Échos du Congo

beaute-congoAu cœur de l’Afrique centrale, deux pays se déploient sur les rives du même fleuve Congo. Deux pays aux destins à la proximité culturelle importante et à la créativité hors pair.

À Paris, une exposition, « Beauté Congo 1926-2015 », qui se prolonge jusqu’au 10 janvier 2016, présente des œuvres d’une sélection d’artistes congolais contemporains. L’occasion de prolonger le parcours visuel par quelques pistes littéraires, puisque les écrivains congolais se sont fait depuis longtemps déjà une place chez les éditeurs parisiens, à l’épicentre de la francophonie littéraire et sur les rives de la Seine. Lire la suite

Patrice Chéreau, un musée imaginaire

Patrice Chéreau, un musée imaginaireLa Collection Lambert à Avignon a réouvert ses portes et présente jusqu’au 11 octobre 2015 une exposition en hommage à Patrice Chéreau.

Les salles d’exposition font entrer en résonance des œuvres contemporaines et anciennes avec les créations de Chéreau pour le théâtre, l’opéra et le cinéma, elles-mêmes si souvent inspirées par les visages et les corps peints par Géricault, Titien ou Courbet.

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Velázquez au Grand Palais

Velázquez au Grand PalaisLa chose peut paraître surprenante, mais elle est pourtant vraie : c’est la première fois qu’est montée à Paris une exposition consacrée à Diego Velázquez.

Un peu comme si le grand maître espagnol était appelé à ne pas sortir de son pays, à l’image de ce qui se passe pour ses œuvres conservées au musée du Prado de Madrid, prêtées dans la limite de sept tableaux à la fois.

Lui-même, de son vivant, n’est jamais venu à Paris, préférant comme unique séjour hors de son pays, se rendre en Italie, à deux reprises, pour aller chercher le secret des grands génies de la Renaissance. Ajoutons que la France ne possède de lui que deux tableaux, l’un à Rouen, l’autre à Orléans – plus quelques attributions.

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Michelangelo Antonioni, un cinéaste toujours contemporain

Antonioni aux origines du pop« Antonioni, aux origines du pop » : tel est le titre que ses commissaires ont donné à l’exposition qui se tient à Paris jusqu’à la mi-juillet. Consacrée au cinéaste Michelangelo Antonioni, elle donne à découvrir un univers varié, qui couvre bien sûr le cinéma, mais aussi les arts plastiques, la musique et l’architecture.

Né à Ferrare en 1912, le cinéaste est un fils de cette ville située non loin du Pô, conçue par des artistes de la Renaissance, que Chirico aurait pu peindre. Cette ville discrète et élégante, rêvée, transfigurée même, par son ami d’enfance Giorgio Bassani qui résumait en quatre mots la personnalité du jeune Michelangelo : « forme, style, rigueur, silence ».

Ces termes sont comme un programme que l’auteur du Cri ou de La Nuit a rempli tout au long de son existence. L’exposition comme le catalogue en offrent une bonne illustration.

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Dans l’atelier de Vélasquez : « Je suis Juan de Pareja », d’Elizabeth Borton de Treviño

"Je suis Juan de Pareja", d'Elizabeth Borton de TrevinoEn 1989 paraissait à l’École des loisirs un roman dont l’intrigue se situe en plein siècle d’or espagnol, dans l’atelier du peintre Vélasquez. Cet ambitieux récit, publié vingt-quatre ans plus tôt aux États-Unis, avait obtenu, à sa sortie, la très prestigieuse médaille Newbery, qui récompense chaque année le meilleur livre de jeunesse américain.

Bien avant Tracy Chevalier, Elizabeth Borton de Treviño choisissait de convier son lecteur dans l’intimité d’un peintre majeur du XVIIe siècle, grâce, du reste, à un artifice romanesque fort proche de celui employé dans La Jeune Fille à la perle.

En effet, le narrateur n’est autre que l’esclave Juan de Pareja, né à Séville, qui fut l’assistant du peintre et que ce dernier immortalisa dans un tableau aujourd’hui conservé au Metropolitan Museum de New York.

La confection de ce portrait fournit évidemment l’un des épisodes phares du roman, mais elle est loin d’en être le seul sujet. De fait, c’est toute la vie de Juan qu’imagine l’auteur, et ce récit fictif (qui n’est pas un simple prétexte – il n’est, en soi, nullement dénué d’intérêt) permet de suivre pas à pas la longue et brillante carrière de Diego Vélasquez.

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Sonia Delaunay, les couleurs de l’abstraction

Sonia Delaunay, les couleurs de l’abstractionAprès la grande rétrospective parisienne de 1967 qui l’avait révélée au grand public, Sonia Delaunay est de nouveau à l’affiche au musée d’Art moderne de la Ville de Paris.

L’artiste, d’origine ukrainienne (elle naquit à Odessa en 1885), disparue en 1979, est devenue aujourd’hui une de figures les plus représentatives de l’art abstrait.

L’exposition, ouverte le 17 octobre et qui accueillera le public jusqu’au 22 février 2015 (avant d’émigrer à Londres à la Tate Modern entre le 15 avril et le 16 août), a précisément pour titre « Les couleurs de l’abstraction ».

 

 

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« Shirley. Visions of Reality », de Gustav Deutsch, un voyage dans la peinture de Edward Hopper

"Shirley. Visions of reality", de Gustav DeutschTous ceux qui aiment le peintre Edward Hopper et ont vu l’exposition qui lui a été consacrée au Grand Palais aimeront retrouver sa peinture dans le film de Gustav Deutsch, Shirley. Visions of Reality, un voyage dans la peinture de Edward Hopper. Un film à la démarche originale, puisqu’il tente de retrouver derrière les œuvres du peintre réputé hyperréaliste un peu de la réalité vécue qui les a inspirées.

Artiste et documentariste autrichien, Gustav Deutsch s’est spécialisé dans la réalisation à partir de « found footage », séquences de films récupérées un peu partout. Il s’est voulu phénoménologue du cinéma comme médium dans sa trilogie Film ist, réalisée en collaboration avec les archives cinématographiques européennes et américaines. Depuis 2003, il dirige avec sa compagne et collaboratrice Hanna Schimek un forum pour l’art et la science, le Light / Image – The Aegina Academy.

Avec ce film, il prend pour point de départ treize tableaux de Edward Hopper et, en leur donnant vie par la mise en scène, reconstitue par une sorte de diaporama la vie quotidienne des Américains entre les années 1930 et 1960, à travers la vie d’un couple fictif emblématique, la comédienne Shirley et son époux photojournaliste, directement inspirés du peintre et de son principal modèle, sa femme Joséphine.

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« Mr Turner », de Mike Leigh, biopic ou œuvre picturale ?

Mr Turner

 

Mr Turner du grand cinéaste britannique Mike Leigh est un biopic. Ce genre d’abord télévisuel, mais qui existe depuis plus de trente ans au cinéma, a connu une nouvelle déferlante au début des années 2000 avec La Môme, The Queen, Hitchcock, Lincoln, Edgar, sans doute parce qu’il est un moyen de mettre en avant de grandes figures et de redorer ainsi l’image d’une civilisation occidentale décadente et en mal de reconnaissance à l’heure de la mondialisation.

C’est une valeur sûre au box office des directeurs de salles de cinéma. Genre à succès, aux limites floues, le biopic emprunte à tous les autres genres, du western à l’opérette. Oscillant entre les approximations historiques et le récit d’aventures romanesques, il obéit cependant à des contraintes narratives spécifiques.

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