« L’Institutrice », de Nadav Lapid

"L'Institutrice", de Navad LapidL’institutrice Nira décèle chez le petit Yoav, un enfant de cinq ans, des dons extraordinaires pour la poésie.

Visiblement inspiré au sens fort du terme, comme le suggère son prénom – qui est celui du neveu du roi David, dérivé du nom de Dieu d’Israël et du mot père et signifiant « Dieu du père » –, il profère des poèmes, que recueille scrupuleusement sa nounou.

Nira elle-même écrit des poèmes comme pour échapper à la banalité de sa vie conjugale avec un mari matérialiste et sans imagination. Subjuguée par le talent précoce de Yoav, elle voit dans le fait d’être avec lui un bonheur et une mission. Du coup, obsédée par le jeune et mystérieux prodige, elle s’intéresse moins à ses propres enfants – adultes il est vrai – et décide d’encourager ses prédispositions, envers et contre tous, y compris le père de Yoav.

Cette entreprise désespérée lui fait franchir la ligne de la raison et de la loi.

 

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« La Vie d’Adèle », d’Abdellatif Kechiche, ou le vibrant portrait de l’«institutrice»

 

Adèle Exarchopoulos, lycéenne puis professeur des écoles dans "la Vie d'Adèle", d'Abdellatif Kechiche

Adèle Exarchopoulos, lycéenne puis professeur des écoles dans « la Vie d’Adèle », d’Abdellatif Kechiche

Qui aurait dit qu’une bande dessinée, fût-elle des plus inspirées, aurait abouti à une adaptation cinématogra-phique suscitant à la fois polémiques contingentes et légitime admiration ? Le 17 décembre La vie d’Adèle, d’Abdellatif Kechiche poursuit ainsi sa moisson de récompenses en se voyant attribuer le prestigieux prix Louis Delluc.

L’occasion est trop belle non pour relancer le débat sur la façon de tourner du réalisateur, mais plutôt sur l’orientation de son propos cinématographique et ses focalisations sur des scènes scolaires.

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