« Azur et Asmar », de Michel Ocelot, ou l’actualité brûlante d’un conte sur pellicule

"Azur et Asmar", de Michel OcelotLa une du Parisien du jeudi 15 janvier 2015 établissait comme attendu que la ligne de fracture de l’unité et de l’unanimité nationale s’exprime en tout premier lieu à l’école : le terme « école » devant être compris ici dans son sens large. Il devient ainsi impératif de poursuivre l’action civique en ne jetant pas de l’huile sur le feu sans pour autant céder à l’étouffement de la pensée critique.

C’est à cette fin que nous proposons quelques activités à partir du film de Michel Ocelot, Azur et Asmar (2006). Nous avons interrogé le réalisateur lui-même pour connaître les motivations qui ont présidé à la création de ce film remarquable.

Michel Ocelot est un réalisateur exigeant attaché aux belles images, aux beaux messages et aux belles histoires. On lui doit le célèbre Kirikou, esprit précoce et libre s’il en est ! Que ce soit dans Princes et Princesses ou dans Azur et Asmar – film à partir duquel nous proposons une activité pédagogique à destination des élèves de cycle 3 /sixième –, nous retrouvons la même volonté de combattre les préjugés et de nourrir l’esprit critique des « petits » et des « grands ».

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Semaine d’éducation contre le racisme et l’antisémitisme, 16-21 mars 2015

La Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale est célébrée chaque année le 21 mars.

En proclamant cette journée en 1966, l’Assemblée générale de l’ONU a engagé la communauté internationale à redoubler d’efforts pour éliminer toutes les formes de discrimination raciale.

Le ministère de l’Éducation rappelle, sur le site Éduscol, que « la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, Grande Cause nationale 2015, s’inscrit pleinement dans la Grande mobilisation de l’école pour les valeurs de la République »  et que la Semaine d’éducation contre le racisme et l’antisémitisme, du 16 au 21 mars 2015, constitue, pour l’ensemble de la communauté éducative et les partenaires de l’école, « un temps fort de réflexion et d’action pour faire vivre les valeurs de respect, de dignité et d’égalité« .

 

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« La liberté d’expression, ça s’apprend. » Semaine de la presse et des médias dans l’École, 23-28 mars

La liberté d'expression, ça s'apprendAprès les attentats commis en ce début d’année, le ministère de l’Éducation nationale, sur proposition du Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information (Clemi-Réseau Canopé), a décidé de modifier le thème de cette nouvelle édition de la Semaine de la presse et des médias dans l’école pour La liberté d’expression, ça s’apprend.
Ce rendez-vous qui a pour mission d’accompagner plus de trois millions d’élèves à la lecture critique et distanciée de l’information et à la production médiatique (22% des inscrits ont réalisé un média scolaire en 2014 pendant la Semaine de la presse) revêt une importance particulière cette année, aussi bien à l’École que dans les médias partenaires.

Plus que jamais, l’éducation des élèves aux médias et à l’information s’impose comme un enseignement au pluralisme, à la liberté d’opinion, à la liberté d’expression et au respect du débat démocratique dans une République laïque. C’est un enjeu de citoyenneté majeur pour apprendre le vivre ensemble.

Intégrée de manière transversale dans les différentes disciplines, cette éducation doit permettre aux élèves d’aiguiser leur esprit critique et de se forger une opinion ; compétences essentielles pour exercer une citoyenneté éclairée et responsable en démocratie.

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La morale républicaine à l’école : des principes à la réalité

Ministère de l'Éducation nationale

La conférence de presse du 22 janvier 2015 de Najat Vallaud-Belkacem aurait dû être en principe celle des vœux pieux à la communauté éducative. Mais l’actualité s’est invitée avec cruauté, appelant plus que de simples paroles de circonstances. La ministre de l’Éducation nationale n’avait donc pas le droit à l’erreur en des temps où la parole politique forte devient une impérieuse nécessité.

Il apparaissait ainsi essentiel de revenir honnêtement sur la difficulté de réguler les échanges sur les événements tragiques encore omniprésents dans la mémoire collective.

Par là même, on peut savoir gré à la ministre de pointer du doigt les points de vue déviants exprimés par certains élèves endoctrinés par des discours-slogans et vulnérables aux théories fumeuses circulant sur la Toile.

L’éducation aux médias apparaît de fait pour Najat Vallaud-Belkacem comme la première clef pédagogique pour combattre les tentations obscurantistes. On ne peut que lui donner raison tout en rappelant que la presse a perdu du poids dans la circulation des idées et que le premier chantier à réinvestir reste l’appropriation du texte par les élèves. Pas simplement la « une » ou le titre choc, mais le texte, soit un énoncé susceptible de déployer ses réseaux de signification. En ce sens, très concrètement, la Semaine de la presse ne justifie-t-elle pas de redevenir une obligation pédagogique citoyenne – et ce dès les plus petites classes ?

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Le temps des paradoxes

Je suis CharlieL’unanimisme est toujours quelque part dangereux. Ionesco nous l’a montré. Montaigne nous l’avait appris.

La bonne conscience, la bien-pensance, les certitudes qui animent le monde enseignant soudain poussé en première ligne d’un combat autoproclamé contre la barbarie doit avancer ses principes et ses idéaux avec tact et finesse, non avec la brutale maladresse du professeur de Mulhouse justement suspendu récemment (voir Le Monde du 15 janvier). Faute de quoi chacun pourra méditer cette maxime de La Rochefoucauld : « La vérité ne fait pas tant de bien dans le monde que ses apparences y font de mal. »

Après le CRS embrassé dimanche par un participant débordant de reconnaissance, voici l’École a son tour embrassée, applaudie, reconnue dans son rôle éducatif. Haie d’honneur pour ce rempart contre l’horreur et le fanatisme. L’École, comme les CRS. Détestée hier, saluée aujourd’hui.

Et les annonces de se précipiter : renforcement des mesures de sécurité d’un côté, renforcement des programmes et des opérations civiques de l’autre…

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Contre l’obscurantisme et la censure : « Lire est le propre de l’homme. De l’enfant lecteur au libre électeur »

Dessin d'Alan Mets

Dessin d’Alan Mets © l’école des loisirs

L’école des loisirs a publié voici quelque temps un recueil de témoignages et réflexions de cinquante auteurs et illustrateurs pour l’enfance et la jeunesse auquel les polémiques actuelles sur le livre et l’éducation redonnent une très vive actualité.

Ce manifeste de 192 pages, disponible gratuitement, très largement diffusé, se propose de rappeler l’importance du livre dans le développement de l’enfant et de l’adolescent, ainsi que le lien vital qui existe entre lecture, éducation, liberté et, donc, démocratie.

Comme le souligne Marie-Aude Murail, « ce n’est pas la lecture qui est en danger, ce sont les illettrés ».

Certains pseudo-lecteurs de livres pour la jeunesse – mais vrais agitateurs – souhaitent régulièrement tirer parti de l’ignorance et des peurs pour tenter de disqualifier, auprès des parents et d’une opinion qu’ils espèrent perméables, auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires, et, bien sûr, personnels de l’Éducation publique. La ficelle est classique et finit pas s’user. L’objectif récurrent ? Mettre en évidence un « complot » contre la structure familiale traditionnelle avec la complicité d’un État déliquescent.

Les créateurs, les éditeurs, les professeurs et les enfants rêveurs n’ont qu’à bien se tenir.

Car l’enjeu est bien là : c’est l’éducation du sens critique qui donne aux lecteurs la possibilité de choisir et leur assure d’être des femmes et des hommes libres demain. Ces temps-ci, il semblerait que cela ne soit pas du goût de tous…

l’École des lettres

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Réaliser une émission de radio avec des élèves : un projet pédagogique innovant et efficace

paroles-d-ecolesDonner la parole aux élèves et les aider à structurer un propos font partie du quotidien des enseignants. On sait bien que la maîtrise de l’expression orale et écrite signifie l’autonomie de la pensée chez des jeunes soumis à des discours dont ils semblent de moins en moins comprendre le sens.

Si le développement de la pensée critique est inscrit dans les Instructions officielles, difficile de mesurer les effets produits par le travail fait en classe. Difficile même de faire comprendre à des jeunes la nécessité de maîtriser le français en tant que langue normée.

Les deux expériences menées dans l’aire toulonnaise sont d’autant plus intéressantes qu’il s’agit de réaliser des émissions destinées à être diffusées sur l’antenne d’une radio associative qui émet sur la bande FM et en streaming (Radio Active 100.FM ou www.radio-active.net). Lire la suite