Martin Scorsese à la Cinémathèque française

Passion

Exposition Martin Scorsese à la Cinémathèque françaiseUn grand artiste ouvre de nombreuses portes, les chemins qu’il emprunte conduisent sur d’autres chemins. Avec lui, on n’en finit pas de découvrir, d’apprendre, de s’émouvoir.

Et tel est le cas avec Martin Scorsese. Son intelligence est indissociable de son immense culture cinématographique et musicale. C’est à la fois un classique, ancré dans la tradition américaine, et un moderne. Son œuvre tient à une vision du monde née dans l’enfance. Le terme de passion est à donc à entendre dans sa polysémie.

L’exposition qui commence à Paris, après avoir été présentée à Berlin et avant de partir pour Melbourne, illustre ces passions.

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Michelangelo Antonioni, un cinéaste toujours contemporain

Antonioni aux origines du pop« Antonioni, aux origines du pop » : tel est le titre que ses commissaires ont donné à l’exposition qui se tient à Paris jusqu’à la mi-juillet. Consacrée au cinéaste Michelangelo Antonioni, elle donne à découvrir un univers varié, qui couvre bien sûr le cinéma, mais aussi les arts plastiques, la musique et l’architecture.

Né à Ferrare en 1912, le cinéaste est un fils de cette ville située non loin du Pô, conçue par des artistes de la Renaissance, que Chirico aurait pu peindre. Cette ville discrète et élégante, rêvée, transfigurée même, par son ami d’enfance Giorgio Bassani qui résumait en quatre mots la personnalité du jeune Michelangelo : « forme, style, rigueur, silence ».

Ces termes sont comme un programme que l’auteur du Cri ou de La Nuit a rempli tout au long de son existence. L’exposition comme le catalogue en offrent une bonne illustration.

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« National Gallery », de Frederick Wiseman

"National Gallery", de Frederick WisemanJe suis depuis très longtemps le travail de Frederick Wiseman, documentariste américain né en 1930 à Boston, dont l’œuvre considérable ne peut se comparer qu’à celle des plus grands Français comme Chris Marker ou Raymond Depardon.

Il s’est attaché à brosser un portrait des grandes institutions nord-américaines : hôpitaux (Titicut Follies 1967, Hospital 1969, Near Death 1989), commissariats (Law and Order 1973), collèges (High School 1968), tribunaux (Juvenile Court 1975).

De plus en plus longs, ses films ont réussi à faire considérer le documentaire comme une œuvre à part entière, un essai cinématographique. Unregard d’une acuité sans concessions, l’absence d’interviews, de musique ajoutée, de commentaire off, de chronologie sont sa marque de fabrique. De longs segments thématiques qui se répondent par contrastes et symétrie, un son direct pris par lui-même créent une vision brute de la réalité qui sollicite la participation du spectateur.

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Félix Vallotton : le feu sous la glace

Jean Binder, "Le chat de Vallotton"Alors que le Grand Palais, à Paris, présente jusqu’au 20 janvier 2014 une exposition exceptionnelle  consacrée à Félix Vallotton, un album de la collection « Archimède » peut être l’occasion de faire découvrir au jeune public  le peintre et le groupe artistique des Nabis.

Le Chat de Vallotton, de Jean Binder, met en scène un trio inattendu : une petite fille qui veut échapper à l’ennui, un chat épris de liberté, un jeune saltimbanque.

Ces personnages nous font pénétrer dans l’univers des amis de Vallotton – Vuillard, Bonnard, Cottet, Roussel, Sérusier –, tous issus de l’académie Julian, et qui animent la Revue blanche, porte-parole du mouvement artistique d’avant-garde qu’ils ont lancé.

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« Le Monde “enchanté” de Jacques Demy » à la Cinémathèque française

jacques-demyRubans de rêves

De ses films, il parlait comme de « rubans de rêves », et pourtant, le réel était toujours là, qu’il s’agisse de la violence, de la guerre, de l’absence ou de la souffrance. Il aimait les couleurs pastel, vives, éclatantes au soleil, et la nuit, certaines teintes oppressantes rappelaient que la lumière n’est rien sans l’ombre.Il aimait les chansons, la danse, les jolies femmes, les rêveurs, la légèreté d’un jour, et le tragique traverse presque tous ses films. Le scandale affleure ou émerge, lié aux passions, comme dans Trois places pour le 26 qui évoque l’inceste, comme le faisait aussi Peau d’Âne.

Jacques Demy, à qui la Cinémathèque de Paris consacre une exposition jusqu’au 4 août 2013, est un cinéaste que l’on connaît mal, au fond. Seuls les passionnés, et ils ne sont pas rares, ont vu tous ses films et en particulier le superbe Une chambre en ville, qui rassemble tout ce qui a compté pour lui, son enfance et adolescence nantaises au premier chef. Mais cette tragédie filmée dans sa ville natale a été l’un de ses plus terribles échecs publics, objet de polémiques et de scandales qu’il n’avait pas souhaités. On ne trouve pas ce film en DVD, sinon dans le coffret complet qu’Arte a consacré au réalisateur. Lire la suite

Zazie, la ville et la langue

La Bibliothèque de Toulouse organise jusqu’au 24 février 2013 une exposition qui interroge l’espace urbain sous son aspect linguistique foisonnant et montre comment « la cité est une complexe réorganisation des différentes langues parlées, transformées, inventées ».

La part belle est faite à Zazie dans le métro avec une interview de Louis Malle accordée à la sortie du film en 1960 et retrouvée dans les archives de l’INA. Mais la représentation de la ville est aussi explorée dans l’album de jeunesse (John Chatterton détective, d’Yvan Pommaux, par exemple), les livres d’artistes et dans le roman contemporain.

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