Madame de Sévigné, lettres du 3 au 11 mars 1671

Mme de Sévigné, par Claude Lefèbvre

Mme de Sévigné, par Claude Lefèbvre,
musée Carnavalet

Nous proposons ici une étude littéraire de trois lettres de Mme de Sévigné adressées à Mme de Grignan, un mois après son départ pour la Provence

Ces lettres correspondent donc à un éloignement dont la durée permet à la fois de mesurer la douleur désormais lestée d’une certaine épaisseur de temps et de prendre acte de la régularité d’un commerce destiné à la compenser.

Ce jeu de balancier délimite l’espace rhétorique au sein duquel se joue la communication entre la mère et la fille. L’écriture de la lettre se manifeste comme l’expression d’un échange à distance équivalant à une conversation avec un absent. En cela, ces lettres, comme le reste de la correspondance de Mme de Sévigné, répondent à la définition canonique de l’échange épistolaire. Cette définition peut cependant s’infléchir lorsque l’on examine la manière d’écrire des deux femmes.

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« Lettres familières. De Cicéron à Marcel Proust », réunies et présentées par Marie Pérouse-Battello

Un formidable outil pour aborder la correspondance

lettres-familieres-marie-perouse-battelloAvec ce recueil de lettres familières, Marie Pérouse-Battello propose une anthologie de la correspondance privée rigoureusement composée et qui pourra se révéler utile dans bien des progressions didactiques pour le cours de français, que ce soit au collège ou au lycée.

La préface précise l’orientation du recueil : il s’agit moins d’envisager la lettre dans une perspective formelle que sous l’angle de sa dimension autobiographique. La lettre fictive est donc ici écartée au profit de la lettre d’auteur qui peut permettre d’« entrer dans l’univers de l’écrivain ».

Et il est vrai que le recueil offre de piquantes occasions d’aborder les œuvres des auteurs du patrimoine d’une manière amusante ou inattendue : utiliser la diatribe que Ronsard dresse à l’encontre d’Hélène peut conduire à interroger l’authenticité du lyrisme des fameux Sonnets pour Hélène. À l’inverse, lorsque Chateaubriand écrit de Rome à Mme Récamier, la veille du jeudi saint, on goûte la profondeur de sa foi et la poésie naturelle qui émane du moindre de ses écrits, et l’on ne s’étonne pas de devoir ces lignes à l’auteur du Génie du christianisme.

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