«Giacomo Foscari », de Mari Yamazaki, un manga historique entre Japon et Occident

Mari Yamazaki, "Giacomo Foscari" © Rue de SèvresLa bande dessinée japonaise, le ou la manga, est un genre protéiforme qui s’adresse à tous types de publics.

Dans les années 1980-1990, le manga s’est heurté à de nombreux préjugés, forgés par la diffusion de certains dessins animés dans les programmes destinés à la jeunesse.

On leur reproche d’être trop violents, de ne mettre en scène que des personnages caricaturaux véhiculant des idées simplistes et d’être servis par un dessin minimaliste.

Cette vision réductrice a fait long feu. On a découvert depuis les films d’animation de Miyazaki, comme Le Voyage de Chihiro et Princesse Mononoké, ou encore Le Tombeau des lucioles, d’Isao Takahata, qui fait définitivement rentrer les « manganimés » dans le domaine adulte.

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“Rome sans pape”, de Guido Morselli (1966)

Il n’y a plus de pape à Rome.guido-morcelli-rome-sans-ape C’est l’information du mois, mais c’est aussi le titre d’un roman, Roma senza papa. Cronache romane di fine secolo ventesimo, écrit en 1966 par Guido Morselli (1912-1973), publié après la mort de l’auteur en 1974.

Traduit en français en 1979, ce roman sera présenté comme “d’anticipation” par son éditeur parisien.

Ne courons cependant pas trop vite au parallèle ; dans ce livre le pape, Jean XXIV, que l’auteur imagine irlandais (et deuxième pape non italien) n’est que retiré. Il vit désormais à Zagallo, obscure bourgade sise à trente kilomètres au sud de Rome, dans un complexe de bâtiments à la limite du motel (crépi rose et blanc) et reçoit en audience debout, sans tiare et sans apparat, parfois sur des chaises de jardin ; voilà pourquoi Rome est sans pape (ce qui est déjà beaucoup pour un écrivain italien).…. Continuer la lecture

“To Rome with love”, de Woody Allen

Après Londres et Paris, c’est à Rome que Woody Allen a décidé de poursuivre sa tournée des capitales européennes avec un titre en forme de dédicace qui reprend celui d’une série télévisée à succès de 1969. Mais son hommage à la ville éternelle, s’il témoigne d’une admiration fervente, ne se prend pas au sérieux pour autant.

Le premier guide choisi est un agent de la circulation qui arbore des poses de statue gréco-romaine au centre d’une place-carrefour où les vespas sont un clin d’œil à Vacances romaines de William Wyler (1953) et à Journal intime de Nanni Moretti (1993). Observatoire privilégié qui lui donne une vue imprenable sur la vie quotidienne des Romains et des touristes ou résidents américains qu’il nous révèle. Continuer la lecture