Capes de lettres modernes : des options qui n’en sont pas encore… État des lieux

La deuxième session du Capes rénové permet de commencer à mesurer les tendances fortes de l’épreuve de recrutement. Ainsi, il apparaît assez clair que les options proposées à la deuxième épreuve d’admission, Analyse de situation professionnelle (ASP), ne sont pas retenues par les candidats de façon suffisamment homogène.

Si 61% d’entre eux choisissent l’option Langue et littérature françaises, seulement 11, 5% se tournent vers l’option Théâtre – cela dit en légère progression par rapport à l’année dernière –, 10 % vers l’option Latin, 9, 5 % vers l’option Français langue étrangère (FLE), et seulement 8% vers l’option Cinéma.

Cette disproportion entre les choix d’options mérite d’être questionnée afin de promouvoir pour les sessions à venir un rééquilibrage indispensable. Le propos développé s’attardera tout particulièrement sur le cas problématique de l’option Cinéma, étonnamment dernière de la classe.

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Les formateurs FLE, Alpha, RAN, LCI : une espèce en voie d’ubiquité

Affiche éditée par un centre social

Affiche éditée par un centre social

En France, un enseignant de français langue étrangère est appelé à intervenir dans de multiples cadres: mairies, centres de formation, centres sociaux, écoles de langues, associations, entreprises de sous-traitance qui proposent des cours particuliers ou collectifs.

Il y apprend à enseigner la langue auprès d’un public très divers : signataires du «contrat d’accueil et d’intégration » (analphabètes et migrants scolarisés ou diplômés), Français en situation d’illettrisme, analphabètes francophones, cadres expatriés, remise à niveau de salariés ou de demandeurs d’emploi français (RAN), etc. Diplômé bac + 4 ou + 5, qu’il ait peu ou beaucoup d’expérience, il se voit constamment proposer des contrats très précaires : CDD, CDDU ou statut d’auto-entrepreneur à des taux horaire dérisoires.

Tout enseignant quelque peu aguerri sait distinguer ces publics et en connaît les spécificités pédagogiques ou ne tarde pas à les découvrir. Trop souvent pourtant, pour des questions de logistique et de financement, ces publics se retrouvent dans un même cours avec un unique enseignant qui doit alors jongler avec des niveaux et des attentes tout à fait hétérogènes.

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« Je suis en 3e j’adore lire et j’adore écrire je veux devenir prof de littérature mais pour être prise dois-je faire du latin ou du grec ?» – Les réponses d’une classe de Première Bac Pro

Portrait de jeune femme écrivant avec un stylet sur des tablettes de bois enduites de cire. Fresque, PompéiParce qu’enseigner aujourd’hui c’est aussi prendre en compte les besoins des élèves pour enrichir leur vie culturelle personnelle, une expérience a été menée cette année pour initier des élèves de lycée professionnel aux langues et cultures de l’Antiquité.

C’est ainsi qu’une classe de première professionnelle gestion-administration du lycée François-Truffaut a bénéficié d’un cycle d’initiation au latin et au grec durant l’accompagnement personnalisé.

Ce cycle a été modeste, mais visait un objectif très ambitieux : montrer aux élèves qu’ils étaient capables de suivre un enseignement exigeant de façon totalement « gratuite ». En effet, cet enseignement ne s’inscrit pas dans les programmes officiels du bac pro, il n’est pas évalué à l’examen. Il convient de souligner que les programmes de lettres des lycées professionnels sont riches en références  à la culture classique, ce qui crée une appétence significative auprès des élèves.

Il en découle que les élèves prennent conscience que leur parcours ne leur donne pas accès aux langues anciennes, ni à la philosophie, ni aux options artistiques. Ils le verbalisent et s’interrogent – nous interrogent –  sur cette absence, qu’ils expriment comme un manque.

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« Tire ta langue » : comment valoriser la richesse des langues parlées par les élèves

Le lycée CarcouëtLe lycée Carcouët, à Nantes, expérimente depuis 2011 une journée consacrée aux langues vernaculaires parlées par les élèves de l’établissement. « Tire ta langue » a donc associé une exposition et le jeu sur les langues.

Cette année, vingt-deux locuteurs étaient au rendez-vous. Du bakoko au tchèque en passant par le khmer ou le dijkhanker, chacune des langues est présentée par un élève à la fois sur les panneaux de l’exposition, sous forme de proverbes, et en la mettant en œuvre dans un échange avec les classes qui visitent l’exposition, à travers un « jeu de traduction ». Lire la suite