-Diez, prix Jean-Renoir des lycéens 2014

"Rêves d'or" ("La Jaula de Oro"), de Diego Quemada-DiezLa Jaula de Oro (littéralement la « cage dorée », titre français Rêves d’or) de Diego Quemada-Diez a remporté le prix Jean-Renoir des lycéens 2014. Il avait été présenté au Festival de Cannes 2013, dans le cadre de la section Un Certain Regard et avait suscité une émotion unique.

C’est une œuvre à la fois engagée et personnelle sur la dure vie des migrants, prêts à tout pour tenter de rejoindre les États-Unis. Deux jeunes garçons, Juan et Samuel, et une fille, Sara, tous trois âgés de quinze ans, fuient le Guatemala pour tenter de réaliser le rêve américain.

Au cours de leur traversée du Mexique, ils rencontrent Chauk, un Indien tzotzil ne parlant pas espagnol et voyageant sans papiers. Pris dans une rafle, ils sont renvoyés tous trois au Guatemala.

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« 24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi », d’Alexandre Arcady

"24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi", d'Alexandre ArcadyIl y a des films dont on ne peut parler qu’avec crainte et tremblement. Comme les films sur la Shoah par exemple. Le film d’Alexandre Arcady est de ceux-là. C’est un thriller haletant, mais il relate surtout avec la plus grande fidélité un fait divers si révélateur de l’état moral de notre société qu’il en devient un signal d’alerte emblématique.

La France a vécu en janvier et février 2006 l’affaire Ilan Halimi, les 24 jours où s’est scellé le sort terrible de ce jeune homme séduit par une jeune femme servant d’appât pour le compte de kidnappeurs avides. Leur raisonnement simpliste était celui-là même qui avait alimenté toutes les théories du complot : les juifs sont riches et solidaires, ils paieront une grosse rançon.

Pour avoir la somme demandée, ils n’ont pas hésité à menacer et à harceler la famille du jeune homme. Quant à lui, refusant de le nourrir, ils l’ont torturé de toutes les façons possibles par haine et par mépris. Simplement parce qu’il était juif.

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« Ceux qui ne dormaient pas. Journal 1944-1946 », de Jacqueline Mesnil-Amar

"Ceux qui ne dormaient pas", de Jacqueline Mesnil-AmarPublié pour la première fois en 1957 aux Éditions de Minuit et passé alors inaperçu parce qu’il était plutôt question, en France, de tourner la page, le journal de Jacqueline Mesnil-Amar (1909-1987) est réédité chez Stock en 2009, puis au Livre de poche en 2010.

Et on se rend compte que la perspective a complètement changé sur ce texte, qui mêle étroitement l’intime et l’Histoire, et que le moment est bien plus propice aujourd’hui à sa lecture. Sans doute parce qu’un travail considérable a été réalisé depuis lors sur la Shoah.

Jacqueline décrit au jour le jour les affres qu’elle connaît à partir du soir où son mari, André Amar, ne rentre pas à la maison. Arrêté le 18 juillet 1944 avec d’autres combattants de l’ombre, il va être envoyé à Fresnes, puis à Drancy, d’où il partira le 24 août dans le dernier convoi pour Auschwitz. Son évasion tient du miracle.

Sans nouvelles comme toutes les femmes de résistants et follement inquiète, Jacqueline écrit pour tromper l’attente, l’angoisse, pour essayer de comprendre pourquoi et comment sa vie vient d’être saccagée.

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