Richard Millet, « Dictionnaire amoureux de la Méditerranée »

Dictionnaire amoureux de la MéditerranéeEt si c’était une fausse bonne idée ?

À première vue, souhaiter réunir dans un dictionnaire, fût-il présenté sous l’angle de la préférence affective, tous les thèmes, lieux, personnages ayant un rapport avec la Méditerranée, cette mer fermée autour de laquelle s’est bâtie notre civilisation, semble une initiative pertinente, sinon séduisante.

Confier la tâche à Richard Millet, polygraphe talentueux, bien que parfois contesté, dont l’enfance se passa au Liban n’a rien de choquant, même si son origine corrézienne ne le préparait pas spécialement à fréquenter les rivages contrastés de Mare Nostrum.

Le doute survient quand on prend la peine de parcourir avec attention ce copieux ouvrage (plus de 800 pages) qui vient grossir la riche et passionnante collection des « Dictionnaires amoureux ».

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« 365 mots de l’amour et de l’amitié expliqués », de Paul Desalmand et Yves Stalloni

"365 mots de l’amour et de l’amitié expliqués", de Paul Desalmand et Yves StalloniAvant même d’ouvrir le livre, avant même de le retourner et de lire au dos les lignes de présentation qui y figurent, la première page de couverture offre à elle seule des indices quant au contenu et à la tonalité de l’ouvrage.

Tout d’abord, le choix du rouge respecte la tradition symbolique : cette couleur renvoie à la Charité, l’une des trois vertus théologales, qui dans l’absolu synthétise l’amour sous toutes ses formes. Le vert eût dit l’Espérance, le blanc la Foi. L’entrée Rouge ne figure pas dans l’ouvrage, mais il est question du Feu (p. 125) et du Cœur (p. 63) pour signifier l’incandescence de l’amour.

Si le rouge de la couverture sollicite aussitôt le regard et l’imagination, le velouté du papier, sous la main du futur lecteur, suggère les impressions tactiles d’une Caresse. Que l’on se rassure, des lignes savoureuses sont consacrées à « ce geste, plein de délicatesse, tantôt affectueux, tantôt sensuel » (p. 49).

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« Madame Bovary », de Gustave Flaubert. Dictionnaire du domaine d’étude : lire, écrire, publier

Gustave Flaubert par Nadar, 1869

Gustave Flaubert par Nadar, 1869

Gustave Flaubert, et particulièrement Madame Bovary, semblent tout indiqués pour traiter de la question Lire, écrire, publier.

D’abord pour ce qui concerne l’édition au XIXe siècle. Ce livre absolu qui contient toute la vie de Flaubert offre par son existence même, son écriture, sa publication une réflexion sur ce qui fait la littérature et, au-delà, la culture littéraire d’une époque.

Flaubert se livre sur ses désarrois d’écrivain à sa maîtresse qui archive soigneusement ses lettres, offrant par là un témoignage de première importance sur la gestation du roman. Ses manuscrits ont en outre été soigneusement conservés et leur amplitude ainsi que la variété des ratures et repentirs suffiraient à justifier l’existence de la génétique du texte. Un procès a accompagné sa publication engageant la question de la censure, de la parution.

Depuis, le livre est réédité sur tous les modes et avec toutes sortes de présentations, préfaces, avant-propos, paratextes qui permettent de maintenir le débat autour de la statue géante de Flaubert et il ne se passe guère d’années sans que quelqu’un, critique, historien, sociologue ne tente une redécouverte de cette œuvre et de la vie de son auteur.

Mais Lire, écrire, publier c’est aussi le lot des personnages. Emma lit, écrit, Charles est un mauvais lecteur, Homais s’institue journaliste critique, publicateur scientifique, la plupart des acteurs est concerné par cette invasion de l’écriture ou d’une culture dévoyée, selon Flaubert lui-même.

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Se former au numérique : une sélection de ressources sur Eduscol

Eduscol : se former au numériqueUne sélection de ressources en ligne pour la formation au numérique à destination des enseignants est mise en ligne sur Éduscol.

Structurée selon trois grands axes – • Acquérir une culture numérique, • Se former à la pédagogie du numérique, • Se former aux outils du numérique –, cette sélection propose des supports de nature variée, majoritairement francophone : extraits radiophoniques, conférences filmées, infographies, modules d’auto-formation, tutoriels de prise en main de logiciels et de services…

L’ensemble des ressources numériques rassemblées dans cette sélection ne vise pas l’exhaustivité. Les choix sont en grande partie effectués selon la pertinence des contenus en matière d’auto-formation en ligne. Dans cette présentation, les thèmes, sous-thèmes sont classés alphabétiquement. Chaque ressource est accompagnée d’une brève description (nature du ou des documents proposés, source du contenu).

 

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« 365 expressions latines expliquées », par Paul Desalmand et Yves Stalloni

Paul Desalmand et Yves Stalloni, " 365 expressions latines expliquées"À lire ad libitum

A priori, un consensus existe. Qu’on habite intra-muros, qu’on trouve avec les autres un modus vivendi acceptable ou que l’on passe ou pas son temps dans les in-folio, on pratique l’expression latine ou le simple mot comme la langue de Monsieur Jourdain, d’Audiard, ou de Prévert.

Eh oui, notre dictionnaire est rempli de mots venus de Rome intra-muros, parfois apporté manu militari en Gaule, peuplant pour notre plus grand bonheur, les pages d’Astérix. Nul n’a oublié les pauvres pirates régulièrement naufragés par le duo gaulois et dont l’un s’exclame « O tempora ! O mores ! » L’entrée 238 du dictionnaire savant et plein d’humour (les deux vont de pair) de Paul Desalmand et Yves Stalloni apprend aux latinistes de 11 à 99 ans que c’est l’exemple choisi pour illustrer le vocatif, et qu’elle signifie, pour tout le monde, et en français courant « Tout fout l’camp ! »

365 expressions latines expliquées c’est donc une par jour, et cela donne envie de se replonger dans cette belle langue qui a souffert et souffre encore d’une certaine désaffection dans l’institution scolaire. Bien des élèves l’apprécient, et pas seulement les forts en thème (ou en version), mais les Lettres classiques n’ont plus trop de place. Mais trêve de lamentations ad nauseam et revenons à ce petit livre que l’on peut emporter partout et dans le Latium par exemple.

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« Les 100 mots de l’Italie », de Michel Feuillet

michel-feuillet-les-100-mots-de-l-italiePlus que de Tennessee, nous avons tous en nous quelque chose de l’Italie. Ou mieux, nous nous sentons tous un peu Italiens, ce qui permet de rappeler la boutade de Jean Cocteau : « Un Français, c’est un Italien de mauvaise humeur. »

Pour aller à la rencontre des vrais Italiens et de leur merveilleux pays, pour comprendre leur mode de fonctionnement, apprécier leurs nombreuses qualités et retrouver leurs insupportables défauts (dont ils sont les premiers à se moquer, comme le démontre l’entrée « Autodérision »), nous invitons, entre deux voyages dans la péninsule, à parcourir avec attention ce petit bijou de concision, d’élégance, de rigueur et d’humour que sont Les 100 mots de l’Italie signés de Michel Feuillet, grand spécialiste de la langue et de la culture italiennes.

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« Dictionnaire amoureux de Stendhal », de Dominique Fernandez

dictionnaire-amoureux-de-stendhalCe nouveau « dictionnaire amoureux » que signe Dominique Fernandez, son troisième, est moins volumineux que celui consacré à l’Italie (en deux tomes), mais il est toujours d’un format respectable (820 pages), et pourrait être considéré comme le gigantesque appendice des promenades dans la péninsule transalpine.

Car parler de Stendhal revient à poursuivre un voyage en Italie que notre prolifique académicien n’a momentanément interrompu que pour célébrer la Russie, une autre de ses passions. Lire la suite

Penser avec les images (et le son) : « Dictionnaire de la pensée du cinéma »

« Le cinéma est une pensée qui prend forme, une forme qui pense. »

La formule est de Jean-Luc Godard, et c’est plus qu’une formule. On va souvent au cinéma pour se faire une idée du monde, l’enrichir ou la corriger. Tel film change notre façon de percevoir, de comprendre, d’aimer, de ressentir.

Les exemples sont si nombreux qu’un seul serait réducteur.

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