« Winter Sleep », de Nuri Bilge Ceylan

"Winter Sleep", de Nuri Bilge CeylanCe septième long métrage de Nuri Bilge Ceyla, déjà primé à Cannes pour Uzak (2002), Les Trois singes (2008) et Il était une fois en Anatolie  (2011), a remporté cette année la Palme d’or.

Dans Climats (2006), le cinéaste turc avait montré que toute vie humaine, toute histoire d’amour a ses saisons. Winter Sleep met en scène l’hiver d’un comédien vieillissant reconverti en hôtelier, Aydin, entouré de sa sœur récemment divorcée et de sa jeune épouse Nihal.

Aydin a depuis longtemps enterré ses émotions sous une carapace de mépris et de cynisme. Son mariage est entré dans une phase critique. La différence d’âge en est-elle la seule raison ? Le froid rigoureux de la Cappadoce y est-il pour quelque chose ? Ou cet incident malencontreux qui révèle toute la perversité dont l’arrogant Aydin est capable à l’égard de ses fermiers ?

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« The Tree of Life » – « L’Arbre de vie » –, de Terrence Malick, Palme d’or du festival de Cannes

Trente-deux ans après Les Moissons du ciel, Terrence Malick obtient la Palme d’or à Cannes avec une épopée lyrique, cosmique, biblique. Ce cinéaste culte, qui n’a réalisé que cinq films, a été formé par l’étude de la philosophie à Harvard et par une foi inébranlable.

Dépassant l’alternative qu’il propose d’emblée à l’homme entre la Nature et la Grâce, son film affiche la croyance en un Dieu qui serait, comme celui de Spinoza, la nature elle-même. Dans toute son œuvre, le cinéaste n’a cessé de s’interroger sur la place de l’homme dans l’Univers, qu’il contemple pour y trouver des réponses. Une telle exigence philosophique et esthétique a fait de lui un cinéaste majeur, dont chaque film est attendu – longtemps – avec une curiosité passionnée.

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