« Suzanne », de Katel Quillévéré

"Suzanne", de Katell QuillévéréSuzanne. La chanson de Leonard Cohen, que l’on attend sans y penser vraiment, s’immisce pourtant puis s’impose sur les dernières images du film, dans une version interprétée en public à Rome par Nina Simone en 1969,  interprétation complètement décalée, et comme « déplacée », « à côté ».

À vrai dire, les mots de Cohen – on pense au très célèbre « And you know that she’s half crazy / But that’s why you want to be there » – s’appliquent bien mal à l’héroïne de ce film qui vous prend au cœur sans en avoir l’air et ne vous quitte plus vraiment ensuite, comme s’il était devenu, avec son heure et demie censée couvrir un quart de siècle, une partie de votre propre vie, une suite de souvenirs qui seraient vôtres.

C’est malgré tout le choix pour finir de cette mélodie du Canadien errant qui achève de tisser en nous ce lien avec l’incompréhensible, avec ce qui nous échappe – d’un être, d’une situation, d’une vie.

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« Le garçon incassable », de Florence Seyvos, prix Renaudot poche 2014

florence-seyvos-le-garcon-incassableFragiles et invulnérables

À  la toute fin du récit écrit par Florence Seyvos, un enfant va naître. Le dernier mot du livre est aussi le vœu de la mère : que cet enfant soit incassable.

Elle-même est une inquiète, une craintive perpétuelle qui ose à peine traverser la rue pour s’acheter une cannette. Elle voudrait donc un fils incassable, comme l’étaient, à leur manière, Henri, son demi-frère, et Buster Keaton, le cinéaste et acteur, dont la légende voulait qu’il ne sourie jamais.

Le Garçon incassable est l’histoire parallèle de ces deux hommes.

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