« Avril et le monde truqué », de Franck Ekinci et Christian Desmares, d’après Jacques Tardi

"Avril ou le monde truqué", de Franck Ekinci et Christian Desmares, d'après l'œuvre graphique de Jacques Tardi © Canal plusComme un préambule à la COP 21

L’œuvre graphique de Jacques Tardi a déjà connu les honneurs d’une adaptation cinématographique avec le film de Luc Besson (2010) tiré des Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec. Néanmoins, le travail du réalisateur de Subway consistait en une incarnation des personnages de la bande-dessinée originelle.

Avec Avril et le monde truqué, les réalisateurs, Franck Ekinci et Christian Desmares, collaborent étroitement avec Tardi pour mettre en en mouvement un univers graphique à part sous sa forme initiale.

L’intrigue d’Avril et le monde truqué virtualise l’histoire contem-poraine. Son élément déclencheur étant la mort dans une explosion de l’empereur Napoléon III à la veille de la bataille de Sedan alors qu’il avait confié à un scientifique le soin de concocter une créature invincible. À partir de là, sans doute, on eût pu croire que le monde allait tourner plus rond, le jeu de dominos des guerres franco-prussiennes s’arrêtant avant de commencer.

Tel n’est évidemment pas le cas…

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Au sommaire de « l’École des lettres », 2, 2015-2016

1_4_couverture_2-2015-2016_couv.1_4L’École des lettres poursuit dans son numéro 2, d’octobre-novembre 2015, l’exploration de la création contem-poraine, et présente des œuvres marquantes accessibles aux élèves – bande dessinée, romans, films – qui permettent, notamment, une réflexion distanciée sur les grands thèmes de société qui font la une des médias.

L’accent est également mis sur la redécouverte d’un classique, Frankenstein, de Mary Shelley, dont une nouvelle adaptation cinématographique sera prochainement dans les salles.

2016 constituera le deuxième temps fort des commémorations de la Première Guerre mondiale : l’École des lettres s’associera dans une prochaine livraison à ces manifestations, qui mobilisent de nombreux établissements, en présentant des analyses d’œuvres qui évoquent cette période.

La langue française évolue, mais quels usages suivre, et comment l’enseigner ? Quatre essais pour faire le point sur le sujet, sans omettre, au-delà de l’école, la question de l’alphabétisation en entreprise et la situation de ces « gens qu’on voit mais qu’on ne regarde pas »…

Comment prendre en charge sa première classe ? De quelle manière concevoir une progression annuelle ? Ces questions sont abordées avec, en toile de fond, une réflexion sur la réforme du collège applicable en 2016 – sur laquelle vos avis sont bien sûr très attendus.

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« Les Prépondérants », d’Hédi Kaddour

"Les Prépondérants", d'Hédi KaddourOn est à Nahbès, au début des années 1920. La petite ville d’un pays du Maghreb, qu’on n’aura aucune peine à se représenter, est bouleversée par l’arrivée d’une équipe venue de Hollywood.

Neil Daintree, cinéaste aux nombreux succès, tourne là un film exotique. La vedette principale est sa femme, Kathryn Bishop ; l’acteur principal, une sorte de double de Valentino, se nomme Francis Cavarro.

En ces temps-là, la ville se divise en deux : d’un côté les locaux, avec Si Ahmed, caïd nommé par les autorités, son fils Raouf qui vient d’être reçu au baccalauréat, et toute une population composée de strates sociales soumises aux règles imposées par les « prépondérants ».

Ces derniers vivent entre eux, sont maîtres de l’essentiel, méprisent les indigènes qu’ils exploitent. Certains se dégagent un peu de l’ensemble, comme Ganthier. Il est le plus gros propriétaire de la région, négocie avec Rania, jeune veuve venue de la capitale dans cette ville, pour enrichir encore ses possessions. Il a fait la guerre dans les tranchées, en est revenu marqué mais pas amer, et on lui connaît surtout un lien solide : celui qu’il entretient avec Kid, son chien.

Le tournage du film attire également de nombreux curieux, ainsi que la journaliste Gabrielle Conti, amie de Rania, et bientôt dans la ligne de mire de Ganthier.
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Dans la cellule : « La Cache », de Christophe Boltanski

"La Cache", de Christophe BoltanskiLa « rue de Grenelle » est l’hôtel particulier dont les Boltanski ont été locataires pendant une longue période. Dans cet endroit habite encore Jean-Élie, frère du plasticien Christian et du sociologue Luc.

C’est le fils de ce dernier, Christophe, connu comme reporter, qui écrit le roman vrai de cette famille étonnante et de ce lieu qui ne l’est pas moins.

Le plan du roman suit celui des pièces ou espaces décrits : la cache, qui donne son titre au livre, y apparaît dans le chapitre intitulé « Entre-deux ». Cet entre-deux désigne un réduit au premier étage, non loin de la salle de bains, également décrite, et des escaliers menant au rez-de-chaussée où tout commence. Le premier lieu décrit est l’intérieur… d’une Fiat 500. C’est en effet grâce à ce « pot de yaourt » que les Boltanski sortaient de leur hôtel particulier, en groupe.

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« On the Way to the Front », mis en scène par Maxime Séchaud

"On the way to the front", mise en scène de Maxime Séchaud, avec les compagnies du Théâtre de l’Ordinaire et de l’Asian People Theater Festival Society

Les masques de la liberté

Les compagnies du Théâtre de l’Ordinaire et de l’Asian People Theater Festival Society nous offrent une émouvante occasion de revenir sur le trafic des travailleurs chinois organisé par les gouvernements français et anglais pendant la première guerre mondiale.

La mise en scène du tout jeune Maxime Séchaud, qui s’inspire du burlesque et de la tragédie des Bourreaux meurent aussi, de Fritz Lang et Bertold Brecht, éveille en nous des questions universelles et atemporelle : Quelles forces agissent en nous ? Comment l’Histoire imprègne-t-elle nos vies ? Comment nos actes peuvent-ils modifier le cours des événements ?

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Pierre Daix, « Aragon retrouvé (1916-1927) »

Pierre Daix, "Aragon retrouvé"Pierre Daix, qui nous a quittés à la fin de l’année dernière, nous laisse un nombre considérable de livres (plus de soixante-dix) dont, parmi ses nombreux essais, plusieurs consacrés à deux créateurs importants du XXsiècle qu’il a personnellement bien connus, Pablo Picasso et Louis Aragon.

Son ultime ouvrage, à partir d’un manuscrit achevé à la veille de sa mort, porte sur l’écrivain et vient compléter la solide biographie publiée en 1975, reprise et augmentée à deux reprises (1994 et 2004) et complétée, il y a peu (2009), par Aragon avant Elsa.

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De la vertu pédagogique des commémorations de la Première Guerre mondiale

"La guerre documentée", 1919Le rideau est tombé sur la première année du cycle de commémorations de la Première Guerre mondiale à Notre-Dame-de-Lorette, ce 11 novembre 2014. L’action pédagogique nationale menée à cette occasion s’est appuyé sur les initiatives locales portées par les équipes pédagogiques. Elle s’est inscrite dans une volonté clairement affichée d’un « travail de mémoire » et de réflexion appliquée à l’« objet » Première Guerre mondiale portant sur la pluridisciplinarité et la pédagogie par projet.

Il ne s’agissait point d’abandonner l’apprentissage des savoirs disciplinaires. Mais de se souvenir que leur organisation dans le cadre scolaire est un héritage pédagogique du XIXe siècle… Chaque discipline ou matière construit un vocabulaire et des outils techniques propres. Mais que sont-ils sans les compétences intellectuelles transversales qui les soutiennent?

Le Centenaire, posé dans ce cadre, a été pensé comme un laboratoire pédagogique. Il peut, nous le croyons, servir à imaginer différemment l’enseignement dispensé aux élèves et la formation des maîtres qui lui est liée, en s’appuyant sur les pratiques mises en œuvre au plus près des classes.

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La guerre des Autres : les colonies dans la Première Guerre mondiale. Traces, récits et mémoires

La guerre des Autres : les colonies dans la Première Guerre mondiale. Traces, récits et mémoiresLes 1er, 2 et 3 décembre prochains, un colloque portant sur La guerre des Autres : les colonies dans la Première Guerre mondiale. Traces, récits et mémoires, se tiendra à l’Université Paris 8, aux Archives nationales et au Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis.

Cette rencontre est organisée par le département Relations euro-méditerranéennes – Monde maghrébin (REMOMA) et le département de Littérature française et francophone de l’Université Paris 8.

Le colloque s’inscrit dans le cadre de l’année thématique « Le siècle commence en 14 », en partenariat avec l’EA 7322 Littérature, Histoires, Esthétique, l’EA 1571 Centre de recherches historiques HISPOSS, le Comité du centenaire 14-18, les Archives nationales, Le Musée d’art et d’histoire de la ville de Saint- Denis, la Cité nationale d’histoire de l’immigration (CNHI), La ville de Saint-Denis, Via Le Monde / Conseil général de Seine Saint-Denis.

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