« Collage Résistant(s) » de Mustapha Boutadjine

"Tzigana", de Mustapha Boutadjine, 2010

« Tzigana », de Mustapha Boutadjine, 2010

Mustapha Boutadjine lacère des publicités dans les magazines de luxe. Puis il recolle les morceaux. Il fragmente l’ordre dominant pour célébrer le désordre, la vie.

Ces collages rendent hommage à des personnages emblématiques de notre histoire commune, inconnus ou non, poètes, artistes, militants, scientifiques qui un jour ont dit non. Sa démarche est picturale. Il peint avec le papier.

C’est à la fois son support et son matériau. Une démarche artistique unique, radicale, mémorielle aussi. Sous le titre « Collage Résistant(s) », Mustapha Boutadjine expose une quinzaine de ses créations à la galerie Corinne Bonnet. Il publie parallèlement un superbe ouvrage reprenant l’ensemble de ses œuvres.

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« Le Chemin des forçats », d’Alexandre Soljénitsyne

« Le Chemin des forçats », d'Alexandre SoljénitsyneEntre 1948 et 1952, Alexandre Soljénitsyne, suspecté de jugements séditieux contre Staline, est interné dans un camp de Sibérie. Pour aider à sa survie, pour rendre compte aussi, il décide d’écrire des poèmes qui, à mesure qu’il les compose, sont appris par cœur puis détruits.

Le résultat est un long texte poétique qui prend pour nom Vladimirka, parce que le convoi des bagnards passait par la ville de Vladimir, ou encore Dorojenka, qui en russe signifie « Le Chemin ».

C’est ce nom qui donne son titre au livre, Le Chemin des forçats, traduit de façon élégante par Hélène Henry pour les éditions Fayard qui le publient aujourd’hui.

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Pierre Daix, « Aragon retrouvé (1916-1927) »

Pierre Daix, "Aragon retrouvé"Pierre Daix, qui nous a quittés à la fin de l’année dernière, nous laisse un nombre considérable de livres (plus de soixante-dix) dont, parmi ses nombreux essais, plusieurs consacrés à deux créateurs importants du XXsiècle qu’il a personnellement bien connus, Pablo Picasso et Louis Aragon.

Son ultime ouvrage, à partir d’un manuscrit achevé à la veille de sa mort, porte sur l’écrivain et vient compléter la solide biographie publiée en 1975, reprise et augmentée à deux reprises (1994 et 2004) et complétée, il y a peu (2009), par Aragon avant Elsa.

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« Spartacus & Cassandra », de Ioanis Nuguet

"Spartacus & Cassandra", de Ioanis NuguetSpartacus et Cassandra sont frère et sœur. Ils sont scolarisés dans une école, vraisemblablement de Seine-Saint-Denis.

Leurs parents viennent de Roumanie, mais eux sont nés en France. Ils sont encore attachés à leurs parents, mais ceux-ci ne peuvent pas s’occuper d’eux : la mère mendie et est irresponsable, le père fait certainement des petits trafics, il est malin, n’est pas coupé d’une communauté Rom qui s’est installée comme elle peut en France.

Il culpabilise sans cesse ses enfants et leur dit qu’il ne peut concevoir vivre sans eux, même s’il ne peut pas s’occuper d’eux matériellement. Ils ont rencontré Camille, une jeune femme qui travaille dans un cirque, qui s’est attachée à eux et s’en occupe au quotidien.

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« La Poésie du Brésil. Anthologie du XVIe au XXe siècle », par Max de Carvalho

"La Poésie du Brésil. Anthologie du XVIe au XXe siècle", par Max de CarvalhoUn « Aladin bibliophile », Max de Carvalho, a éveillé des génies littéraires dans une anthologie de poésie du Brésil bilingue où crépitent et se répondent, du XVIe au XXe siècle, à travers les âges et les lieux, le chant du sabiá, le battement d’un cœur épris de saudade, des fleurs caressées par Zéphyr, un être-Musique sacrée, Ye’ pá, dessinée par le vent, ou encore une voix invitant à vivre de brise.

Évoquant l’expérience de la traduction, de la poésie et de la composition anthologique, Max de Carvalho nous souffle quelques bribes de ce « langage sans paroles » qu’il a patiemment tissé entre 2007 et 2012 avec l’aide constante de Magali de Carvalho puis, pour finir, de Françoise Beaucamp.

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50 ans de littérature pour la jeunesse. Raconter hier pour préparer demain, un colloque organisé par le CRILJ

CRILJ - Centre de recherche et d'information sur la littérature pour la jeunesse - Colloque 2015 : 50 ans de littérature pour la jeunesse. Raconter hier pour préparer demainEn 2015, le Centre de recherche et d’information sur la littérature pour la jeunesse (CRILJ) aura cinquante ans. Depuis sa naissance le monde a bien changé mais sans doute encore plus la littérature pour la jeunesse et ceux qui la créent ou l’accompagnent.

À cette occasion deux questions au moins se posent : celle des valeurs et définitions de l’enfance, celle du militantisme en faveur de la culture et de l’éducation populaire. Questions générales que ce colloque traitera au travers de diverses approches touchant à l’édition, à divers genres comme la poésie et le théâtre, les prix, le statut des créateurs, la reconnaissance par l’Éducation nationale, le rôle des médiateurs et l’irruption de l’université dans un domaine qu’elle ignorait le plus souvent.

Avec comme fil conducteur une interrogation sur les effets générationnels. Un tel anniversaire nous invite donc à une distanciation qui n’avait guère cours il y a un demi-siècle, mais ce colloque n’aurait pas de sens s’il ne se voulait aussi une relance pour un idéal qui a conservé toute son actualité.

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« Maestro », de Léa Fazer

"Maestro", de Léa FazerDes études de lettres, de théâtre et enfin de cinéma ont préparé Léa Fazer à la mise en scène et à l’écriture. Son premier long métrage, Bienvenue en Suisse, a été présenté à Cannes en 2004 dans la section Un certain regard.

Maestro résulte d’une collaboration avec Jocelyn Quivrin, interrompue brutalement par la disparition accidentelle du comédien en 2009. Il voulait raconter avec elle l’expérience décisive qu’avait constitué pour lui sa collaboration avec Éric Rohmer sur le tournage des Amours d’Astrée et de Céladon : sa rencontre de jeune homme passionné de séries américaines du type Fast and furious avec un maître du cinéma d’auteur, et surtout sa métamorphose de garçon inculte et à l’humour bas de gamme au contact d’un être suprêmement cultivé et raffiné.

 

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« L’Institutrice », de Nadav Lapid

"L'Institutrice", de Navad LapidL’institutrice Nira décèle chez le petit Yoav, un enfant de cinq ans, des dons extraordinaires pour la poésie.

Visiblement inspiré au sens fort du terme, comme le suggère son prénom – qui est celui du neveu du roi David, dérivé du nom de Dieu d’Israël et du mot père et signifiant « Dieu du père » –, il profère des poèmes, que recueille scrupuleusement sa nounou.

Nira elle-même écrit des poèmes comme pour échapper à la banalité de sa vie conjugale avec un mari matérialiste et sans imagination. Subjuguée par le talent précoce de Yoav, elle voit dans le fait d’être avec lui un bonheur et une mission. Du coup, obsédée par le jeune et mystérieux prodige, elle s’intéresse moins à ses propres enfants – adultes il est vrai – et décide d’encourager ses prédispositions, envers et contre tous, y compris le père de Yoav.

Cette entreprise désespérée lui fait franchir la ligne de la raison et de la loi.

 

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