Antigone : celle qui choisit de dire non. Parcours de personnage en seconde professionnelle

"Antigone recouvrant le corps de Polynice", de Marie Stillman (1844 –1927)

« Antigone et Ismène enterrant Polynice », de Marie Stillman, 1873

Les enjeux d’Antigone
à travers les siècles
et son actualité dans les programmes

de seconde professionnelle

« Depuis le Ve siècle avant Jésus-Christ, la sensibilité occidentale a vécu les moments cruciaux de son histoire et de son identité en référence à la légende d’Antigone et à sa prolongation artistique et spéculative. »

Cette affirmation de George Steiner, qui a recensé plus de deux cents versions d’Antigone, marque à quel point le personnage et son mythe structurent en profondeur la pensée occidentale. Devenu depuis le XIXe siècle le « dénominateur commun conceptuel » de notre lecture à la fois de la psychologie collective, de la structure sociale et des codes symboliques, le mythe d’Antigone focalise tout particulièrement notre « économie de l’imaginaire ».

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« Le Consul », de Salim Bachi : un visa pour l’éternité

 

"Le Consul", de Salim BachiÀ partir du 17 juin 1940, un diplomate a signé plus de trente mille visas permettant à des réfugiés, des fugitifs, des proscrits de toutes sortes, de passer au Portugal. Cet homme, Aristides de Sousa Mendes (1885-1954), est « l’homme dressé seul face à l’abîme » dont Salim Bachi raconte une partie de l’existence, autour de ce moment fatidique.

En bandeau, l’éditeur a mis « Un juste », et on ne saurait qualifier autrement ce consul à Bordeaux qui, parmi les nombreuses victimes qu’il a sauvées, a signé les visas de dix mille juifs.

Le titre décerné par Yad Vashem lui est revenu à titre posthume, puisque Mendes est mort dans la solitude et la pauvreté, avant que ce qu’il avait fait ne soit connu et mis en lumière. L’exil intérieur qu’il a subi forme la trame des dernières pages du récit sur la forme duquel il convient de revenir.

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« Le Bleu des abeilles », de Laura Alcoba

"Le Bleu des abeilles"; de Laura AlcobaDe La Plata au Blanc-Mesnil

En 2007 paraissait Manège, Petite histoire argentine, un court roman de Laura Alcoba qui mettait en scène la narratrice, enfant, dans l’Argentine en crise des années soixante-dix. On était à quelques mois du coup d’État qui conduirait Videla et ses comparses au pouvoir et plongerait le peuple argentin dans une période de violence.

L’enfant qui racontait, était fille de militants révolutionnaires ; son père était en prison, sa mère et elle vivaient dans la clandestinité, à La Plata.

Fausse identité, silence, nécessité de se cacher et de changer de refuge, ce roman décrivait tous ces tourments du point de vue de l’enfant qui ne comprend pas toujours, mais qui obéit aux strictes consignes des adultes. Le récit qui en résultait avait une forme d’innocence ou de naïveté qui mettait à distance une réalité sans doute moins légère qu’il y paraissait.

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