Michelangelo Antonioni, un cinéaste toujours contemporain

Antonioni aux origines du pop« Antonioni, aux origines du pop » : tel est le titre que ses commissaires ont donné à l’exposition qui se tient à Paris jusqu’à la mi-juillet. Consacrée au cinéaste Michelangelo Antonioni, elle donne à découvrir un univers varié, qui couvre bien sûr le cinéma, mais aussi les arts plastiques, la musique et l’architecture.

Né à Ferrare en 1912, le cinéaste est un fils de cette ville située non loin du Pô, conçue par des artistes de la Renaissance, que Chirico aurait pu peindre. Cette ville discrète et élégante, rêvée, transfigurée même, par son ami d’enfance Giorgio Bassani qui résumait en quatre mots la personnalité du jeune Michelangelo : « forme, style, rigueur, silence ».

Ces termes sont comme un programme que l’auteur du Cri ou de La Nuit a rempli tout au long de son existence. L’exposition comme le catalogue en offrent une bonne illustration.

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« Garibaldi », de Pierre Milza

"Garibaldi", de Pierre MilzaVient d’être réédité dans la collection de poche « Pluriel » la biographie de Garibaldi due à Pierre Nora parue initialement en 2012 aux éditions Fayard.

À tous ceux qui s’intéressent à l’Italie du XIXe siècle et à ce moment particulier pour son histoire que fut le Risorgimento qui aboutira à la formation d’un État indépendant et uni, la lecture de cet ouvrage est indispensable, voire urgente.

Mais également à tous ceux qui souhaitent en savoir un peu plus sur ce personnage légendaire, véritable mythe de son vivant et aujourd’hui encore, Giuseppe Garibaldi, que Pierre Milza suit pas à pas depuis sa naissance en 1807 à Nice, à sa mort en 1882 à Caprera, cette île de Sardaigne où il s’était ménagé un refuge et où des foules recueillies viennent encore saluer sa mémoire.

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« Le Tort du soldat », de Erri de Luca

Erri De Luca, "Le Tort du soldat"Deux formes d’entêtement

C’est un court et dense récit dans lequel deux histoires s’enchâssent.

Il y a d’abord celle de l’auteur narrateur, qui passe ses journées dans la montagne à pratiquer l’escalade, et qui, le soir, traduit du yiddish. À côté de lui, dans la salle du restaurant, un vieil homme raide et une femme plus jeune, sa fille.

Elle sera la narratrice du second récit, après la fuite du vieil homme et sa mort, dans un accident de voiture, en montagne.

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Disparition du chef d’orchestre Claudio Abbado

claudio-abbado-je-serai-chef-d-dorchestreLe grand chef d’orchestre italien Claudio Abbado s’est éteint le 20 janvier 2014 dans sa maison de Bologne à l’âge de 81 ans. Directeur musical de l’Orchestre du théâtre de La Scala de Milan de 1968 à 1986, puis directeur général de l’Opéra de Vienne jusqu’en 1991, il a consacré une grande partie de son œuvre à l’art lyrique.

Soucieux de transmettre aux plus jeunes l’esprit de son art, il avait écrit un album pour enfants dans lequel il retraçait son parcours : Je serai chef d’orchestre. Il y déclarait :

« J’ai accepté d’écrire ce livre parce que, depuis que je dirige des orchestres composés de jeunes instrumentistes d’un âge allant de quatorze à vingt-tois ans, tel l’Orchestre européen, j’ai retrouvé en eux un enthousiasme et une ardeur pas encore entamés ni détruits par le travail, ou, comme cela arrive parfois, par la vie elle-même.

Grâce à leur grande disponibilité, à la fraîcheur de leur interprétation, à leur passion, j’ai beaucoup appris et apprends encore, en cherchant à maintenir vivant ce lien d’un apprentissage réciproque. »

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« Les Aventures de Pinocchio », de Carlo Collodi, ou les métamorphoses d’un pantin

Dante, "La Divine Comédie", "Classiques abrégés"Carlo Collodi", "Les Aventures de Pinocchio", "Classiques abrégés"L’Italie possède deux monuments littéraires : La Divine Comédie de Dante et Les Aventures de Pinocchio de Carlo Collodi. Ces deux œuvres, universellement connues et dont la renommée aurait tendance à éclipser toutes les autres, présentent entre elles de sérieuses différences, d’époque et de nature.

Cinq siècles les séparent, l’une est un imposant poème à portée historique et métaphysique, alors que l’autre n’est qu’une simple bambinata (le mot est de Collodi), une gaminerie en prose de moins de deux cents pages et destinée, du moins en apparence, à amuser les enfants.

Pourtant, en y regardant de plus près, on remarquerait quelques curieux points de convergence.

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« Aïda », de Verdi, à l’Opéra Bastille

"Aïda", de Verdi, mise en scène d'Olivier Py à l'Opéra-Bastille

« Aïda », de Verdi, mise en scène d’Olivier Py
à l’Opéra-Bastille © Opéra national de Paris, Élisa Haberer

L’événement musical de la saison 2013-2014 est la nouvelle production d’Aïda à l’Opéra Bastille, dont la première a coïncidé avec le bicentenaire de la naissance de Verdi le 10 octobre 1813.

Absente depuis quarante-cinq ans de l’Opéra de Paris, où sa dernière mise en scène, celle de Pierre Chéreau – reprise jusqu’en 1968 avec dans le rôle-titre la grande Leontyne Price –, datait de 1939, cette œuvre célébrissime a cependant été à l’affiche au Palais Omnisports de Bercy ou au Stade de France, transformée en superproduction hollywoodienne.

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« En cherchant Majorana, le physicien absolu », d’Étienne Klein

Étienne Klein, "En cherchant Majorana, le physicien absolu"C’est sur les traces d’une figure fascinante de la physique moderne que se lance Étienne Klein dans ce petit livre passionnant qui cherche à élucider un double mystère. Celui d’une disparition et celui d’une révélation.

La disparition, c’est celle d’Ettore Majorana, jeune prodige de la physique moderne qui, un beau soir de mars 1938, devait se volatiliser sur le ferry qui assurait la liaison Naples-Palerme. Le jeune homme sortait alors d’une longue période de neurasthénie et venait d’accepter un poste de chargé de cours à l’université de Naples. Ses deux dernières lettres sont adressées au directeur de l’université : dans la première, il affirme son intention de disparaître, dans la seconde, il a ces paroles énigmatiques : « la mer m’a refusé », et il annonce sa démission prochaine, refusant d’être assimilé a une héroïne d’Ibsen.

Étienne Klein y voit une piste : pour lui, l’œuvre d’Ibsen est celle du « mensonge vital », or Majorana venait de se mentir à lui-même en cherchant à adopter une normalité qui ne correspondait en rien à ses aspirations les plus profondes.

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« Les 100 mots de l’Italie », de Michel Feuillet

michel-feuillet-les-100-mots-de-l-italiePlus que de Tennessee, nous avons tous en nous quelque chose de l’Italie. Ou mieux, nous nous sentons tous un peu Italiens, ce qui permet de rappeler la boutade de Jean Cocteau : « Un Français, c’est un Italien de mauvaise humeur. »

Pour aller à la rencontre des vrais Italiens et de leur merveilleux pays, pour comprendre leur mode de fonctionnement, apprécier leurs nombreuses qualités et retrouver leurs insupportables défauts (dont ils sont les premiers à se moquer, comme le démontre l’entrée « Autodérision »), nous invitons, entre deux voyages dans la péninsule, à parcourir avec attention ce petit bijou de concision, d’élégance, de rigueur et d’humour que sont Les 100 mots de l’Italie signés de Michel Feuillet, grand spécialiste de la langue et de la culture italiennes.

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