Théâtre et générations

Hommage à Molière à la Comédie-Française © Cosimo Mirco Magliocca, 2014

Hommage à Molière à la Comédie-Française © Cosimo Mirco Magliocca, 2014

Conflits de générations en jeu dans les pièces,
grandes querelles esthétiques,
génération d’acteurs

Dans le cadre des rencontres organisées par la Comédie-Française au théâtre du Vieux-Colombier, à Paris, autour du thème Grandir pour ne pas vieillir, un nouveau débat abordera le vendredi 28 mars 2014 la notion de génération en histoire, en sociologie et en philosophie, et sous le regard du praticien.

Les rapports de générations dans les textes, la mise en scène comme interprétation générationnelle du répertoire et le théâtre comme art de la transmission seront ainsi interrogés au cours d’un débat animé par Agathe Sanjuan, conservatrice-archiviste de la Comédie-Française, avec Muriel Mayette-Holtz, administratrice générale de la Comédie-Française, Flore Garcin-Marrou docteure en littérature, spécialiste des liens entre théâtre et philosophie, et Martial Poirson professeur à l’université de Grenoble, spécialiste d’histoire et d’esthétique théâtrale.

L’École des lettres rendra compte de cette rencontre sur ce site.

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« L’Esthétisation du monde. Vivre à l’âge du capitalisme artiste », de Gilles Lipovetsky et Jean Serroy

gilles-lipovetsky-jean-serroy-l-esthetisation-du-mondeEntre les mots capitalisme et artiste, il ne semble pas y avoir une grande affinité sémantique. Le premier renvoie à des pratiques de thésaurisation, d’exploitation économiques, de rentabilité. Le second évoque une bohème nonchalante, une créativité désintéressée, un culte idéaliste du beau.

Dans ce solide ouvrage paru chez Gallimard, les sociologues de la vie contemporaine Gilles Lipovetsky et Jean Serroy ont associé ces termes apparemment éloignés pour dessiner les contours d’une étrange planète nommée hypermoderne dans laquelle valeur économique et valeur esthétique se mêlent, voire se confondent.

Or, cette improbable planète où la sensibilité se mesure en dollars, où l’émotion devient un marché, cette planète qu’on croirait imaginaire, est la nôtre, celle du XXIe siècle, âge d’or d’une consommation délirante qui habille les produits des parures clinquantes de l’art.

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Man Ray, « Autoportrait »

man-ray-autoportraitLe Bulletin officiel du 14 mars 2013, qui spécifiait l’entrée au programme de littérature de terminale des Mains Libres, le recueil de dessins de Man Ray illustrés par Éluard, suggérait à titre de piste bibliographique la lecture de l’Autoportrait du même Man Ray. L’ouvrage, publié un an après sa parution en anglais (Self Portrait, 1963) chez Robert Laffont, est désormais réédité chez Actes Sud et constitue de fait une excellente introduction à l’extraordinaire ébullition artistique de l’entre-deux-guerres.

Man Ray y retrace d’abord son parcours d’artiste éclectique dans le New York d’avant les années folles, puis de photographe dans le Paris avant-gardiste des années 20 et 30, il évoque enfin son retour à Paris (et à la peinture) après la deuxième guerre mondiale.

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