Racisme et terrorisme. Points de repères et données historiques

Hommage à "Charlie Hebdo", Paris, 12 janvier 2015L’attentat contre Charlie Hebdo suscite à juste titre un électrochoc dans la société française qui ne manquera pas d’avoir de nombreuses répercussions dans les classes, plongeant parfois les enseignants dans l’embarras pour ne pas dire davantage. Faut-il pour autant tenter d’éviter le problème ? Évidemment non, au contraire.

Quand j’ai commencé ma carrière d’enseignant en septembre 2001 dans un collège de « banlieue », à Chanteloup-les-Vignes, où des adolescents de plus de quarante nationalités se côtoyaient, la situation oscillait entre un soutien latent de quelques-uns à Oussama ben Laden et la crainte d’autres jeunes que l’un des nombreux avions qui passaient au-dessus de leur ville ne vienne s’écraser sur leur tour. Si je me permets de raconter cette anecdote personnelle, c’est pour montrer que, souvent, les plus touchés et les plus fragilisés ne sont pas ceux que l’on croit.

La précarité économique va évidemment de pair avec la fragilité sociale… et politique. L’acte barbare qui vient de se dérouler ne manquera pas – une fois encore – de stigmatiser celles et ceux qui se trouvent déjà dans une situation difficile. La stigmatisation, l’ostracisme, facilitent évidemment le repli sur soi communautariste, que recherchent précisément ceux qui ont commis cet attentat.

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Les lauriers de la honte – Richard Millet

Prenez un écrivain estimable, reconnu de ses pairs, apprécié pour sa belle écriture, publié chez un éditeur célèbre où il occupe, de surcroît, des fonctions importantes attestant une bonne connaissance des choses de la littérature, mais qui, parallèlement, souffre d’une insuffisante «couverture médiatique» et d’une relative ignorance de la part du grand public. Il reste à cet obscur bien que brillant créateur une solution efficace : défendre l’indéfendable, valoriser l’horreur, célébrer l’ignominie et gagner par le scandale ce qui n’a pu être obtenu par le talent.

Voilà sans doute, conscient ou non, le calcul de Richard Millet quand il a fait paraître, le 22 août dernier, aux éditions Pierre-Guillaume de Roux, en appendice à son essai Langue fantôme, un Éloge littéraire d’Anders Breivik. Car on n’ose croire que cet intellectuel respecté, bien qu’un peu mythomane, voire mégalomane, ait pu se lancer de bonne foi et sincèrement dans l’apologie de la barbarie au nom d’une prétendue croisade en faveur de la pureté de la race blanche. Continuer la lecture