« Madame Bovary », de Gustave Flaubert. Dictionnaire du domaine d’étude : lire, écrire, publier

Gustave Flaubert par Nadar, 1869

Gustave Flaubert par Nadar, 1869

Gustave Flaubert, et particulièrement Madame Bovary, semblent tout indiqués pour traiter de la question Lire, écrire, publier.

D’abord pour ce qui concerne l’édition au XIXe siècle. Ce livre absolu qui contient toute la vie de Flaubert offre par son existence même, son écriture, sa publication une réflexion sur ce qui fait la littérature et, au-delà, la culture littéraire d’une époque.

Flaubert se livre sur ses désarrois d’écrivain à sa maîtresse qui archive soigneusement ses lettres, offrant par là un témoignage de première importance sur la gestation du roman. Ses manuscrits ont en outre été soigneusement conservés et leur amplitude ainsi que la variété des ratures et repentirs suffiraient à justifier l’existence de la génétique du texte. Un procès a accompagné sa publication engageant la question de la censure, de la parution.

Depuis, le livre est réédité sur tous les modes et avec toutes sortes de présentations, préfaces, avant-propos, paratextes qui permettent de maintenir le débat autour de la statue géante de Flaubert et il ne se passe guère d’années sans que quelqu’un, critique, historien, sociologue ne tente une redécouverte de cette œuvre et de la vie de son auteur.

Mais Lire, écrire, publier c’est aussi le lot des personnages. Emma lit, écrit, Charles est un mauvais lecteur, Homais s’institue journaliste critique, publicateur scientifique, la plupart des acteurs est concerné par cette invasion de l’écriture ou d’une culture dévoyée, selon Flaubert lui-même.

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Programme 2014-2015 de la classe terminale littéraire

Gustave Flaubert dissèque Madame Bovary. Achille Lemot, "La Parole", 1869

Gustave Flaubert
dissèque Madame Bovary.
Achille Lemot, « La Parole », 1869

 

Le Bulletin officiel n° 15 du 10 avril 2014 précise la liste des œuvres obligatoires inscrites au programme de littérature de la classe terminale de la série littéraire pour l’année scolaire 2014-2015 :

 

• Domaine d’étude Littérature et langages de l’image :

Les Mains libres, Paul Éluard et Man Ray, « Poésie »,  Gallimard.

 

• Domaine d’étude Lire-écrire-publier :

Madame Bovary, de Gustave Flaubert.

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« Le Dernier des injustes », de Claude Lanzmann

"Le Dernier des injustes", de Claude LanzmannLe film de Claude Lanzmann Le Dernier des injustes concerne Benjamin Murmelstein – ainsi surnommé par lui-même d’après le titre du roman d’André Schwarz-Bart, publié en juillet 1959 aux éditions du Seuil et Prix Goncourt –, placé par les nazis à la tête du conseil juif du camp de Theresienstadt pour exécuter leur plan d’extermination.

Le cinéaste l’avait longuement interviewé à Rome, en 1975, au début du tournage de Shoah, mais n’avait pas utilisé les rushes, qui avaient été confiés aux archives du Musée de l’Holocauste à Washington.

Quarante ans après le tournage initial de Shoah (1975) et trente ans après sa sortie (1985), après avoir montré l’évasion de Yehuda Lerner dans Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures (2001), après être revenu sur l’indifférence des Alliés, et en particulier de Roosevelt, dans Le Rapport Karski (2010), Lanzmann affronte, dans le Dernier des Injustes, la question si controversée de la collaboration. Et ce nouvel épisode revêt une importance toute particulière d’abord par sa remise en question historique, puis par le travail de mise en forme réalisé sur les documents existants.

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« Outreau, l’autre vérité », de Serge Garde

outreau-l-autre-veriteOutreau, outrance, outrage

 J’ai vu lundi 11 mars à 15 h 40, dans une petite salle du Saint-Lazare Pasquier, le film de Serge Garde, Outreau, l’autre vérité, sorti mercredi 6 dans une vingtaine de salles françaises, dont cinq parisiennes. Quinze jours plus tard, il n’est déjà plus programmé que dans un seul cinéma à Paris, l’Espace Saint-Michel. Aucune chaîne de télévision n’envisage de le diffuser.

Abasourdie, édifiée, après la séance, je commence à en parler autour de moi et, aussitôt, les réactions de défiance fusent : « Ah oui, Outreau ? Il paraît qu’il est partial, ce film, très subjectif. » Voilà ce qui me décide à prendre la plume. Ici, à cet endroit de lecture où nous nous retrouvons, professeurs, instituteurs, écrivains, lecteurs, bibliothécaires, éditeurs et libraires, nous tous qui travaillons avec, pour les enfants, et, surtout, sans toujours en avoir conscience, grâce à eux. Lire la suite