« Titus n’aimait pas Bérénice », de Nathalie Azoulai. Écrire la passion

"Titus n'aimait pas Bérénice", de Nathalie AzoulaiAu début, Bérénice, Titus, Roma. Trois personnages d’aujourd’hui. La première aime le deuxième qui… On devine. Ces trois êtres qui échangent par SMS ou mobile s’effacent bientôt devant une autre Bérénice, un autre Titus. Le monde de Jean Racine revient, avec le dramaturge et ses contemporains : La Fontaine, Nicolas Boileau, un certain François, libertin au sens que prend ce mot au XVIIe siècle.

On en est à examiner ce qu’on mettra fortement en question au siècle suivant. Mais libertin a également le sens qu’on donne au terme, avec l’idée de liberté. Une liberté que Racine se donne, même s’il est pris dans un écheveau de contradictions.

Lesquelles tiennent à sa relation avec le roi, le pouvoir en général, la gloire et l’argent, une relation rendue délicate par son éducation à Port-Royal.

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« Il racconto dei racconti » (« Le Conte des contes »), de Matteo Garrone

tales-of-talesIl racconto dei racconti (Le Conte des contes) est le recueil le plus ancien d’Europe, écrit au XVIe siècle en napolitain par Jean Baptiste Basile, qui puisait beaucoup dans la Bible.

C’est lui qui a inspiré les frères Grimm et Perrault. On ne s’étonnera donc pas de trouver dans le film de Matteo Garrone leurs thèmes favoris, la stérilité féminine vaincue, l’affrontement de la Belle et de la Bête, les ogres, les fées et les sorcières.

L’Animalité y est omniprésente, incitant à se demander qui est plus monstrueux des bêtes ou des hommes, question philosophique qui habite le cinéma italien depuis Monicelli et Fellini.

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« Frères de terroirs », par Jacques Ferrandez et Yves Camdeborde

Jacques Ferrandez, Yves Camdeborde, "Frères de terroirs", Rue de Sèvres, 2014Du producteur au lecteur

« Moi tout seul, je ne suis rien », dit Yves Camdeborde au début de Frères de terroirs.

Pour cette bande dessinée, accompagné du dessinateur Jacques Ferrandez, le célèbre chef est allé rendre visite à ses fournisseurs, des vignerons, éleveurs, artisans, pêcheurs qu’il connaît depuis toujours.

« Nous avions envie de faire un album ensemble, Yves et moi, explique Jacques Ferrandez. Il s’agissait de témoigner de la manière dont Yves travaille avec les producteurs qu’il va voir un peu partout en France. Ce qui m’intéressait c’est cette histoire humaine, cette histoire d’amitié et de fraternité. »

Ce n’est pas le premier ouvrage d’Yves Camdeborde, cinquante ans, dont trente-six passés derrière les fourneaux. Mais c’est la première fois que ce chef médiatique devient, à l’instar d’Astérix, héros d’une bande dessinée. Si l’on considère son combat, le parallèle avec le célèbre petit Gaulois n’est pas anodin. Et loin d’être perdu.

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Globe, des histoires vraies qui donnent des pistes pour débuter dans la vie

tres bon plan.inddCréées en 2012 par l’école des loisirs, les éditions Globe publient des histoires vraies – reportages au long cours, récits, autobiographies – mettant en scène des héros bien réels.

Inspirées par une forme de journalisme où l’auteur s’engage dans son récit, les éditions Globe ont pour ambition de raconter l’histoire actuelle de manière vivante et incarnée, et de donner aux jeunes adultes des pistes pour débuter dans la vie.

Une thématique se dégage nettement du premier catalogue : l’apprentissage et la formation professionnelle.

Valentine Gay, qui anime ce projet éditorial auquel seront sensibles lycéens et étudiants, parents et enseignants, précise ici la démarche adoptée.

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« Carmen » à l’Opéra Bastille

Affiche de Carmen à l'Opéra Bastille

Affiche de Carmen à l’Opéra Bastille

Mérimée, Meilhac et Halévy, Georges Bizet, autant de couches d’écriture et d’images de Carmen qui se superposent. Quand un metteur en scène ajoute à ces images sa vision personnelle de l’opéra, il peut littéralement métamorphoser le personnage titre. C’est ce que fait Yves Beaunesne. Après la mise en scène flamboyante d’Alfredo Arias dans des décors de Roberto Platé, en 1997, reprise en 1998, 1999, 2000 et 2002, il imagine une Carmen moderne, influencée par le cinéma et l’Espagne de la Movida.

Carmen n’est plus la farouche et voluptueuse gitane de Mérimée, aux cheveux à reflets bleus comme l’aile d’un corbeau. Sa chevelure platine et sa petite robe en lamé noir lui donnent des airs de Marlène Dietrich ou de Pénélope Cruz, teinte en blonde dans Les Étreintes brisées de Pedro Almodovar. Parti pris intéressant a priori.

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« Wuthering Heights » («Les Hauts de Hurle-Vent»), d’Andrea Arnold

Affiche Les Hauts de HurleventDe 1920 à 2011, le cinéma a beaucoup fait pour populariser l’unique roman d’Emily Brontë, immense succès de librairie dès sa sortie en 1847.

Mais beaucoup de ces adaptations ne traitent pas les quarante années de l’histoire, s’arrêtant à la première génération de personnages.

De plus, elles faussent la tonalité du roman, réduit aux amours contrariées des deux héros, sans traiter la vengeance impitoyable d’Heathcliff (c’est le cas notamment de celle, particulièrement édulcorée, de William Wyler en 1939, avec Merle Oberon et Laurence Olivier).

Seul Jacques Rivette, quoique transposant l’intrigue dans le midi de la France, donne, dans Hurlevent (1985) une idée des sanglantes rivalités familiales qui s’ensuivent. Lire la suite