Nouveaux programmes de collège : quel patrimoine littéraire ?

Il y a un siècle, un programme, c’était une page d’œuvres et zéro commentaire ; de nos jours, c’est zéro œuvre et des pages de commentaires.

La nouvelle version des programmes précise clairement les corpus associés aux « enjeux littéraires et de formation personnelle », mais on y cherchera en vain ce par quoi on aborde traditionnellement la littérature : un nom d’auteur, un titre d’œuvre.

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« Spartacus & Cassandra », de Ioanis Nuguet

"Spartacus & Cassandra", de Ioanis NuguetSpartacus et Cassandra sont frère et sœur. Ils sont scolarisés dans une école, vraisemblablement de Seine-Saint-Denis.

Leurs parents viennent de Roumanie, mais eux sont nés en France. Ils sont encore attachés à leurs parents, mais ceux-ci ne peuvent pas s’occuper d’eux : la mère mendie et est irresponsable, le père fait certainement des petits trafics, il est malin, n’est pas coupé d’une communauté Rom qui s’est installée comme elle peut en France.

Il culpabilise sans cesse ses enfants et leur dit qu’il ne peut concevoir vivre sans eux, même s’il ne peut pas s’occuper d’eux matériellement. Ils ont rencontré Camille, une jeune femme qui travaille dans un cirque, qui s’est attachée à eux et s’en occupe au quotidien.

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L’Institut français au Salon du livre de Paris

Programme de l'Institut français au Salon du livre de ParisPendant toute la durée du Salon du livre de Paris, l’Institut français (espace P68) propose à des créateurs venus du monde entier de dialoguer avec des artistes, des chercheurs et des écrivains français.

Cette programmation, rigoureuse et éclectique, reflète l’identité de l’Institut français, son inscription au cœur du dialogue des cultures.

À travers ces conversations, l’Institut français souhaite enrichir le débat public et proposer des points de vues inédits sur l’actualité de la création et les grands enjeux de société, en lien étroit avec les invités d’honneur de l’édition 2015.

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Le temps des paradoxes

Je suis CharlieL’unanimisme est toujours quelque part dangereux. Ionesco nous l’a montré. Montaigne nous l’avait appris.

La bonne conscience, la bien-pensance, les certitudes qui animent le monde enseignant soudain poussé en première ligne d’un combat autoproclamé contre la barbarie doit avancer ses principes et ses idéaux avec tact et finesse, non avec la brutale maladresse du professeur de Mulhouse justement suspendu récemment (voir Le Monde du 15 janvier). Faute de quoi chacun pourra méditer cette maxime de La Rochefoucauld : « La vérité ne fait pas tant de bien dans le monde que ses apparences y font de mal. »

Après le CRS embrassé dimanche par un participant débordant de reconnaissance, voici l’École a son tour embrassée, applaudie, reconnue dans son rôle éducatif. Haie d’honneur pour ce rempart contre l’horreur et le fanatisme. L’École, comme les CRS. Détestée hier, saluée aujourd’hui.

Et les annonces de se précipiter : renforcement des mesures de sécurité d’un côté, renforcement des programmes et des opérations civiques de l’autre…

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« Que reste-t-il de l’Occident ? », de Régis Debray et Renaud Girard

Régis Debray et Renaud Girard, "Que reste-t-il de l'Occident ?"Il y a de fortes chances que ce livre de petit format et de peu de pages, précédé d’un titre interrogatif et austère, affecté d’une double signature, ce qui brouille le message, passe inaperçu et se perde dans les limbes brumeux d’une rentrée éditoriale pauvre en essais novateurs.

Ce serait dommage, car les questions abordées, les analyses proposées et la présentation formelle – la double voix – méritent mieux qu’un détour poli.

Debray et Girard, anciens « petits camarades » de la rue d’Ulm, ont suivi des parcours suffisamment différents – l’un philosophe parfois engagé, écrivain et homme de culture, l’autre journaliste international, spécialiste du Moyen-Orient et professeur à Sciences-Po – pour offrir des visions éloignées voire divergentes des grands problèmes de notre temps fédérés autour de la question qu’on aurait tort de croire anachronique (en renvoyant au brûlot de Spengler de 1922, Le Déclin de l’Occident) :  « Que reste-t-il de l’Occident ? ».

À l’aide d’une argumentation serrée encadrée de cordiaux échanges épistolaires, les deux auteurs suggèrent, chacun à sa manière et dans son style propre, quelques éléments de réponse qui invitent à la réflexion.

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Illettré, ça prend un ou deux « t » ?

garamontQu’est-ce que ce mot, Illettré ? Avec un « i » majuscule, on dirait presque qu’il possède trois « l ». Cependant tel l’oiseau, il a décidé de s’en tenir à deux.

De toute façon, un mot qui commence par trois consonnes identiques, en français, ça ne s’est jamais vu. Pas encore du moins.

Prêt à s’envoler de ses deux « l », les deux « t » d’illettré, à l’instar de deux pieds, le maintiennent fermement à terre. Entre ciel et terre, à sa tête se dresse le préfixe négatif il- qui présage un manque. Il-lettré: sans lettres. Un mot muni d’un semblant de tête qui exprime l’absence, avec deux ailes, deux pieds et qui n’a pas de lettres ?

Vous vous moquez, ce n’est pas un mot mais la Victoire de Samothrace ! Ou bien tout simplement une grande piperie ! Une personne adulte sans lettres, me souffle-t-on. Une personne sans lettres ? Illettré est à prendre au pied de la lettre, de la tête aux pieds ! Une personne qui n’est pas lettrée. Ayant été à l’école, et qui a dû pour des raisons diverses la quitter.

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« La Cour de Babel », de Julie Bertuccelli

"La Cour de Babel", de Julie BertuccelliDes adolescents écrivent au tableau des mots de leur langue maternelle et les traduisent en français.

L’orthographe est hésitante, mais ils s’appliquent à cet exercice, qui leur permet d’évoquer des souvenirs, de communiquer avec leurs camarades et d’apprendre la langue de leur pays d’adoption.

Dès cette première séquence du film de Julie Bertuccelli, la métaphore biblique est pleinement justifiée. Car elle explore et renouvelle ce que Derrida définit comme  « le mythe de l’origine du mythe, la métaphore de la métaphore, le récit du récit, la traduction de la traduction », avec sa double valence : châtiment divin par la perte irréparable de la langue adamique commune qui introduit la confusion (première étymologie) ou au contraire dans la cité de Dieu  (deuxième étymologie) instauration positive de la diversité et des conditions de l’altérité (François Marty),  invitation à « l’ouverture à l’autre, celui qui m’est radicalement différent, comme voie qui mène au Tout autre » (Emmanuel Lévinas), chance inestimable pour l’homme d’échapper à l’uniformisation stérilisante (Marie Balmary).

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« La bibliothèque est une affaire publique », lettre ouverte de l’Association des bibliothécaires de France

Association des bibliothécaires de FranceL’Association des bibliothécaires de France (ABF), qui regroupe des professionnels de tous types d’établissements, rend publique ce 23 février une Lettre ouverte aux candidats aux élections municipales. L’Association y rappelle que « La bibliothèque est une affaire publique« , titre du manifeste qu’elle avait rédigé à l’occasion des élections présidentielles en mars 2012 et que l’on trouvera ci-dessous.

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