« Les Garçons et Guillaume, à table ! », de Guillaume Gallienne

"Les garçons et Guillaume, à table!" de Guillaume GalienneÀ 41 ans, Guillaume Gallienne est sociétaire de la Comédie-Française, acteur de cinéma et de télévision, lecteur de grands textes classiques, animateur d’émissions télévisées. En 2011, il a aidé le chorégraphe russe Alexeï Ratmansky à adapter Illusions perdues d’Honoré de Balzac pour le ballet du Bolchoï, spectacle qui est invité à l’Opéra de Paris à partir du 4 janvier 2014. On l’a vu en mai et juin derniers au théâtre du Vieux-Colombier exceller dans le rôle d’Oblomov, le personnage inventé par l’auteur russe Ivan Gontcharov, dans la mise en scène fine et drôle de Volodia Serre.

Au même moment, il présentait au festival de Cannes l’adaptation cinématographique d’un spectacle intimiste intitulé Les Garçons et Guillaume, à table !, qu’il avait écrit en 2008 avec Claude Mathieu, et dans lequel il racontait avec humour son enfance, son éducation et les traumatismes qu’elle avait pu engendrer.

Dans cette comédie autobiographique, il explique en effet que, sa mère ne le traitant pas comme ses frères, il a cru ne pas être un garçon comme eux. Ainsi poussé à « faire la fille », il a eu une dépression nerveuse à l’âge de douze ans.

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« Jimmy P. (Psychothérapie d’un Indien des plaines) », d’Arnaud Desplechin

arnaud-desplechin-jimmy-pAvec Jimmy P., Arnaud Desplechin livre probablement son meilleur film, depuis La Vie des morts (1991), La Sentinelle (1992), Comment je me suis disputé (1996), Rois et reines (2004).

Jimmy P reprend le thème des fantômes d’une guerre passée, comme dans La Sentinelle, et son acteur fétiche Mathieu Amalric pour faire mesurer l’apport exceptionnel de l’ethnopsychanalyste franco-américain Georges Devereux.

Le film retrace en particulier sa rencontre décisive avec un soldat américain, Indien Pied Noir (Black Foot) d’origine, ayant combattu en France.

Après la deuxième guerre mondiale, Jimmy Picard, à la suite d’un accident de combat, souffre de troubles graves (maux de tête, insomnies, cécité et surdité occasionnelles) et il est hospitalisé au Winter Veteran Hospital installé à Topeka (Kansas), où il est confié aux bons soins du pionnier de l’ethnopsychiatrie.   Lire la suite

« Cette part de rêve que chacun porte en soi » : entretien avec Pierre Pachet

Entretien avec Pierre Pachet : "Le rêve que chacun porte en soi"

Jean-François Marquet et Pierre Pachet

Nous avons demandé à Pierre Pachet de nous éclairer sur quelques-uns des aspects liés à la thématique du rêve, au sens propre ou dans son acception de projection dans le futur, puisque l’intitulé du thème de BTS, La part du rêve que chacun porte en soi, nous invite à cette double interrogation.

Pierre Pachet a consacré deux ouvrages de référence à cette question, Nuits étroitement surveillées (1980) et La Force de dormir (1988), et il a fait de l’intime la sphère privilégiée de son œuvre sans pour autant sacrifier à la mode de l’autofiction. Il a également accordé récemment un entretien sur ce sujet à la revue Critique.

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« Psychologie et Philosophie. Conférences Zofingia (1896-1899) », de C. G. Jung

jung-philosophie-et-psychologieCarl Gustav Jung est avant tout connu pour sa dissidence à l’égard du mouvement freudien. Ses théories relatives à l’inconscient collectif sont généralement considérées, dans le monde universitaire français, avec une certaine condescendance et sa contribution aux études littéraires est purement et simplement ignorée.

C’est à peine si l’on songe à mentionner la dette que de grandes figures des lettres françaises comme Bachelard ou Gilbert Durand ont contractée envers son œuvre. On gagnerait par ailleurs à découvrir ou relire ses réflexions littéraires sur l’Ulysse de Joyce, qui font preuve d’une magnifique compréhension de la modernité.

Les éditions Albin Michel poursuivent avec une belle constance, et sous la direction de Michel Cazenave, la traduction des œuvres de Jung. Le dernier opus, Psychologie et Philosophie. Conférences Zofingia (1896-1899) n’est certes pas la plus déterminante des œuvres de Jung, mais il éclaire d’un jour nouveau l’édifice théorique à venir et confirme, si besoin en était, que la dissension avec Freud était, somme toute, inéluctable. Lire la suite

« Hänsel et Gretel », de Engelbert Humperdinck, à l’Opéra Garnier

Hansel-et-GretelL’Opéra de Paris accueille à son répertoire Hänsel et Gretel de Engelbert Humperdinck dans une mise en scène de Mariame Clément, des décors de Julia Hansen, une direction musicale de Claus Peter Flor et une chorégraphie de Mathieu Guilhaumon, tous pour la première fois à Paris, afin de célébrer le bicentenaire de la parution, le 20 décembre 1812, des Contes de l’enfance et du foyer des frères Jacob et Wilhelm Grimm.

Inscrits depuis 2005 au patrimoine de l’UNESCO, ils ont été salués par l’ONU comme « le plus connu et le plus distribué des livres en Allemagne ».

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« Les Rêveries de Gaston Bachelard », de Jean-Philippe Pierron

bachelard-couvGaston Bachelard disparaissait il y a un peu plus de cinquante ans, léguant à la postérité une œuvre singulière, composite, aussi diffuse que sa prodigieuse imagination.

On distingue généralement, dans cette œuvre, un versant épistémologique qui intéresserait les scientifiques et un versant, disons « critique » (pour simplifier les choses), qui concernerait la littérature.

C’est une erreur car l’œuvre de Bachelard repose sur une profonde unité.

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Vertiges de l’identité : « Viviane Elisabeth Fauville », de Julia Deck

Une femme dépressive assassine son psychanalyste. Viviane Elisabeth Fauville, c’est l’un de ses noms, donne son titre au premier roman de Julia Deck. Et l’on se doute que derrière ces prénoms et noms multiples, rien n’est vraiment simple.

Viviane Elisabeth Fauville est donc l’histoire d’une femme qui supporte mal la séparation, le fait de se trouver seule avec son bébé, après avoir dû abandonner le domicile conjugal qu’elle occupait rue Louis-Braille avec Julien Hermant. Le couteau du crime vient de chez lui.

La suite ressemble à ce que l’on lit dans les romans policiers : enquête, interrogatoires, pistes diverses et alibis. La « criminelle » suit l’enquête dans le journal, et les suspects dans Paris, en même temps que le commissaire. Mais nous trouvons aussi dans ces pages les mari, femme, amant, maîtresse, de la « scène de la vie de province ». Le soap opera pour résumer.

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« L’Enfant et le savoir », de Martine Menès

Avec L’Enfant et le savoir, Martine Menès, s’interroge pertinemment sur le concept de « rapport au savoir ».

À la fois objet et processus, le « rapport au savoir » se voit défini comme « l’ensemble des relations affectives, cognitives, psychiques, pratiques que le sujet confronté à la nécessité d’apprendre entretient avec les objets de la connaissance du monde qui l’environne ». Cette définition posée, on comprend aisément, le rôle du désir dans les processus d’apprentissage : « Pas de savoir sans désir », fait remarquer la psychanalyste.

L’essai va dès lors recenser les obstacles qui entravent les processus d’acquisition du savoir, parasités par des motifs refoulés, transmis parfois d’inconscient à inconscient. Martine Menès appuie sa démonstration sur des exposés de cas cliniques concrets mais aussi sur des exemples littéraires (Duras, Grimbert, Barbery…) qui pondèrent agréablement la réflexion psychanalytique. Lire la suite