Michelangelo Antonioni, un cinéaste toujours contemporain

Antonioni aux origines du pop« Antonioni, aux origines du pop » : tel est le titre que ses commissaires ont donné à l’exposition qui se tient à Paris jusqu’à la mi-juillet. Consacrée au cinéaste Michelangelo Antonioni, elle donne à découvrir un univers varié, qui couvre bien sûr le cinéma, mais aussi les arts plastiques, la musique et l’architecture.

Né à Ferrare en 1912, le cinéaste est un fils de cette ville située non loin du Pô, conçue par des artistes de la Renaissance, que Chirico aurait pu peindre. Cette ville discrète et élégante, rêvée, transfigurée même, par son ami d’enfance Giorgio Bassani qui résumait en quatre mots la personnalité du jeune Michelangelo : « forme, style, rigueur, silence ».

Ces termes sont comme un programme que l’auteur du Cri ou de La Nuit a rempli tout au long de son existence. L’exposition comme le catalogue en offrent une bonne illustration.

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« Spartacus & Cassandra », de Ioanis Nuguet

"Spartacus & Cassandra", de Ioanis NuguetSpartacus et Cassandra sont frère et sœur. Ils sont scolarisés dans une école, vraisemblablement de Seine-Saint-Denis.

Leurs parents viennent de Roumanie, mais eux sont nés en France. Ils sont encore attachés à leurs parents, mais ceux-ci ne peuvent pas s’occuper d’eux : la mère mendie et est irresponsable, le père fait certainement des petits trafics, il est malin, n’est pas coupé d’une communauté Rom qui s’est installée comme elle peut en France.

Il culpabilise sans cesse ses enfants et leur dit qu’il ne peut concevoir vivre sans eux, même s’il ne peut pas s’occuper d’eux matériellement. Ils ont rencontré Camille, une jeune femme qui travaille dans un cirque, qui s’est attachée à eux et s’en occupe au quotidien.

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« Nous, notre Histoire », d’Yvan Pommaux & Christophe Ylla-Somers. Un auteur d’albums pour la jeunesse s’attaque à l’histoire du monde

"Nous, notre histoire", d'Yvan Pommaux et Christophe Ylla-SomersProjet pharaonique : Yvan Pommaux s’attaque à l’histoire du monde. Son œuvre comptait déjà quelques sauts de la petite à la grande histoire ; le voici prenant à bras le corps le défi de l’« histoire globale », en un album spectaculaire, aussi beau que grand.

Le trajet n’est pas commun et intéresse particulièrement le professeur soucieux de faire lire à ses élèves des récits qui ne trahissent pas son souci d’éducateur.

Il est défini dès le premier mot du titre : Nous, notre Histoire. Il s’agit donc de nous raconter nous, les hommes d’une même planète, embarqués dans une histoire commune depuis les origines. Le regard part de la Terre en formation, passe d’une carte à un paysage, revient à la rotondité de la planète en point final.

Yvan Pommaux a l’art de passer des vastes panoramas des civilisations aux petites scènes de la vie quotidienne truffées de détails. L’artiste est à l’œuvre, aux côtés de l’historien amateur qui a tiré la leçon des Annales : l’histoire de l’humanité n’est pas seulement celle des grands hommes, relégués en quelques feuillets au seuil du récit. Et l’histoire du monde n’est pas seulement celle de l’Occident, leçon tirée des études postcoloniales et des Subaltern Studies.

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Enseigner le génocide des Tutsi au Rwanda, du collège à l’université

Enseigner le génocide des Tutsis au RwandaLe génocide des Tutsi au Rwanda de 1994, dont on vient de commémorer les vingt ans, est l’occasion de s’interroger sur ses représentations et son enseignement, en France notamment.

Les programmes d’histoire récents (classes préparatoires de CAP – BOÉN numéro 8 du 25 février 2010) font une place explicite à l’événement et à la démarche comparatiste qui permet de rendre compte des caractéristiques propres à une politique génocidaire dans une perspective citoyenne. Ils ouvrent ainsi la possibilité d’étudier en parallèle les génocides des Arméniens, des Juifs et des Tutsi, en soulignant leurs points communs mais aussi leurs différences.

Le programme de la classe de terminale du baccalauréat professionnel (BOÉN numéro 2 du 19 février 2009) mentionne explicitement le Rwanda dans le cadre du cours « Le monde depuis le tournant des années 1990 » : « On insiste sur les crises qui marquent le début de cette nouvelles période : génocides en Afrique et en Europe – Rwanda, Srebrenica. »

Mais qu’en est-il de la réalité de cet enseignement dans les classes françaises, y compris dans d’autres disciplines que l’histoire ? En philosophie, et bien sûr en français, où la réflexion sur le monde des valeurs est au cœur des programmes du collège et du lycée par la lecture des textes ainsi que par l’analyse du discours (notamment du discours argumentatif de la troisième à la première).

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« Party Girl », de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis

"Party Girl", de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel TheisCe film a réussi à faire parler de lui lors du dernier festival de Cannes, où il a fait l’ouverture de la section Un certain regard.

Ses promesses ont d’ailleurs éveillé les attentes avant même l’ouverture du festival, puisque les trois grandes sections cannoises en-dehors de la compétition officielle se sont battues pour pouvoir le programmer.

Il faut croire que l’excitation était justifiée : Party Girl a remporté la Caméra d’or qui récompense le meilleur premier film. Les journalistes ont beaucoup glosé sur la constitution inédite du groupe de réalisateurs : ils sont trois, sans constituer une fratrie, il y a une femme, son amie et un copain d’enfance ; certains ont fait la Femis, ce qui les place parmi les « espoirs » du cinéma français. L’actrice principale est la propre mère de Samuel Theis. Enfin, ils ne filment pas Paris et sa jeunesse mais surtout une vieille entraîneuse mosellane, chez elle, à Forbach.

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« Rêves d’or » (« La Jaula de Oro »), de Diego Quemada-Diez, prix Jean-Renoir des lycéens 2014

"Rêves d'or" ("La Jaula de Oro"), de Diego Quemada-DiezLa Jaula de Oro (littéralement la « cage dorée », titre français Rêves d’or) de Diego Quemada-Diez a remporté le prix Jean-Renoir des lycéens 2014. Il avait été présenté au Festival de Cannes 2013, dans le cadre de la section Un Certain Regard et avait suscité une émotion unique.

C’est une œuvre à la fois engagée et personnelle sur la dure vie des migrants, prêts à tout pour tenter de rejoindre les États-Unis. Deux jeunes garçons, Juan et Samuel, et une fille, Sara, tous trois âgés de quinze ans, fuient le Guatemala pour tenter de réaliser le rêve américain.

Au cours de leur traversée du Mexique, ils rencontrent Chauk, un Indien tzotzil ne parlant pas espagnol et voyageant sans papiers. Pris dans une rafle, ils sont renvoyés tous trois au Guatemala.

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Prix Albert Londres 2014 : les héritiers du grand reporter se sont réunis à Bordeaux le 12 mai

Grands reporters, les films du prix Albert LondresCouronnement des meilleurs reporters francophones de moins de quarante ans, la cérémonie annuelle de la remise des prix Albert Londres se déroulera le 12 mai au soir, à Bordeaux, au Palais de la Bourse.

Depuis 1933, la distinction s’applique à encourager de jeunes talents du journalisme plutôt qu’à honorer des carrières établies. La récompense s’est doublée en 1985 d’un prix de la presse audiovisuelle, sur une proposition d’Henri de Turenne et sous l’égide du président de l’époque, l’historien Henri Amouroux.

Cette année, afin de remettre le 76e prix de la presse écrite et le 30e prix de l’audiovisuel, Annick Cojean, actuelle présidente de l’Association Albert Londres et journaliste grand reporter au Monde, sera accompagnée d’une vingtaine de ses confrères dont Henri de Turenne, Jean-Claude Guillebaud, Thierry Desjardin, Catherine Jentile, Alain Louyot, Christian Hoche, Marc Kravetz, Patrick de Saint-Exupéry, Hervé Brusini, François Hauter, Philippe Rochot, Jean-Paul Mari, Olivier Weber, Lise Blanchet, Manon Loizeau, Michel Moutot, Jean-Xavier de Lestrade, tous membres permanents du jury, ainsi que de Alice Odiot, Audrey Gallet, Alfred de Montesquiou (lauréats 2012), Doan Bui et Roméo Langlois (lauréats 2013).

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« De quelques albums qui ont aidé les enfants à découvrir le monde et à réfléchir », de Michel Defourny

Michel Defourny, "De quelques albums qui ont aidé les enfants à découvrir le monde et à réfléchir", collection "Archimède", 2013

 

Michel Defourny, maître de conférence à l’université de Liège, présentera son dernier ouvrage, De quelques albums qui ont aidé les enfants à découvrir le monde et à réfléchir, paru dans la collection « Archimède » en 2013, le lundi 2 décembre à 9h 30 au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, niveau 1, C 49, Espace Afrique.

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