« Le Brady, cinéma des damnés », de Jacques Thorens

"Le Brady, cinéma des damnés", de Jacques Thorens

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Dans le quartier des damnés

En page de garde du livre, un ticket de cinéma à deux francs à l’enseigne du Brady.

Quiconque a marché sur le boulevard de Strasbourg, dans les années 1970 ou peu après, n’a pu manquer la façade de ce cinéma pas comme les autres : les peintures naïves et horrifiques qui encadraient le hall d’entrée rappelaient un Paris qui n’existe désormais plus du tout.

Le Brady, cinéma des damnés permet de le retrouver.

 

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« Il racconto dei racconti » (« Le Conte des contes »), de Matteo Garrone

tales-of-talesIl racconto dei racconti (Le Conte des contes) est le recueil le plus ancien d’Europe, écrit au XVIe siècle en napolitain par Jean Baptiste Basile, qui puisait beaucoup dans la Bible.

C’est lui qui a inspiré les frères Grimm et Perrault. On ne s’étonnera donc pas de trouver dans le film de Matteo Garrone leurs thèmes favoris, la stérilité féminine vaincue, l’affrontement de la Belle et de la Bête, les ogres, les fées et les sorcières.

L’Animalité y est omniprésente, incitant à se demander qui est plus monstrueux des bêtes ou des hommes, question philosophique qui habite le cinéma italien depuis Monicelli et Fellini.

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Exposition Thomas Lavachery au Wolf, à Bruxelles, 2 juillet-15 novembre 2015

Bjorn le Morphir, par Thomas Lavachery

© Thomas Lavachery

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Du 2 juillet au 15 novembre 2015, Thomas Lavachery, l’auteur du cycle romanesque Bjorn le Morphir (neuf titres parus, dont certains ont été adaptés en bande dessinée avec Gilbert Thomas) et d’albums illustrés par lui-même (J’irai voir le Sioux, Jojo de la jungle…), est exposé à la Maison de la littérature de jeunesse Le Wolf, à Bruxelles.

Cette exposition s’accompagne de jeux et d’ateliers à destination des familles et de stages pour les enfants qui se prolongeront après la rentrée des classes.

Une géographie imaginaire riche et complexe et des dessins originaux à découvrir sans tarder !

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« Vincent n’a pas d’écailles », de Thomas Salvador

"Vincent n'a pas d'écailles", de Thomas SalvadorC’est peu de dire que Vincent aime l’eau. Elle est son élément naturel. Dès les premières images du film de Thomas Salvador, il s’y ébroue, y nage, y plonge, y ondule, y crawle, y papillonne.

Lacs, torrents, fontaines, canaux, lavoirs, mais aussi baignoire, douche, pluie tout lui est bon. Jusqu’au moindre seau d’eau. Pourquoi ?

Parce qu’il s’y ressource, s’y régénère et y puise une force extraordinaire. Sec, il est un homme normal ; mouillé, il devient invincible, Vincent.

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“Black Coal”, de Diao Yinan

"Black Coal", de Diao YinanAvec A touch of sin, le cinéaste chinois Jia Zhangke avait signé l’an dernier une fresque politique saisissante sur la montée de la violence dans son pays, comédie humaine formée de séquences sans lien où la colère et l’exaspération du peuple étaient filmées comme dans les films de genre.

Cette année son compatriote Diao Yinan, après avoir réalisé Uniform (2003) et Train de nuit (2007), revient avec un film policier tout aussi ténébreux que son précédent.

Black Coal se réclame du film noir, mais en subvertit les codes pour dresser un sombre tableau de la Chine contemporaine.

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Exposition des planches originales du « Horla », de Guillaume Sorel

"Le Horla", de Guillaume Sorel, d'après l'œuvre de Guy de Maupassant, Rue de Sèvres, 2014

« Le Horla », de Guillaume Sorel, d’après l’œuvre de Guy de Maupassant, Rue de Sèvres, 2014

Du jeudi 13 mars au samedi 5 avril 2014, la Galerie 9e Art, à Paris, galerie d’œuvres originales de bandes dessinées, expose une sélection de planches couleur de l’album Le Horla, d’après l’œuvre de Guy de Maupassant (Rue de Sèvres, 2014) , et de Hôtel particulier (Casterman, 2013), de Guillaume Sorel.

La mise en ligne et l’ouverture des réservations sur le site web de la galerie auront lieu le mercredi 12 mars à 18 h.

 Site web : www.galerie9eart.

• Galerie 9e Art, 4, rue Cretet, 75009 Paris, métros Anvers ou Pigalle.

La galerie est ouverte du mercredi au vendredi de 14 h à 19 h, et le samedi de 11 h à 13 h, et de 14 h à 19 h.

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« Le Horla », de Guillaume Sorel, d’après l’œuvre de Guy de Maupassant. Entretien

Guillaume Sorel © Isabelle Franciosa

Guillaume Sorel © Isabelle Franciosa

Cet entretien a été réalisé en décembre 2013, alors que Guillaume Sorel achevait les dernières planches du Horla.

Il permet de retracer les étapes de l’élaboration de l’album et la démarche adoptée par l’un des grands auteurs de la bande dessinée contemporaine.

Pourquoi s’est-il intéressé au Horla de Maupassant ? Comment a-t-il adapté un récit centré sur un seul personnage ? Comment met-on en image l’indicible ? Comment maintenir l’ambiguïté du personnage en image ? Comment peut-on faire percevoir sa perte progressive des repères ? Comment suggère-t-on le sentiment de  solitude et la peur ? À quelles autres œuvres fantastiques Guillaume Sorel est-il attaché ?

C’est à toutes ces questions que l’auteur de cette version graphique du « Horla » a bien voulu répondre. Nous l’en remercions vivement.

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« Le Horla », de Guy de Maupassant à Guillaume Sorel

"Le Horla", de Guillaume Sorel, d'après l'œuvre de Guy de Maupassant, Rue de Sèvres, 2014

« Le Horla », de Guillaume Sorel,
d’après l’œuvre de Guy de Maupassant,
Rue de Sèvres, 2014

« 8 Mai.

Quelle journée admirable ! J’ai passé toute la matinée étendu sur l’herbe, devant ma maison, sous l’énorme platane qui la couvre, l’abrite et l’ombrage tout entière.

J’aime ce pays, et j’aime y vivre parce que j’y ai mes racines, ces profondes et délicates racines, qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l’attachent à ce qu’on pense et à ce qu’on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l’air lui-même.

J’aime ma maison où j’ai grandi. De mes fenêtres, je vois la Seine qui coule, le long de mon jardin, derrière la route, presque chez moi, la grande et large Seine, qui va de Rouen au Havre, couverte de bateaux qui passent. »

La nouvelle la plus célèbre de Maupassant, dont on vient de lire les premières lignes, a suscité de multiples analyses sur les conditions de sa rédaction et sur son auteur. L’adaptation en bande dessinée de Guillaume Sorel aux éditions Rue de Sèvres (mars 2014) incite à une nouvelle lecture de l’œuvre.

L’École des lettres lui consacre un numéro, « Le Horla », de Guy de Maupassant à Guillaume Sorel, dont voici le détail.

 

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