Après les attentats : retrouver les racines de l’écriture

Le Monde des livres, Écrire sans trembler, 20 novembre 2015Cette semaine l’actualité n’est pas littéraire au sens où la vie spécifique des livres nous intrigue et nous passionne : elle est littéraire dans la mesure où les écrivains et les dessinateurs s’en sont emparés dans le cahier spécial que le Monde des Livres consacre aux attentats du vendredi 13 septembre.

Et ils s’en emparent bien, richement, diversement, chacun abordant à sa manière la question du rapport de l’écriture à la réalité tragique comme dans un colloque, virtuel certes, mais colloque tout de même.

Par le biais du texte d’idées, le plus courant, ou de fiction, plus rare parce que plus hasardeux.

C’est une équipe assez large (vingt-huit auteurs), mais riche de sa diversité, qui s’exprime dans cette édition du 20 novembre 2015.

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« Villa des femmes », de Charif Majdalani

"Villa des femmes", de Charif MajdalaniUne maison, une histoire

« Je me suis tenu tout le temps nécessaire, gardien de la grandeur des Hayek, témoin involontaire de leurs déchirements et de leur ruine, assis en haut du perron de la villa, dans le carré de soleil, en face de l’allée qui menait au portail. »

Un incipit et le la est donné. Celui de Villa des femmes donne à entendre la voix de Noula, alias Requin-à-l’arak, serviteur de Skandar Hayek, témoin de ces années passées dans la villa qui fait le lien entre Beyrouth et la campagne environnante.

Il a donc connu les années 1960, si opulentes et insouciantes, puis les années 1970, marquées par le conflit avec les Palestiniens, la guerre civile et l’occupation syrienne. Et ce, de la maison des Hayek.

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Richard Millet, « Dictionnaire amoureux de la Méditerranée »

Dictionnaire amoureux de la MéditerranéeEt si c’était une fausse bonne idée ?

À première vue, souhaiter réunir dans un dictionnaire, fût-il présenté sous l’angle de la préférence affective, tous les thèmes, lieux, personnages ayant un rapport avec la Méditerranée, cette mer fermée autour de laquelle s’est bâtie notre civilisation, semble une initiative pertinente, sinon séduisante.

Confier la tâche à Richard Millet, polygraphe talentueux, bien que parfois contesté, dont l’enfance se passa au Liban n’a rien de choquant, même si son origine corrézienne ne le préparait pas spécialement à fréquenter les rivages contrastés de Mare Nostrum.

Le doute survient quand on prend la peine de parcourir avec attention ce copieux ouvrage (plus de 800 pages) qui vient grossir la riche et passionnante collection des « Dictionnaires amoureux ».

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« Les Prépondérants », d’Hédi Kaddour

"Les Prépondérants", d'Hédi KaddourOn est à Nahbès, au début des années 1920. La petite ville d’un pays du Maghreb, qu’on n’aura aucune peine à se représenter, est bouleversée par l’arrivée d’une équipe venue de Hollywood.

Neil Daintree, cinéaste aux nombreux succès, tourne là un film exotique. La vedette principale est sa femme, Kathryn Bishop ; l’acteur principal, une sorte de double de Valentino, se nomme Francis Cavarro.

En ces temps-là, la ville se divise en deux : d’un côté les locaux, avec Si Ahmed, caïd nommé par les autorités, son fils Raouf qui vient d’être reçu au baccalauréat, et toute une population composée de strates sociales soumises aux règles imposées par les « prépondérants ».

Ces derniers vivent entre eux, sont maîtres de l’essentiel, méprisent les indigènes qu’ils exploitent. Certains se dégagent un peu de l’ensemble, comme Ganthier. Il est le plus gros propriétaire de la région, négocie avec Rania, jeune veuve venue de la capitale dans cette ville, pour enrichir encore ses possessions. Il a fait la guerre dans les tranchées, en est revenu marqué mais pas amer, et on lui connaît surtout un lien solide : celui qu’il entretient avec Kid, son chien.

Le tournage du film attire également de nombreux curieux, ainsi que la journaliste Gabrielle Conti, amie de Rania, et bientôt dans la ligne de mire de Ganthier.
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Nouveaux programmes de collège : quel patrimoine littéraire ?

Il y a un siècle, un programme, c’était une page d’œuvres et zéro commentaire ; de nos jours, c’est zéro œuvre et des pages de commentaires.

La nouvelle version des programmes précise clairement les corpus associés aux « enjeux littéraires et de formation personnelle », mais on y cherchera en vain ce par quoi on aborde traditionnellement la littérature : un nom d’auteur, un titre d’œuvre.

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Réfugiés de partout et de nulle part. – Quand tout le reste n’est que littérature

Julien Clerc, ambassadeur de bonne volonté auprès du Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies

Julien Clerc, ambassadeur de bonne volonté auprès du Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies

Julien Clerc, une voix pour les droits

Julien Clerc reste avant tout un chanteur populaire. Compositeur de qualité, il a su s’adjoindre les services d’auteurs aussi réputés que Jean-Loup Dabadie pour « L’assassin assassiné » (1980) ou Étienne Roda-Gil pour « Utile » (1992).

Toutefois, comme ces deux titres en témoignent, cet adepte des chansons à texte ne rechigne pas à se servir de son micro pour exprimer des idées fortes. Si « L’assassin assassiné » renvoyait au thème de la peine de mort et « Utile » à celui de la liberté d’expression, une troisième chanson justifie d’être redécouverte en ces temps déraisonnables de migrations forcées.

Il s’agit bien entendu de « Réfugié », daté de 2012, un des chefs-d’œuvre lyriques de l’ambassadeur de bonne volonté du HCR.

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Anatomie d’un mensonge : «L’Imposteur», de Javier Cercas

"L'Imposteur", de Javier CercasEn mai 2005, alors que le Premier ministre espagnol doit pour la première fois assister à la commémoration de la libération des camps, un scandale éclate. Enric Marco, président de l’Amicale de Mauthausen, révèle que, contrairement à ce qu’il avait affirmé, il n’a jamais été déporté à Flossenbürg.

Il a menti sur cet aspect essentiel de son passé, mais sur d’autres, aussi. L’effet est ravageur. C’est sur cet événement que Javier Cercas revient dans L’Imposteur.

Le romancier espagnol, auteur des Soldats de Salamine et de Anatomie d’un instant s’intéresse aux ambiguïtés de l’Histoire.

Il met en relief sa complexité, ses paradoxes, n’hésitant pas à heurter une certaine bonne conscience et à se confronter lui-même au danger de son entreprise.

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Les nouveaux emplois du temps du collège à la rentrée 2016

Les nouveaux emplois du temps du collège à la rentrée 2016Le 10 avril 2015, le Conseil supérieur de l’éducation a adopté à une large majorité (51 pour, 25 contre, 1 abstention) la réforme du collège.

L’objectif est de « renforcer l’acquisition des savoirs fondamentaux en combinant des apprentissages théoriques et pratiques, à travers un nouveau socle et des programmes pensés pour garantir la maîtrise du français, des mathématiques, de l’histoire ; une grille horaire qui ne pénalise aucune matière ; et enfin des nouvelles pratiques pédagogiques, à travers les enseignements pratiques interdisciplinaires, pour que les élèves s’approprient mieux les connaissances. »

Les spécificités de chaque élève sont prise en compte, « pour permettre à chacun de réussir, à travers un accompagnement personnalisé de 3 heures en 6e, et d’au moins une heure en 5e, 4e, 3e. Des heures pour le travail en groupes à effectifs réduits et des interventions conjointes de plusieurs enseignants sont garanties : ainsi pour un établissement de 500 élèves, ce sont 60 heures qui y sont dédiées. La réforme s’accompagne à cet effet de 4 000 équivalents temps plein ».

L’apprentissage des langues vivantes est renforcé avec l’enseignement de la LV1 dès le CP et de la LV2 dès la 5e. » Au total, ce sont 54 heures supplémentaires qui sont consacrées à l’ensemble de la LV2 sur l’ensemble de la scolarité au collège. »

Les nouveaux emplois du temps adoptés pour le collège à la rentrée 2016 sont les suivants :

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