La réforme des programmes de l’école et du collège et les recommandations de l’OCDE

Les ministres changent, les réformes se suivent… Difficile d’éviter un phénomène de lassitude chez les enseignants, qui ont une impression de changement incessant. Et pourtant, si les réformes s’enchaînent et semblent modifier chaque fois l’enseignement, elles n’en restent pas moins très proches dans leur esprit.

Car toutes les dernières réformes, et tout particulièrement celle que Mme Najat Valaud-Belkacem vient d’annoncer, s’adossent aux prescriptions de l’OCDE en matière d’éducation et proviennent d’une analyse comparée des différents systèmes éducatifs, de leurs réussites et de leurs échecs.

Rappelons qu’en 2010 l’OCDE dresse un état des lieux des modalités d’apprentissage réussi. La nouvelle réforme est une mise en place de ces préconisations, et elle le fait de façon plus explicite encore que les précédentes.

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Les Français et la lecture : une enquête du CNL

Les Français et la lecture, une enquête du Centre national du livreLe Centre national du livre a commandé à l’institut Ipsos une enquête sur les pratiques actuelles des Français en termes de livre et de lecture.

L’objectif était de comprendre leur rapport au livre et à la lecture à travers l’analyse de leurs pratiques, de leurs perceptions et de leurs sources de prescription afin d’identifier les freins et les leviers de la lecture.

Les résultats de l’enquête sont déclinés en six rubriques : Les Français lisent-ils ? Comment deviennent-ils lecteurs ? Quelles sont leurs pratiques de lecture ? Où et comment se procurent-ils leurs livres ? Pourquoi lisent-ils ? Pourquoi ne lisent-ils pas plus ?

 

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Le temps des paradoxes

Je suis CharlieL’unanimisme est toujours quelque part dangereux. Ionesco nous l’a montré. Montaigne nous l’avait appris.

La bonne conscience, la bien-pensance, les certitudes qui animent le monde enseignant soudain poussé en première ligne d’un combat autoproclamé contre la barbarie doit avancer ses principes et ses idéaux avec tact et finesse, non avec la brutale maladresse du professeur de Mulhouse justement suspendu récemment (voir Le Monde du 15 janvier). Faute de quoi chacun pourra méditer cette maxime de La Rochefoucauld : « La vérité ne fait pas tant de bien dans le monde que ses apparences y font de mal. »

Après le CRS embrassé dimanche par un participant débordant de reconnaissance, voici l’École a son tour embrassée, applaudie, reconnue dans son rôle éducatif. Haie d’honneur pour ce rempart contre l’horreur et le fanatisme. L’École, comme les CRS. Détestée hier, saluée aujourd’hui.

Et les annonces de se précipiter : renforcement des mesures de sécurité d’un côté, renforcement des programmes et des opérations civiques de l’autre…

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Trois remarques sur ce que peut faire le professeur de français

"Le Nom de la rose", de Jean-Jacques Annaud, d'après Umberto Ecco (1986)

« Le Nom de la rose », de Jean-Jacques Annaud, d’après Umberto Ecco (1986)

Les événements tragiques que traverse la France font couler beaucoup d’encre et on craint toujours de redire des évidences. Mais, en tant qu’enseignant de français, je souhaiterais revenir sur trois points.

• Le premier point est bien sûr l’occasion de travailler sur des textes, en donnant à la littérature une dimension dont elle est trop souvent privée dans les approches formalistes, technicistes ou purement patrimoniales. Bien sûr, Voltaire, Hugo, le combat de l’Encyclopédie, Zola (très probablement assassiné pour son combat d’intellectuel) seront sollicités… Mais ce sera aussi, par exemple, l’occasion de faire découvrir quelques extraits du Nom de la rose, d’Umberto Eco, ainsi que le film qui en a été tiré.

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La bienveillance en question

Les candidats au bac, série S, signent depuis cette semaine une pétition contre les dernières épreuves de maths qu’ils jugent trop dures (slogan « Arrêtez le carnage »). Certains médias qui relaient cette information ne manquent pas d’ajouter ce commentaire: pourtant plus de  90 % d’entre eux obtiendront leur bac. Traduisez : les épreuves ne sont pas si difficiles puisqu’ils réussissent en masse.

Loin de suggérer la mauvaise foi ou l’inconséquence des candidats, cette protestation lycéenne révèle au contraire l’honnêteté des élèves aux yeux de qui la maîtrise réelle du programme importe plus que sa notation, la réussite personnelle plus que l’évaluation nationale. Leur réaction intègre semble insensible à cette mystérieuse alchimie qui pourtant, année après année, change la boue des épreuves en or des résultats.

Cette transmutation savante s’opère selon un procédé très simple nommé : bienveillance. C’est trop dur mais la note est douce : bienveillance. C’est pas bon mais ça passe : bienveillance. On n’y arrive pas, mais on s’en sort : bienveillance. Ce que nous dit cette fronde lycéenne c’est que trop de bienveillance tue l’estime de soi.

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