Michelangelo Antonioni, un cinéaste toujours contemporain

Antonioni aux origines du pop« Antonioni, aux origines du pop » : tel est le titre que ses commissaires ont donné à l’exposition qui se tient à Paris jusqu’à la mi-juillet. Consacrée au cinéaste Michelangelo Antonioni, elle donne à découvrir un univers varié, qui couvre bien sûr le cinéma, mais aussi les arts plastiques, la musique et l’architecture.

Né à Ferrare en 1912, le cinéaste est un fils de cette ville située non loin du Pô, conçue par des artistes de la Renaissance, que Chirico aurait pu peindre. Cette ville discrète et élégante, rêvée, transfigurée même, par son ami d’enfance Giorgio Bassani qui résumait en quatre mots la personnalité du jeune Michelangelo : « forme, style, rigueur, silence ».

Ces termes sont comme un programme que l’auteur du Cri ou de La Nuit a rempli tout au long de son existence. L’exposition comme le catalogue en offrent une bonne illustration.

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« Métamorphoses », de Christophe Honoré, d’après Ovide

"Métamorphoses", de Christophe HonoréQuand on interroge Christophe Honoré sur ses souvenirs scolaires d’Ovide, il répond :

« En cinquième et quatrième, dans les cours de latin, je trouvais les versions d’Ovide beaucoup plus amusantes que Les Lettres de mon moulin, et cette culture gréco-romaine qui m’avait beaucoup séduit m’a guidé plus tard dans mes lectures. Mais je n’ai pas d’autres souvenirs : il n’y a pas de films, pas d’actualité culturelle d’Ovide. Pourtant, ces mythes sont des histoires connues de tous, du moins dans leurs grandes lignes : Narcisse, Pan, Orphée, Jupiter, Europe sont les matrices originelles de nos récits, encore de nos jours. »

« Je me propose de dire les métamorphoses des choses en des corps nouveaux. »

Ce vers d’Ovide est pour Christophe Honoré la définition même du cinéma, d’un cinéma idéal, et une incitation directe à tenter de l’atteindre. C’est ce qui l’attire dans cet art, la possibilité de métamorphoser le réel en quelque chose de nouveau afin d’échapper à l’illusion réaliste. Alors pourquoi ne pas aller voir du côté des mythes grecs naturalisés romains et en éprouver la force à l’aune de la modernité ?

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