Le Salon de Montreuil : le temple des livres de jeunesse

Salon du livre et de la presse jeunesse 2014Il n’y a pas eu de coups de canon le 26 novembre 2014 pour l’inauguration de la trentième année du Salon du livre et de la presse jeunesse (SLPJ). Ici, dès le départ, il va de soi en effet que ce ne sont que les mots de l’imaginaire qui tonnent et font office de sésame laissant en son seuil les maux réels et les déflagrations de l’actualité.

Depuis sa création, le succès du « Salon » est allé grandissant, validant l’idée maintenant largement partagée que l’édition « jeunesse » demeure très certainement l’avenir de l’édition en général, qu’il s’agisse du livre ou de la presse.

On comprend dès lors combien ce rendez-vous annuel constitue un lieu de rencontre inter-catégoriel incontournable où chacun – éditeur, auteur, professeur, documentaliste, bibliothécaire, libraire et lecteur – pourra partager avec chacun de ses partenaires son goût pour la « transmission ».

 

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« Métamorphoses », de Christophe Honoré, d’après Ovide

"Métamorphoses", de Christophe HonoréQuand on interroge Christophe Honoré sur ses souvenirs scolaires d’Ovide, il répond :

« En cinquième et quatrième, dans les cours de latin, je trouvais les versions d’Ovide beaucoup plus amusantes que Les Lettres de mon moulin, et cette culture gréco-romaine qui m’avait beaucoup séduit m’a guidé plus tard dans mes lectures. Mais je n’ai pas d’autres souvenirs : il n’y a pas de films, pas d’actualité culturelle d’Ovide. Pourtant, ces mythes sont des histoires connues de tous, du moins dans leurs grandes lignes : Narcisse, Pan, Orphée, Jupiter, Europe sont les matrices originelles de nos récits, encore de nos jours. »

« Je me propose de dire les métamorphoses des choses en des corps nouveaux. »

Ce vers d’Ovide est pour Christophe Honoré la définition même du cinéma, d’un cinéma idéal, et une incitation directe à tenter de l’atteindre. C’est ce qui l’attire dans cet art, la possibilité de métamorphoser le réel en quelque chose de nouveau afin d’échapper à l’illusion réaliste. Alors pourquoi ne pas aller voir du côté des mythes grecs naturalisés romains et en éprouver la force à l’aune de la modernité ?

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« Je suis en 3e j’adore lire et j’adore écrire je veux devenir prof de littérature mais pour être prise dois-je faire du latin ou du grec ?» – Les réponses d’une classe de Première Bac Pro

Portrait de jeune femme écrivant avec un stylet sur des tablettes de bois enduites de cire. Fresque, PompéiParce qu’enseigner aujourd’hui c’est aussi prendre en compte les besoins des élèves pour enrichir leur vie culturelle personnelle, une expérience a été menée cette année pour initier des élèves de lycée professionnel aux langues et cultures de l’Antiquité.

C’est ainsi qu’une classe de première professionnelle gestion-administration du lycée François-Truffaut a bénéficié d’un cycle d’initiation au latin et au grec durant l’accompagnement personnalisé.

Ce cycle a été modeste, mais visait un objectif très ambitieux : montrer aux élèves qu’ils étaient capables de suivre un enseignement exigeant de façon totalement « gratuite ». En effet, cet enseignement ne s’inscrit pas dans les programmes officiels du bac pro, il n’est pas évalué à l’examen. Il convient de souligner que les programmes de lettres des lycées professionnels sont riches en références  à la culture classique, ce qui crée une appétence significative auprès des élèves.

Il en découle que les élèves prennent conscience que leur parcours ne leur donne pas accès aux langues anciennes, ni à la philosophie, ni aux options artistiques. Ils le verbalisent et s’interrogent – nous interrogent –  sur cette absence, qu’ils expriment comme un manque.

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