« Les Prépondérants », d’Hédi Kaddour

"Les Prépondérants", d'Hédi KaddourOn est à Nahbès, au début des années 1920. La petite ville d’un pays du Maghreb, qu’on n’aura aucune peine à se représenter, est bouleversée par l’arrivée d’une équipe venue de Hollywood.

Neil Daintree, cinéaste aux nombreux succès, tourne là un film exotique. La vedette principale est sa femme, Kathryn Bishop ; l’acteur principal, une sorte de double de Valentino, se nomme Francis Cavarro.

En ces temps-là, la ville se divise en deux : d’un côté les locaux, avec Si Ahmed, caïd nommé par les autorités, son fils Raouf qui vient d’être reçu au baccalauréat, et toute une population composée de strates sociales soumises aux règles imposées par les « prépondérants ».

Ces derniers vivent entre eux, sont maîtres de l’essentiel, méprisent les indigènes qu’ils exploitent. Certains se dégagent un peu de l’ensemble, comme Ganthier. Il est le plus gros propriétaire de la région, négocie avec Rania, jeune veuve venue de la capitale dans cette ville, pour enrichir encore ses possessions. Il a fait la guerre dans les tranchées, en est revenu marqué mais pas amer, et on lui connaît surtout un lien solide : celui qu’il entretient avec Kid, son chien.

Le tournage du film attire également de nombreux curieux, ainsi que la journaliste Gabrielle Conti, amie de Rania, et bientôt dans la ligne de mire de Ganthier.
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« Exodus : Gods and Kings », de Ridley Scott

« Exodus : Gods and Kings », de Ridley ScottRidley Scott s’est imposé comme l’un des plus grands réalisateurs en revisitant systématiquement tous les genres : il a renouvelé la science-fiction avec Alien (1979) et Blade runner (1982) par une réflexion philosophique et un travail très sophistiqué de l’image ; le polar avec Traquée (1987) et Black rain (1989); le road movie avec Thelma et Louise (1991), l’équipée de deux pétroleuses pathétiques ; le film historique avec Christophe Colomb (1992) et l’épopée marine avec Lame de fond (1996).

Son originalité consiste dans l’alliance d’un sens très sûr de l’impact médiatique, d’une parfaite maîtrise technique, d’une solide culture historique et cinématographique et d’une grande exigence esthétique.

Avec Gladiator, il a remis le péplum au goût du jour en 2000. Depuis, ce genre kitsch et mégalomaniaque des années 50 et 60 ne cesse de donner lieu à de nouveaux films très ambitieux, comme le Noé de Darren Aronofsky en 2013. Exodus : Gods and Kings s’inscrit donc dans une veine épique contemporaine, biblique cette fois, en retraçant les péripéties légendaires de l’Exode.

 

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