« Bande de filles », de Céline Sciamma

"Bandes de filles", d'Élise SciammaLe titre est trompeur. Il y a bien une bande de filles que filme Céline Sciamma : elle est constituée par trois adolescentes, Lady qui en est le centre, Fily et Adiatou. Lorsque Marieme se retrouve seule, désœuvrée, en butte contre l’institution scolaire, elle se décide à les rejoindre.

En même temps qu’un nouveau prénom (Vic), elle s’efforce d’acquérir confiance en soi, agressivité, aisance, féminité. Lady est alors un modèle plus qu’une amie. Marieme, d’ailleurs, ne voit pas dans son amie les parts d’ombre et de vulnérabilité. Elle recherche d’abord un moyen pour conquérir une volonté d’affirmation et d’estime de soi.

Pourtant, cette bande n’est pas l’unique objet du film. Les quatre personnages ne sont absolument pas placés sur un pied d’égalité devant la représentation.

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« Party Girl », de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis

"Party Girl", de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel TheisCe film a réussi à faire parler de lui lors du dernier festival de Cannes, où il a fait l’ouverture de la section Un certain regard.

Ses promesses ont d’ailleurs éveillé les attentes avant même l’ouverture du festival, puisque les trois grandes sections cannoises en-dehors de la compétition officielle se sont battues pour pouvoir le programmer.

Il faut croire que l’excitation était justifiée : Party Girl a remporté la Caméra d’or qui récompense le meilleur premier film. Les journalistes ont beaucoup glosé sur la constitution inédite du groupe de réalisateurs : ils sont trois, sans constituer une fratrie, il y a une femme, son amie et un copain d’enfance ; certains ont fait la Femis, ce qui les place parmi les « espoirs » du cinéma français. L’actrice principale est la propre mère de Samuel Theis. Enfin, ils ne filment pas Paris et sa jeunesse mais surtout une vieille entraîneuse mosellane, chez elle, à Forbach.

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L’improvisation théâtrale dans les établissements scolaires : et pourquoi pas une option ?

Les élèves et deux comédiens

Les élèves et deux comédiens

Le 19 mai dernier, au théâtre Le Comedia, à Paris, François Hollande, Aurélie Filippetti et Benoît Hamon répondaient présents à l’invitation de Jamel Debbouzze et de Marc Ladreit de Lacharrière pour remettre le Trophée d’improvisation théâtrale à des collégiens.

Le succès de cette après-midi d’improvisation auprès du président de la République aurait fait émerger l’idée d’un développement de cette pratique artistique dans les établissements scolaires et, pourquoi pas, l’ouverture d’une option en collège et en lycée.

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« Mister », d’Elsa Boyer : la fabrique des hommes machines

"Mister", d'Elsa BoyerLe mot roman ne figure pas en couverture de Mister, le troisième livre publié par Elsa Boyer. Le mot football n’apparaît jamais dans ce texte à l’écriture poétique, qui s’approche du territoire fantastique, tout en s’ancrant dans un réel très aisé à identifier.

En Italie, Mister  est le surnom que les joueurs donnent à leur entraîneur. Ancelotti, aujourd’hui à la tête du Real Madrid est Mister. Mais dans les pages qu’on lit, ce Mister est un stratège un peu fou, obsessionnel, hanté par le spectre de la défaite ou de la victoire sans beauté, sans élégance.

Il a quelque chose de Mourinho qui mène aujourd’hui le club anglais de Chelsea, fait penser à Jurgen Klopp, le coach éruptif de Dortmund, ou à Marcelo Bielsa, qui dirigera en août l’OM et qu’on surnomme El loco, pour la place démesurée qu’occupe dans sa vie le métier d’entraîneur.

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« Avoir un corps », de Brigitte Giraud

brigitte-giraud-avoir-un-corpsL’expérience de la peau

À la toute fin de son récit, Brigitte Giraud évoque le travail mené avec Bernadette Gaillard, chorégraphe. Avoir un corps est le résultat de nombreux échanges entre les deux artistes.

On ne saurait parler davantage du corps que par la danse et le mouvement dans l’espace et la première caractéristique de l’écriture, telle que la pratique Brigitte Giraud, c’est l’action donnée par les verbes.

Ils sont là, au présent, comme un flux ininterrompu, comme ils étaient là, dans J’apprends, récit proche de celui-ci puisqu’il mettait en scène la narratrice qui entre dans le monde avec candeur, envie voire enthousiasme, avant d’apprendre le silence, le mensonge et ce qui est caché.

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