« Star Wars, une saga, un mythe », de Laurent Aknin

"Star Wars, une saga un mythe" de Laurent AkninAvec Star Wars, une saga, un mythe, Laurent Aknin signe un ouvrage de référence qui montre la valeur d’une œuvre pourtant bien souvent dénigrée.

Destiné aussi bien aux fans de la saga qu’aux cinéphiles, ce petit dictionnaire offre une mine de réflexions stimulantes qui situent l’œuvre de Georges Lucas dans la double perspective de l’histoire du cinéma et des grands mythes de l’humanité qui ont inspiré les scénaristes.

Laurent Aknin a délibérément orienté sa réflexion – les sous titre l’indiquent – dans le sens d’une interrogation sur le récit que constituent les deux trilogies de George Lucas et sur leurs fondements.

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« Il racconto dei racconti » (« Le Conte des contes »), de Matteo Garrone

tales-of-talesIl racconto dei racconti (Le Conte des contes) est le recueil le plus ancien d’Europe, écrit au XVIe siècle en napolitain par Jean Baptiste Basile, qui puisait beaucoup dans la Bible.

C’est lui qui a inspiré les frères Grimm et Perrault. On ne s’étonnera donc pas de trouver dans le film de Matteo Garrone leurs thèmes favoris, la stérilité féminine vaincue, l’affrontement de la Belle et de la Bête, les ogres, les fées et les sorcières.

L’Animalité y est omniprésente, incitant à se demander qui est plus monstrueux des bêtes ou des hommes, question philosophique qui habite le cinéma italien depuis Monicelli et Fellini.

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« Vincent n’a pas d’écailles », de Thomas Salvador

"Vincent n'a pas d'écailles", de Thomas SalvadorC’est peu de dire que Vincent aime l’eau. Elle est son élément naturel. Dès les premières images du film de Thomas Salvador, il s’y ébroue, y nage, y plonge, y ondule, y crawle, y papillonne.

Lacs, torrents, fontaines, canaux, lavoirs, mais aussi baignoire, douche, pluie tout lui est bon. Jusqu’au moindre seau d’eau. Pourquoi ?

Parce qu’il s’y ressource, s’y régénère et y puise une force extraordinaire. Sec, il est un homme normal ; mouillé, il devient invincible, Vincent.

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« L’Oubli », de Frederika Amalia Finkelstein : mémoire mécanique

Frederika Amalia Finkelstein, "L'Oubli"

C’est un roman qui dérange, qui trouble. Ce qui est une bonne chose. Il est le fait d’une jeune femme qui ne peut savoir du XXe siècle et de son horreur profonde que ce que les ultimes survivants peuvent en raconter.

C’est donc le roman d’une transition vers l’absence de témoins, vers l’oubli, l’enfouissement ou la négation. La parole tend à disparaître, ou à n’exister plus que dans les témoignages filmés ou enregistrés. C’est avec cette réalité, contre elle aussi, que Frederika Amalia Finkelstein écrit son premier roman.

La narratrice a entre vingt et vingt cinq ans, un nom proche de celui de l’auteur qui a aussi cet âge. Alma traverse Paris pendant une nuit, et cherche à oublier, en marchant : « Je le dis sans honte : je veux oublier, anéantir cette infâme Shoah dans ma mémoire et l’extraire comme une tumeur de mon cerveau. » Il suffit pourtant qu’elle annonce ce programme dans l’incipit pour que tout s’enclenche et que chacune de ses pensées s’associe à cet événement.

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