Nouveaux programmes de collège : où sont les œuvres ?

Nouveaux programmes : où sont les œuvres ? © Claude RivaTandis que certains se plaignent du jargon des programmes (toujours ces faux procès d’agitateurs de vents) et les trouvent illisibles, ceux qui sont accoutumés à la langue des instructions officielles et aux horizons d’attente de ce genre si particulier, restent perplexes devant l’absence inédite de recommandation d’œuvres et d’auteurs.

En effet ni à la fin du cycle 3 ni aux différents niveaux du cycle 4 ne figurent le moindre titre, le moindre ouvrage, le moindre extrait. Pour le cycle 4, et pour le cycle 4 seulement, sont mentionnés tout au plus des genres (l’épopée, l’autobiographie…) et des sous-genres (le roman d’aventure, le roman familial…) pouvant donner lieu à des listes possibles et envisageables de textes littéraires plus ou moins canoniques existant déjà dans les collections scolaires.

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La morale républicaine à l’école : des principes à la réalité

Ministère de l'Éducation nationale

La conférence de presse du 22 janvier 2015 de Najat Vallaud-Belkacem aurait dû être en principe celle des vœux pieux à la communauté éducative. Mais l’actualité s’est invitée avec cruauté, appelant plus que de simples paroles de circonstances. La ministre de l’Éducation nationale n’avait donc pas le droit à l’erreur en des temps où la parole politique forte devient une impérieuse nécessité.

Il apparaissait ainsi essentiel de revenir honnêtement sur la difficulté de réguler les échanges sur les événements tragiques encore omniprésents dans la mémoire collective.

Par là même, on peut savoir gré à la ministre de pointer du doigt les points de vue déviants exprimés par certains élèves endoctrinés par des discours-slogans et vulnérables aux théories fumeuses circulant sur la Toile.

L’éducation aux médias apparaît de fait pour Najat Vallaud-Belkacem comme la première clef pédagogique pour combattre les tentations obscurantistes. On ne peut que lui donner raison tout en rappelant que la presse a perdu du poids dans la circulation des idées et que le premier chantier à réinvestir reste l’appropriation du texte par les élèves. Pas simplement la « une » ou le titre choc, mais le texte, soit un énoncé susceptible de déployer ses réseaux de signification. En ce sens, très concrètement, la Semaine de la presse ne justifie-t-elle pas de redevenir une obligation pédagogique citoyenne – et ce dès les plus petites classes ?

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Lettre de Najat Vallaud-Belkacem à la suite de l’attentat contre l’hebdomadaire « Charlie Hebdo »

Madame, Monsieur,

L’attentat meurtrier contre l’hebdomadaire Charlie Hebdo a atteint notre République au cœur.

Les valeurs essentielles de notre République ont été visées : la liberté d’expression est au fondement de toutes les libertés ;  la liberté de conscience et le respect des opinions individuelles sont les principes qui nous permettent de vivre ensemble.

Il appartient à l’École de faire vivre et de transmettre les valeurs et les principes de la République. La République a confié à l’École, dès son origine, la mission de former des citoyens, de transmettre les valeurs fondamentales de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité.

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« Je suis en 3e j’adore lire et j’adore écrire je veux devenir prof de littérature mais pour être prise dois-je faire du latin ou du grec ?» – Les réponses d’une classe de Première Bac Pro

Portrait de jeune femme écrivant avec un stylet sur des tablettes de bois enduites de cire. Fresque, PompéiParce qu’enseigner aujourd’hui c’est aussi prendre en compte les besoins des élèves pour enrichir leur vie culturelle personnelle, une expérience a été menée cette année pour initier des élèves de lycée professionnel aux langues et cultures de l’Antiquité.

C’est ainsi qu’une classe de première professionnelle gestion-administration du lycée François-Truffaut a bénéficié d’un cycle d’initiation au latin et au grec durant l’accompagnement personnalisé.

Ce cycle a été modeste, mais visait un objectif très ambitieux : montrer aux élèves qu’ils étaient capables de suivre un enseignement exigeant de façon totalement « gratuite ». En effet, cet enseignement ne s’inscrit pas dans les programmes officiels du bac pro, il n’est pas évalué à l’examen. Il convient de souligner que les programmes de lettres des lycées professionnels sont riches en références  à la culture classique, ce qui crée une appétence significative auprès des élèves.

Il en découle que les élèves prennent conscience que leur parcours ne leur donne pas accès aux langues anciennes, ni à la philosophie, ni aux options artistiques. Ils le verbalisent et s’interrogent – nous interrogent –  sur cette absence, qu’ils expriment comme un manque.

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