« Azur et Asmar », de Michel Ocelot, ou l’actualité brûlante d’un conte sur pellicule

"Azur et Asmar", de Michel OcelotLa une du Parisien du jeudi 15 janvier 2015 établissait comme attendu que la ligne de fracture de l’unité et de l’unanimité nationale s’exprime en tout premier lieu à l’école : le terme « école » devant être compris ici dans son sens large. Il devient ainsi impératif de poursuivre l’action civique en ne jetant pas de l’huile sur le feu sans pour autant céder à l’étouffement de la pensée critique.

C’est à cette fin que nous proposons quelques activités à partir du film de Michel Ocelot, Azur et Asmar (2006). Nous avons interrogé le réalisateur lui-même pour connaître les motivations qui ont présidé à la création de ce film remarquable.

Michel Ocelot est un réalisateur exigeant attaché aux belles images, aux beaux messages et aux belles histoires. On lui doit le célèbre Kirikou, esprit précoce et libre s’il en est ! Que ce soit dans Princes et Princesses ou dans Azur et Asmar – film à partir duquel nous proposons une activité pédagogique à destination des élèves de cycle 3 /sixième –, nous retrouvons la même volonté de combattre les préjugés et de nourrir l’esprit critique des « petits » et des « grands ».

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« Timbuktu », d’Abderrahmane Sissako : l’art contre la barbarie

Timbuktu« Il n’y a pas de choc de civilisations. Il y a des rencontres de civilisations », a dit Abderrahmane Sissako pour conclure ses remerciements après avoir reçu le César du meilleur réalisateur et celui du meilleur film de l’année 2014.

C’est vrai pour les hommes de bonne volonté. Pas pour les autres, ceux qui font triompher la haine sur l’amour.

Timbuktu nous emmène en Mauritanie pour raconter comment la ville de Tombouctou est tombée sous le joug des extrémistes religieux et les répercussions de ce régime sur ses habitants.

Le film s’ouvre sur une étendue de sable inondée d’une lumière chaude et dorée, image d’une paix inébranlable sur laquelle file en bondissant une gazelle agile. Quel symbole!…

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Semaine d’éducation contre le racisme et l’antisémitisme, 16-21 mars 2015

La Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale est célébrée chaque année le 21 mars.

En proclamant cette journée en 1966, l’Assemblée générale de l’ONU a engagé la communauté internationale à redoubler d’efforts pour éliminer toutes les formes de discrimination raciale.

Le ministère de l’Éducation rappelle, sur le site Éduscol, que « la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, Grande Cause nationale 2015, s’inscrit pleinement dans la Grande mobilisation de l’école pour les valeurs de la République »  et que la Semaine d’éducation contre le racisme et l’antisémitisme, du 16 au 21 mars 2015, constitue, pour l’ensemble de la communauté éducative et les partenaires de l’école, « un temps fort de réflexion et d’action pour faire vivre les valeurs de respect, de dignité et d’égalité« .

 

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La morale républicaine à l’école : des principes à la réalité

Ministère de l'Éducation nationale

La conférence de presse du 22 janvier 2015 de Najat Vallaud-Belkacem aurait dû être en principe celle des vœux pieux à la communauté éducative. Mais l’actualité s’est invitée avec cruauté, appelant plus que de simples paroles de circonstances. La ministre de l’Éducation nationale n’avait donc pas le droit à l’erreur en des temps où la parole politique forte devient une impérieuse nécessité.

Il apparaissait ainsi essentiel de revenir honnêtement sur la difficulté de réguler les échanges sur les événements tragiques encore omniprésents dans la mémoire collective.

Par là même, on peut savoir gré à la ministre de pointer du doigt les points de vue déviants exprimés par certains élèves endoctrinés par des discours-slogans et vulnérables aux théories fumeuses circulant sur la Toile.

L’éducation aux médias apparaît de fait pour Najat Vallaud-Belkacem comme la première clef pédagogique pour combattre les tentations obscurantistes. On ne peut que lui donner raison tout en rappelant que la presse a perdu du poids dans la circulation des idées et que le premier chantier à réinvestir reste l’appropriation du texte par les élèves. Pas simplement la « une » ou le titre choc, mais le texte, soit un énoncé susceptible de déployer ses réseaux de signification. En ce sens, très concrètement, la Semaine de la presse ne justifie-t-elle pas de redevenir une obligation pédagogique citoyenne – et ce dès les plus petites classes ?

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