La genèse de « Madame Bovary » dans la correspondance de Flaubert

Gustave Flaubert par Carjat, 1870 © Centre Flaubert, université de Rouen

Gustave Flaubert par Carjat, 1870 © Centre Flaubert, université de Rouen

Madame Bovary est au programme de littérature de terminale littéraire pour les deux années qui viennent. On a beaucoup écrit sur ce roman et les professeurs le connaissent bien. Cependant la perspective d’étude « Lire-écrire-publier » implique un travail en amont et en aval de l’œuvre.

Comme l’indique le Bulletin officiel : « Le travail sur le domaine “lire-écrire-publier” invite les élèves « à une compréhension plus complète du fait littéraire, en les rendant sensibles, à partir d’une œuvre et pour contribuer à son interprétation, à son inscription dans un ensemble de relations qui intègrent les conditions de sa production comme celles de sa réception ou de sa diffusion ».

L’étude de la genèse du texte y est recommandée : « Pour l’étude de Madame Bovary de Gustave Flaubert, le professeur privilégiera l’analyse de la genèse qui permet aux élèves de pénétrer dans le laboratoire de l’écrivain et de s’interroger sur le processus de création du roman », et il renvoie à une source précieuse : « La correspondance de Flaubert avec ses contemporains, véritable essai sur l’art romanesque, permet de mieux comprendre la genèse du roman, révélant l’épreuve d’une écriture qui rompt avec le mythe de l’inspiration. »

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Dominique Noguez, « La Véritable Origine des plus beaux aphorismes »

Dominique Noguez, "La Véritable Origine des plus beaux aphorismes"L’occasion nous est donnée, avec la parution du dernier livre de Dominique Noguez, La Véritable Origine des plus beaux aphorismes, de rendre un hommage appuyé à une catégorie, rare et précieuse, dont il est un des meilleurs représentants, les amateurs de citations, encore appelés, suivant le mot d’un ami cher atteint du même mal, les « citatologues ».

Mais pas de méprise sur le mot « amateur », qui ne désigne pas ici le désinvolte mondain qui parsème ses propos de salon d’emprunts approximatifs dont il ignore d’où ils viennent, qui les a prononcés, voire ce qu’ils veulent dire. Non, notre amateur est « éclairé ».

C’est un érudit de l’aphorisme, un esthète de la référence, un maniaque de la paternité littéraire. Sa minutie confine à la pathologie : « J’ai cette maladie, écrit Dominique Noguez à la première ligne de sa postface, je veux toujours savoir qui est l’auteur véritable d’une citation. » Et, plus loin, il évoque sa famille et sa pratique, « cette sorte d’archéologie ou de paléontologie du bon sens ».

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