Velázquez au Grand Palais

Velázquez au Grand PalaisLa chose peut paraître surprenante, mais elle est pourtant vraie : c’est la première fois qu’est montée à Paris une exposition consacrée à Diego Velázquez.

Un peu comme si le grand maître espagnol était appelé à ne pas sortir de son pays, à l’image de ce qui se passe pour ses œuvres conservées au musée du Prado de Madrid, prêtées dans la limite de sept tableaux à la fois.

Lui-même, de son vivant, n’est jamais venu à Paris, préférant comme unique séjour hors de son pays, se rendre en Italie, à deux reprises, pour aller chercher le secret des grands génies de la Renaissance. Ajoutons que la France ne possède de lui que deux tableaux, l’un à Rouen, l’autre à Orléans – plus quelques attributions.

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Dans l’atelier de Vélasquez : « Je suis Juan de Pareja », d’Elizabeth Borton de Treviño

"Je suis Juan de Pareja", d'Elizabeth Borton de TrevinoEn 1989 paraissait à l’École des loisirs un roman dont l’intrigue se situe en plein siècle d’or espagnol, dans l’atelier du peintre Vélasquez. Cet ambitieux récit, publié vingt-quatre ans plus tôt aux États-Unis, avait obtenu, à sa sortie, la très prestigieuse médaille Newbery, qui récompense chaque année le meilleur livre de jeunesse américain.

Bien avant Tracy Chevalier, Elizabeth Borton de Treviño choisissait de convier son lecteur dans l’intimité d’un peintre majeur du XVIIe siècle, grâce, du reste, à un artifice romanesque fort proche de celui employé dans La Jeune Fille à la perle.

En effet, le narrateur n’est autre que l’esclave Juan de Pareja, né à Séville, qui fut l’assistant du peintre et que ce dernier immortalisa dans un tableau aujourd’hui conservé au Metropolitan Museum de New York.

La confection de ce portrait fournit évidemment l’un des épisodes phares du roman, mais elle est loin d’en être le seul sujet. De fait, c’est toute la vie de Juan qu’imagine l’auteur, et ce récit fictif (qui n’est pas un simple prétexte – il n’est, en soi, nullement dénué d’intérêt) permet de suivre pas à pas la longue et brillante carrière de Diego Vélasquez.

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« Chant furieux », de Philippe Bordas : chanter le héros

"Chant furieux", de Philippe BordasDans Chant furieux, la musique et l’idée d’extrémité propre à la furie, dans l’étymologie sont mêlées.

Ce titre, celui du premier roman de Philippe Bordas, photographe et déjà auteur de Forcenés, livre autour du vélo, chante des héros d’aujourd’hui, les « zoniers », et l’un d’entre eux, entré en pleine lumière, Zidane.

L’aède se nomme Mémos, il est né dans la banlieue nord de Paris, comme le footballeur dans le quartier de la Castellane à Marseille. Le roman raconte les cent jours qui séparent l’ultime match d’  » El Zid » au Real Madrid et la finale de la Coupe du monde à Berlin.

Ce soir-là, Zidane qui a conduit son équipe au sommet, risque le geste le plus difficile pour marquer un penalty et réussit avec une parfaite désinvolture cette « panenka ». Il sort sur un carton rouge après un geste rageur qui marquera cette soirée : on se rappelle plus ce coup de boule que la victoire italienne. Zidane aura vécu jusqu’à l’extrême ce dernier moment.

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« Mr Turner » de Mike Leigh – aujourd’hui dans les salles – et « Grace de Monaco » d’Olivier Dahan, deux biopics présentés à Cannes

."Grace de Monaco", d'Olivier DahanCurieusement, le festival de Cannes s’est ouvert cette année sur deux « biopics » (biographical motion true picture), Grace de Monaco, d’Olivier Dahan, et Mr Turner, du grand cinéaste britannique Mike Leigh. Avec Saint Laurent, de Bertrand Bonnello, cela en fait trois.

Ce genre d’abord télévisuel, mais qui existe depuis plus de 30 ans au cinéma, a connu une nouvelle déferlante au début des années 2000 avec La Môme, The Queen, Hitchcock, Lincoln, Edgar.

Sans doute parce qu’il est un moyen de mettre en avant nos grandes figures et de redorer ainsi l’image d’une civilisation occidentale décadente et en mal de reconnaissance à l’heure de la mondialisation.

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