Le festival Paroles indigo

Festival Paroles indigoLire, découvrir, rencontrer, partager…

Tels pourraient être les mots-clés du Festival Paroles indigo.

Du 30 octobre au 2 novembre, ce chaleureux événement littéraire arlésien réunit, pour sa troisième édition, des voix et écritures d’Afrique de l’ouest, du Maghreb et du Moyen-Orient.

Le Festival Paroles indigo porte bien son nom. Le verbe s’y énonce haut et fort jusque vers l’azur. Les textes s’y lisent, s’y content, s’y écoutent. La vie s’y affirme « positivement », ainsi que le proclame Tanya Hadjithomas Mehanna, la fondatrice des éditions Tamyras (Beyrouth), l’une des invitées-phares du festival.

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« Villa des femmes », de Charif Majdalani

"Villa des femmes", de Charif MajdalaniUne maison, une histoire

« Je me suis tenu tout le temps nécessaire, gardien de la grandeur des Hayek, témoin involontaire de leurs déchirements et de leur ruine, assis en haut du perron de la villa, dans le carré de soleil, en face de l’allée qui menait au portail. »

Un incipit et le la est donné. Celui de Villa des femmes donne à entendre la voix de Noula, alias Requin-à-l’arak, serviteur de Skandar Hayek, témoin de ces années passées dans la villa qui fait le lien entre Beyrouth et la campagne environnante.

Il a donc connu les années 1960, si opulentes et insouciantes, puis les années 1970, marquées par le conflit avec les Palestiniens, la guerre civile et l’occupation syrienne. Et ce, de la maison des Hayek.

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« Ormuz », de Jean Rolin

"Ormuz", de Jean RolinSérieux et fantaisiste

Le narrateur du Ravissement de Britney Spears traversait Los Angeles à pied ou en transports en commun, à la poursuite d’une ex-star roulant en 4×4.

Le héros de Ormuz, Wax, a l’intention de traverser le détroit à la nage. Certes, la distance n’est pas énorme – une quarantaine de kilomètres, mais les contraintes sont nombreuses, les obstacles plus encore.

Le narrateur de ce roman (le terme générique ne figure pas en couverture) est chargé de tenir la chronique de cette épreuve, de visiter les lieux, et d’établir les contacts nécessaires. Il faut donc discuter avec les Iraniens, leurs voisins arabes de l’autre côté du détroit, etc. Le plus difficile reste de circuler dans ce bras de mer. Environ trente pour cent de la production de gaz et de pétrole y transite, les navires de guerre, américains et autres, y stationnent en nombre, les militaires sont nerveux.

Les Iraniens mènent une guerre « asymétrique » et lancent des hors-bords chargés de pasdarans ou de gardiens de la révolution dans les eaux du détroit, eaux que de nombreuses épaves ou navires atteints par des missiles remplissent. Quant à cette eau qui devrait être d’un bleu azur, elle est remplie d’hydrocarbure et Wax ne peut franchir le rivage sans se coller les pieds dans les galets noirs et gluants.

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« Le Dernier Seigneur de Marsad », de Charif Majdalani

Charif Majdalani, "Le Dernier Seigneur de Marsad"Un guépard au Liban

Tout commence par une fuite. Hamid Chahine enlève Simone Khattar, la fille de son patron. On est au Liban, en 1964.

Le geste pourrait lui valoir le pire. Il ne vivra qu’un bannissement et quittera le pays pour faire fortune en Arabie. Chakib Khattar, qui, plus que directeur de la marbrerie, a été comme un père pour le jeune homme, n’a pas accepté ce qu’il vivait comme un défi de la part de celui qu’il a élevé comme ses propres enfants.

Dans le Dernier Seigneur de Marsad, tout est dans le « comme ». Il est possible que ce qui unissait Chakib, le dernier seigneur en question, et Hamid, soit de l’ordre de la filiation. Le lecteur l’apprend au premier tiers du roman, du narrateur qui sait tout et qui, peu à peu, au fil des années, raconte.

Et l’on aura alors compris ce qui rend l’alliance entre les amoureux impossible, ce qui donne au roman sa dimension tragique. Du moins on pourra le croire, jusqu’à la dernière rencontre entre ce narrateur et Hamid, dans le berceau des Khattar, à Kfar Issa.

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