« Elle s’appelait Tomoji », de Jirô Taniguchi

jiro-taniguchi-tomojiTopographie du pays de Tomoji

Le nouvel album de Jirô Taniguchi est au départ une œuvre de commande : il s’agissait de raconter la vie de Tomoji Uchida, créatrice d’un temple bouddhiste dans la région de Tokyo. Un temple que fréquente assidûment depuis trente ans la femme de Taniguchi, et où l’artiste aussi se rend de temps à autre en personne.

Il s’en est tenu pour finir à l’enfance de cette femme à la vie à la fois étonnante et banale au demeurant : étonnante si l’on s’en tient à cet épisode de la création d’un temple – dont on imagine les difficultés –, banale si l’on se réfère à ce qui nous est raconté, et qui a dû constituer le lot de bien des femmes japonaises au début du siècle dernier.

Elle s’appelait Tomoji nous arrive après les longues marches – oui, parfois les très longues marches de ses héros dans nombre d’albums plus ou moins anciens – du bien nommé Homme qui marche au Promeneur en passant par Le Gourmet solitaire et ses déambulations gastronomiques à la recherche de la soupe au miso idéale (la soupe au miso ou le Graal des jours d’une vie humblement parfaite). Ces héros sont bien souvent des hommes en errance, en mouvement.

À ma connaissance, voici le premier album de Taniguchi qui soit intégralement consacré à un personnage principal féminin – on a certes déjà rencontré dans l’œuvre de Taniguchi nombre de figures féminines merveilleuses, mais jamais avec ce degré de présence au monde. Une présence tranquille et déterminée, dans l’attente comme dans les questions qu’elle pose.

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« La Fille de mon meilleur ami » & « Un notaire peu ordinaire », d’Yves Ravey

"La Fille de mon meilleur ami", d'Yves RaveyEn attendant l’orage

Il faut entendre avec toute l’ironie nécessaire les titres du dernier roman d’Yves Ravey : La Fille de mon meilleur ami n’est pas la personne la plus facile à supporter.

Assez folle, plutôt kleptomane et peu adaptée à la réalité, elle est interdite de rencontre avec son fils Roméo par le juge.

Or William Bonnet, le narrateur, a promis à Louis, son meilleur ami, de retrouver Mathilde. Et Mathilde veut revoir son fils, qui vit près de Savigny-sur-Orge avec son père, Anthony, et sa belle-mère, Sheila.

Organiser la rencontre, telle est la mission qui échoit donc à William. Lequel est tout sauf un brave homme.

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