« La Maison de Bernarda Alba », de Federico Garcia Lorca, à la Comédie-Française

"La Maison de Bernarda Alba", de Federico Garcia Lorca, à la Comédie-Française,

© Comédie-Française, 2015

C’est noir, c’est austère, c’est tragique. Comme chez les dramaturges de l’Antiquité, nous devinons, dès les premiers mots, que le destin est en marche, qu’il n’y aura pas d’issue, pas d’alternative à la mort, cette mort qui inaugure le spectacle et qui, une heure et demie plus tard, viendra le clore. Brutalement. Irrémédiablement.

Le lieu le signale : il est celui de l’enfermement, une « maison » annonce le titre, un espace où l’on se terre, où l’on cache des secrets de famille et des désirs refoulés.

Mais, transformée par une scénographie grandiose, cette maison devient prison, fermée par un immense rideau en lequel se combinent la dentelle des moucharabiehs, l’oppressive claustration des grillages concentrationnaires et les infranchissables barrières d’un monastère.

Continuer la lecture