« Pour un développement complet de l’enfant et de l’adolescent », rapport de François de Singly et Vanessa Wisnia-Weill

« Pour un développement complet de l’enfant et de l’adolescent », rapport de François de Singly et Vanessa Wisnia-WeillFrançois Hollande, lors de sa venue le 30 septembre 2015 au musée des Arts décoratifs, à Paris, dans le cadre de l’inauguration de l’exposition consacrant les 50 ans de l’école des loisirs, a rendu hommage au travail de la commission pour la stratégie nationale Enfance et adolescence présidée par François de Singly.

Commandé par l’ancien premier ministre, Jean-Marc Ayrault, le rapport loué par le chef de l’État s’articule autour d’un principe fort, à savoir que l’aide au développement de l’enfant jusqu’à l’adolescence se doit d’être foncièrement collaborative.

Trois grands champs permettent de structurer les enjeux du propos :

 Former un individu relié, « connecté » à autrui.

 Développer les capacités et talents variés pour se réaliser et s’intégrer dans la société.

 Renforcer la protection et accompagner l’autonomisation, et développer l’égalité d’accès aux ressources (de santé, de loisirs, d’éducation de logement).

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« Villa des femmes », de Charif Majdalani

"Villa des femmes", de Charif MajdalaniUne maison, une histoire

« Je me suis tenu tout le temps nécessaire, gardien de la grandeur des Hayek, témoin involontaire de leurs déchirements et de leur ruine, assis en haut du perron de la villa, dans le carré de soleil, en face de l’allée qui menait au portail. »

Un incipit et le la est donné. Celui de Villa des femmes donne à entendre la voix de Noula, alias Requin-à-l’arak, serviteur de Skandar Hayek, témoin de ces années passées dans la villa qui fait le lien entre Beyrouth et la campagne environnante.

Il a donc connu les années 1960, si opulentes et insouciantes, puis les années 1970, marquées par le conflit avec les Palestiniens, la guerre civile et l’occupation syrienne. Et ce, de la maison des Hayek.

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Dans la cellule : « La Cache », de Christophe Boltanski

"La Cache", de Christophe BoltanskiLa « rue de Grenelle » est l’hôtel particulier dont les Boltanski ont été locataires pendant une longue période. Dans cet endroit habite encore Jean-Élie, frère du plasticien Christian et du sociologue Luc.

C’est le fils de ce dernier, Christophe, connu comme reporter, qui écrit le roman vrai de cette famille étonnante et de ce lieu qui ne l’est pas moins.

Le plan du roman suit celui des pièces ou espaces décrits : la cache, qui donne son titre au livre, y apparaît dans le chapitre intitulé « Entre-deux ». Cet entre-deux désigne un réduit au premier étage, non loin de la salle de bains, également décrite, et des escaliers menant au rez-de-chaussée où tout commence. Le premier lieu décrit est l’intérieur… d’une Fiat 500. C’est en effet grâce à ce « pot de yaourt » que les Boltanski sortaient de leur hôtel particulier, en groupe.

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Une famille monde : « La Carte des Mendelssohn », de Diane Meur

"La Carte des Mendelssohn", de Diane MeurAu chapitre 14 de son roman, l’auteur se lance dans une entreprise aussi impressionnante que délicate : tracer la carte des Mendelssohn, cette famille dont elle raconte l’histoire depuis près de cent quatre-vingts pages.

Cette carte, on peut la voir sur le site de son éditrice, et le lecteur s’y reportera. Cette carte, qui pourrait servir de nappe à la table du salon sur laquelle elle est posée, donne une idée de l’entreprise de Diane Meur.

Un travail titanesque qui occupe plusieurs années de sa vie, qui la change.

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Antigone : celle qui choisit de dire non. Parcours de personnage en seconde professionnelle

"Antigone recouvrant le corps de Polynice", de Marie Stillman (1844 –1927)

« Antigone et Ismène enterrant Polynice », de Marie Stillman, 1873

Les enjeux d’Antigone
à travers les siècles
et son actualité dans les programmes

de seconde professionnelle

« Depuis le Ve siècle avant Jésus-Christ, la sensibilité occidentale a vécu les moments cruciaux de son histoire et de son identité en référence à la légende d’Antigone et à sa prolongation artistique et spéculative. »

Cette affirmation de George Steiner, qui a recensé plus de deux cents versions d’Antigone, marque à quel point le personnage et son mythe structurent en profondeur la pensée occidentale. Devenu depuis le XIXe siècle le « dénominateur commun conceptuel » de notre lecture à la fois de la psychologie collective, de la structure sociale et des codes symboliques, le mythe d’Antigone focalise tout particulièrement notre « économie de l’imaginaire ».

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« Le Monde de Nathan (X+Y) », de Morgan Matthews, une leçon de vie et de mise en scène

"Le Monde de Nathan (X+Y)", de Morgan MatthewsNathan n’est pas comme tout le monde. Dès son plus jeune âge, ses parents lui expliquent qu’il est unique. Peu communicatif, mais plus intelligent qu’eux et que son pédiatre, il est atteint du syndrome d’Asperger, dit autisme de haut niveau.

Réfugié dans un univers obsessionnel de formes, de couleurs et de chiffres, il se montre si brillant en mathématiques qu’on lui donne un professeur particulier.

Quand son père se tue dans un accident de voiture, il se renferme encore plus sur lui-même et devient complètement incapable de communiquer avec d’autres que son maître, même avec sa propre mère.

Le film raconte son cheminement jusqu’aux Olympiades de mathématiques à Cambridge.

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« La Maison de Bernarda Alba », de Federico Garcia Lorca, à la Comédie-Française

"La Maison de Bernarda Alba", de Federico Garcia Lorca, à la Comédie-Française,

© Comédie-Française, 2015

C’est noir, c’est austère, c’est tragique. Comme chez les dramaturges de l’Antiquité, nous devinons, dès les premiers mots, que le destin est en marche, qu’il n’y aura pas d’issue, pas d’alternative à la mort, cette mort qui inaugure le spectacle et qui, une heure et demie plus tard, viendra le clore. Brutalement. Irrémédiablement.

Le lieu le signale : il est celui de l’enfermement, une « maison » annonce le titre, un espace où l’on se terre, où l’on cache des secrets de famille et des désirs refoulés.

Mais, transformée par une scénographie grandiose, cette maison devient prison, fermée par un immense rideau en lequel se combinent la dentelle des moucharabiehs, l’oppressive claustration des grillages concentrationnaires et les infranchissables barrières d’un monastère.

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La série des « Pozzis », de Brigitte Smadja, illustrée par Alan Mets. Un monde où tout est pozzible…

 couvmouchegabaritBrigitte Smadja a décidé un jour de tenter une expédition vers les territoires du merveilleux, ceux où tout est permis, après avoir longtemps arpenté ceux du réalisme. De sa complicité avec Alan Mets, au dessin coloré et si vivant, est né un nouveau monde, celui des Pozzis.

Nous y pénétrons, invités par Abel, dont le prénom biblique et l’initiale suggèrent des temps nouveaux. Le tome I endosse la promesse d’une histoire qui va durer, se compliquer, se développer…

À l’heure où paraissent les deux derniers épisodes de la série, explorons cet univers étrange, drôle et mystérieux.

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