« La liberté d’expression, ça s’apprend. » Semaine de la presse et des médias dans l’École, 23-28 mars

La liberté d'expression, ça s'apprendAprès les attentats commis en ce début d’année, le ministère de l’Éducation nationale, sur proposition du Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information (Clemi-Réseau Canopé), a décidé de modifier le thème de cette nouvelle édition de la Semaine de la presse et des médias dans l’école pour La liberté d’expression, ça s’apprend.
Ce rendez-vous qui a pour mission d’accompagner plus de trois millions d’élèves à la lecture critique et distanciée de l’information et à la production médiatique (22% des inscrits ont réalisé un média scolaire en 2014 pendant la Semaine de la presse) revêt une importance particulière cette année, aussi bien à l’École que dans les médias partenaires.

Plus que jamais, l’éducation des élèves aux médias et à l’information s’impose comme un enseignement au pluralisme, à la liberté d’opinion, à la liberté d’expression et au respect du débat démocratique dans une République laïque. C’est un enjeu de citoyenneté majeur pour apprendre le vivre ensemble.

Intégrée de manière transversale dans les différentes disciplines, cette éducation doit permettre aux élèves d’aiguiser leur esprit critique et de se forger une opinion ; compétences essentielles pour exercer une citoyenneté éclairée et responsable en démocratie.

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Pouvoir politique et liberté d’expression : Spinoza à la rescousse

Spinoza, par Franz Wulfhagen (1664)

Spinoza, par Franz Wulfhagen (1664)

Ces malheureuses circonstances provoquent de toutes parts des remarques qui s’inscrivent sur le fond de problèmes constituant encore des défis pour la bonne intelligence des conditions du « vivre ensemble ».

On entend partout l’hurlante invocation de nos droits fondamentaux, ceux de la liberté de penser et de s’exprimer, face au fanatisme intolérant qui, à travers eux, s’en prend à l’ordre public.

« La guerre est déclarée », déclament même certains.

Comment toutefois ne pas être frappé par ce à quoi nous avons assisté ces derniers jours : un duel entre, d’un côté, la république (littéralement, la res publica, la chose publique) et, de l’autre, une minorité infime incarnée dans quelques individus ? Duel incompréhensible s’il en est, compte tenu de l’incommensurabilité des forces en opposition.

Mais duel incompréhensible seulement si nous le pensons en termes de « guerre », comme certains responsables politiques l’ont fait expressément.

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« Je suis Charlie » : mobilisation collégienne et citoyenne

Panneaux "Je suis Charlie", Paris, 11 janvier 2015Le mercredi 7 janvier, Le Monde, horaire de bouclage oblige, eut l’inconsciente désinvolture de placer en une la photo de Michel Houellebecq photoshopé en prophète maudit, façon Baudelaire en couleur.

L’événement du mercredi noir était évidemment ailleurs, dans une autre rue de Paris.

Cabu, Wolinski et toute la bande des crayonneurs « flingueurs », s’ils n’avaient pas été lâchement assassinés par des « sans yeux » et « sans visage », n’auraient sans doute pas pris de gants pour déformer, rigolards, la posture un brin caricaturale du chantre de l’anticipation romanesque nauséeuse.

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En parler

Manifestation du 11 janvier 2015, à ParisCe jeudi 8 janvier 2015 à 8 heures, quand le professeur entre dans sa classe, il sait qu’il ne pourra pas revenir sur la technique du commentaire composé, corriger les exercices de mathématiques ou exposer les causes de la Révolution de 1789.

Il sait qu’il lui faut faire usage de son autorité, de son prestige peut-être, de son statut sûrement, pour ouvrir le débat, inviter à la parole, rompre la pesanteur du silence. L’école, que l’on souhaite parfois sanctuariser, ne peut se montrer étrangère, aveugle et sourde au fracas du monde, aux actes meurtriers qui se déroulent à sa porte.

Le professeur donc, un citoyen comme un autre – non, plus citoyen que les autres – n’a pas attendu l’invitation de son ministre pour en parler. « En parler », car indépendamment du contenu de l’échange, c’est l’acte verbal lui-même qui a valeur conjuratoire. Il restitue à l’école une de ses missions précieuses : aider de jeunes esprits à percevoir avec justesse et mesure la gravité d’un événement et ses enjeux.

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Lettre de Najat Vallaud-Belkacem à la suite de l’attentat contre l’hebdomadaire « Charlie Hebdo »

Madame, Monsieur,

L’attentat meurtrier contre l’hebdomadaire Charlie Hebdo a atteint notre République au cœur.

Les valeurs essentielles de notre République ont été visées : la liberté d’expression est au fondement de toutes les libertés ;  la liberté de conscience et le respect des opinions individuelles sont les principes qui nous permettent de vivre ensemble.

Il appartient à l’École de faire vivre et de transmettre les valeurs et les principes de la République. La République a confié à l’École, dès son origine, la mission de former des citoyens, de transmettre les valeurs fondamentales de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité.

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Marc Olivier Baruch, « Des lois indignes ? Les historiens, la politique et le droit »

Marc-Olivier Baruch, "Des lois indignes ? Les historiens, la politique et le droit"Nous aurions presque oublié, alors que la chose fit grand bruit dans le landernau universitaire et politique. En décembre 2005, quelques-uns de nos plus éminents historiens, dont certains professeurs au Collège de France, des académiciens et jusqu’à un ancien ministre apposaient leur signature au bas d’un manifeste collectif  intitulé Liberté pour l’histoire.

Il s’agissait de s’élever contre une série de lois jugées « indignes de la République » car attentatoires à la liberté de pensée et d’expression des historiens. Une disposition gouvernementale (vite abrogée) avait cristallisé l’émotion, en partie légitime, de la corporation, celle qui prétendait imposer à l’école de souligner « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord ».

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La liberté de la presse plus que jamais à défendre

100 dessins de "Cartooning for peace" pour la liberté de la pressePrise d’otages, assassinats, censure des armées ou des pouvoirs politiques, mises sur écoutes, chasse aux diffuseurs d’infos sensibles, mises en examen de médias ou de journalistes… La vie des journalistes dans le monde contemporain est de moins en moins facile. La liberté de la presse est en danger, et avec elle celle des citoyens.

La publication de 100 dessins de “Cartooning for peace” pour la liberté de la presse, permet d’apporter un soutien à l’ONG Reporters sans frontières, mais aussi de disposer d’une sélection de dessins français et étrangers sur ce thème que l’on pourra analyser en classe.

Ces “grains de sable qui font dérailler notre regard” ont une vertu éducative à ne pas négliger. Ils nous informent avec les armes de l’humour sous toutes ses formes et de la caricature sur l’état du monde.

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